{"id":3778,"date":"2008-01-18T13:40:01","date_gmt":"2008-01-18T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/01\/18\/kenya-les-affaires-tournent-au-ralenti-a-la-suite-de-lelection\/"},"modified":"2008-01-18T13:40:01","modified_gmt":"2008-01-18T13:40:01","slug":"kenya-les-affaires-tournent-au-ralenti-a-la-suite-de-lelection","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/01\/18\/kenya-les-affaires-tournent-au-ralenti-a-la-suite-de-lelection\/","title":{"rendered":"KENYA: Les affaires tournent au ralenti \u00e0 la suite de l&#39;\u00e9lection"},"content":{"rendered":"<p>KISII, Kenya, 18 jan (IPS) &#8211; Joseph Ombui, debout dans sa boutique \u00e0 peine approvisionn\u00e9e, jette un regard anxieux \u00e0 ses clients chaque fois qu&#39;il r\u00e9pond, &quot;Rupture de stock. Veuillez repasser la semaine prochaine&quot;.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Telle est la situation dans la ville de Kisii &#8212; \u00e0 environ 380 kilom\u00e8tres \u00e0 l&#39;ouest de la capitale Nairobi &#8212; depuis le 30 d\u00e9cembre quand le pr\u00e9sident de la Commission \u00e9lectorale du Kenya (ECK) a d\u00e9clar\u00e9 Mwai Kibaki gagnant des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles controvers\u00e9es du 27 d\u00e9cembre.   Ce dimanche soir, l&#39;enfer est descendu sur la petite ville. Certains jeunes ont barricad\u00e9 les routes et lanc\u00e9 des pierres aux v\u00e9hicules, tandis que d&#39;autres ont mis le feu \u00e0 des boutiques pour manifester leur col\u00e8re \u00e0 propos de ce qu&#39;ils consid\u00e9raient comme une \u00e9lection vol\u00e9e.  Les protestations ont conduit \u00e0 la fermeture des principales routes menant dans la ville &#8212; arr\u00eatant tout approvisionnement.  &quot;Nous obtenons des patates et d&#39;autres produits frais \u00e0 partir de la route de Kericho [dans la communaut\u00e9 voisine de Kalenjin], mais elle est ferm\u00e9e. Le poisson venait de Kisumu [la principale ville de la r\u00e9gion], mais cette route est \u00e9galement ferm\u00e9e. Actuellement, nous esp\u00e9rons seulement que les choses seront normales bient\u00f4t&quot;, explique Ombui, triste.  Non loin de la boutique de Ombui, Mary Moraa se tient pr\u00e8s de la carcasse de ce qui \u00e9tait le kiosque o\u00f9 elle avait pass\u00e9 ses jours vendant des v\u00eatements, des boissons non alcoolis\u00e9es et des cr\u00e9dits de communication aux clients.<\/p>\n<p> &quot;C&#39;\u00e9tait mon gagne-pain. Maintenant tout est parti. Je n&#39;ai rien&quot;, a-t-elle d\u00e9clar\u00e9, frottant ses yeux inject\u00e9s de sang.<\/p>\n<p> Moraa, comme plusieurs Kenyans, avait vot\u00e9 pour les candidats de son choix et esp\u00e9rait que les choses se passent bien comme c\u2019\u00e9tait toujours le cas pour les \u00e9lections ant\u00e9rieures. C&#39;est pourquoi quand elle est rentr\u00e9e chez elle le 29 d\u00e9cembre, elle a ferm\u00e9 sa boutique avec les marchandises \u00e0 l&#39;int\u00e9rieur, sachant que les affaires marcheraient comme d&#39;habitude le lundi suivant lorsqu\u2019elle ouvrira la boutique. Elle ne travaille pas les dimanches.<\/p>\n<p> &quot;Mais les probl\u00e8mes avec le d\u00e9pouillement du scrutin pr\u00e9sidentiel et le chaos qui s&#39;en est suivi m&#39;ont r\u00e9serv\u00e9 d&#39;autres plans&quot;, a-t-elle confi\u00e9 \u00e0 IPS \u00e0 Kisii.  Des observateurs des \u00e9lections, le pr\u00e9sident de la ECK et certains de ses membres ont dit que le d\u00e9pouillement du scrutin pr\u00e9sidentiel a \u00e9t\u00e9 frauduleux.  Amos Ongige, un quincaillier \u00e0 Kisii, conduit ses camions, soit \u00e0 la garde du poste de police en ville, soit chez lui tous les soirs de peur que des incendiaires les br\u00fblent ou que des gangsters profitant de la situation les pillent. Avant cette situation, il les laissait dans la cour de sa soci\u00e9t\u00e9 et rentrait \u00e0 la fin de la journ\u00e9e, avec juste deux gardiens pour les surveiller.  La vie n&#39;est plus simple dans cette ville. &quot;La peur m\u00eame de ce qui m&#39;arrivera ou \u00e0 mon entreprise me donne des cauchemars&quot;, a expliqu\u00e9 Ongige \u00e0 IPS. &quot;Je ne sais pas ce que nous r\u00e9serve l&#39;avenir&quot; &#8212; mes ouvriers, ma famille et moi-m\u00eame. Si cette instabilit\u00e9 et cette incertitude se poursuivent dans le pays, alors nous serons r\u00e9duits \u00e0 l&#39;indigence&quot;, a-t-il ajout\u00e9.   Le d\u00e9sespoir semble \u00eatre l&#39;humeur dans la ville. La plupart des hommes et femmes d&#39;affaires adoptent une attitude d&#39;attentisme. Ils n&#39;ont pas demand\u00e9 \u00e0 leurs ouvriers de reprendre le travail apr\u00e8s les cong\u00e9s de No\u00ebl.  Bien que la ville n&#39;ait pas connu l&#39;intensit\u00e9 de la destruction des entreprises et du pillage constat\u00e9s dans d&#39;autres villes, les hommes et femmes d&#39;affaires ont perdu des millions de shillings dans les quelques jours qui ont suivi l&#39;annonce des r\u00e9sultats de l&#39;\u00e9lection.  La ville a manqu\u00e9 de carburant pendant environ cinq jours, et quand finalement des entreprises ont commenc\u00e9 \u00e0 en apporter \u00e0 partir des d\u00e9p\u00f4ts \u00e0 Kisumu &#8212; une ville voisine, \u00e9galement dans l&#39;ouest du Kenya &#8212; sous escorte polici\u00e8re, des commer\u00e7ants ont doubl\u00e9 le prix du carburant \u00e0 la pompe.  Des transporteurs publics furieux ont demand\u00e9 \u00e0 ceux qui ne veulent pas payer les nouveaux tarifs de descendre de leurs v\u00e9hicules; mais parce qu&#39;il y avait peu de v\u00e9hicules sur les routes, les passagers ont souvent pay\u00e9 sans se plaindre.  Joseph Makori, l&#39;un des ces conducteurs, a expliqu\u00e9 \u00e0 IPS : &quot;Juste trois jours plus t\u00f4t, nous achetions le diesel \u00e0 71 shillings [environ 1 dollar] le litre, mais aujourd&#39;hui, je l&#39;ai achet\u00e9 \u00e0 trois fois ce prix. Que dois-je alors faire pour rester en activit\u00e9&quot;? Jennifer Mokeira, une vendeuse de l\u00e9gumes qui fait le trajet vers la ville de Kisii tous les jours pour vendre des l\u00e9gumes &#8212; sp\u00e9cialement \u00e0 ceux qui vont \u00e0 Nairobi &#8212; s&#39;est plainte qu&#39;elle devait payer trois fois le tarif qu&#39;elle payait normalement.   &quot;Ceci entame mon profit. Pour que le commerce ait de sens, j&#39;ai d\u00fb doubler le co\u00fbt des l\u00e9gumes. Mais les clients n&#39;ach\u00e8tent pas et puisque beaucoup ne vont pas \u00e0 Nairobi, la grande partie de mes l\u00e9gumes se g\u00e2te&quot;, a confi\u00e9 Mokeira \u00e0 IPS. &quot;Jusqu&#39;\u00e0 ce que les choses aillent mieux, je ne ferai plus ce commerce&quot;, a-t-elle affirm\u00e9.  La ville a \u00e9galement manqu\u00e9 de cr\u00e9dits de communication pendant les heures de violences post-\u00e9lectorales. Sans une bonne communication, la panique s&#39;est empar\u00e9e des hommes et femmes d&#39;affaires et de leurs clients. &quot;Nous comptions sur des rumeurs, et la peur nous a envahis&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS un grossiste de la ville. &quot;A partir de ce que j&#39;ai rassembl\u00e9, j&#39;\u00e9tais certain que des incendiaires venaient \u00e0 tout moment pour raser ma boutique&quot;, a ajout\u00e9 le grossiste.  La p\u00e9nurie de cr\u00e9dits de communication \u00e9tait si grave que les trois op\u00e9rateurs du pays &#8212; Safaricom, Celtel Kenya et Telcom Kenya &#8212; ont signal\u00e9 une perte cumul\u00e9e de 15 millions de dollars du fait des interruptions de distribution \u00e0 la suite des troubles post-\u00e9lectoraux \u00e0 travers le pays.<\/p>\n<p> Dans la ville de Kisii, des r\u00e9sidents doivent peut-\u00eatre pour le moment ajuster leurs r\u00e9gimes puisque le poisson, les patates et autres denr\u00e9es de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9 ne leur parviennent pas.<\/p>\n<p> Si les routes menant vers la ville ne sont pas ouvertes, &quot;cette ville prosp\u00e8re peut bient\u00f4t c\u00e9der \u00e0 la destruction, \u00e0 la famine, et au d\u00e9sespoir&quot;, a indiqu\u00e9 Faith Kenanda, une h\u00f4teli\u00e8re dont les clients ne se battent plus pour avoir des si\u00e8ges en vue de go\u00fbter ses mets.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>KISII, Kenya, 18 jan (IPS) &#8211; Joseph Ombui, debout dans sa boutique \u00e0 peine approvisionn\u00e9e, jette un regard anxieux \u00e0 ses clients chaque fois qu&#39;il r\u00e9pond, &quot;Rupture de stock. 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