{"id":3777,"date":"2008-01-18T13:40:01","date_gmt":"2008-01-18T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/01\/18\/developpement-rwanda-les-pygmees-survivent-grace-au-commerce-de-poteries\/"},"modified":"2008-01-18T13:40:01","modified_gmt":"2008-01-18T13:40:01","slug":"developpement-rwanda-les-pygmees-survivent-grace-au-commerce-de-poteries","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/01\/18\/developpement-rwanda-les-pygmees-survivent-grace-au-commerce-de-poteries\/","title":{"rendered":"DEVELOPPEMENT-RWANDA: Les pygm\u00e9es survivent gr\u00e2ce au commerce de poteries"},"content":{"rendered":"<p>KIGALI, 18 jan (IPS) &#8211; &#8220;Avec cet argent que j&#39;ai gagn\u00e9, je paierai le minerval (les frais de scolarit\u00e9) de mon enfant, et j&#39;ach\u00e8terai de la nourriture pour ma famille et de quoi fabriquer d&#39;autres poteries&#8221;, d\u00e9clare \u00e0 IPS M&#39;z\u00e9e Tarigemana, un pygm\u00e9e rwandais, assis \u00e0 l&#39;entr\u00e9e du centre commercial des poteries, en train de palper quelques billets de francs rwandais.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&#8220;Il faut que je d\u00e9gage assez d&#39;argent pour acheter du bois et de l&#39;argile pour refaire d&#39;autres poteries et esp\u00e9rer gagner un peu plus prochainement&#8221;, ajoute-t-il. Tarigemana habite le village Munzanga, dans le district de Kibuye, \u00e0 environ 90 kilom\u00e8tres \u00e0 l&#39;ouest de Kigali, la capitale rwandaise.  Selon Z\u00e9phyrin Kalimba, le directeur de la Communaut\u00e9 des potiers du Rwanda (COPORWA) &#8212; qui anime le centre commercial des poteries &#8211;, on compte quelque 30.000 pygm\u00e9es dans ce pays des Grands Lacs. &#8220;Plus de 90 pour cent sont des potiers. C&#39;est gr\u00e2ce aux produits de poteries que nous survivons. En l&#39;absence des for\u00eats, notre communaut\u00e9 ne pratique pas la chasse et vit difficilement de la cueillette&#8221;, explique Kalimba qui est lui-m\u00eame un pygm\u00e9e. La COPORWA est une organisation non gouvernementale (ONG) bas\u00e9e \u00e0 Kigali.  Habituellement, les pygm\u00e9es vont vendre leurs ouvrages au march\u00e9. Mais, ils \u00e9prouvent d&#39;\u00e9normes difficult\u00e9s lors des marchandages avec les autres populations rwandaises &#8212; les Hutu et les Tutsi. &#8220;Ces poteries sont sous-pay\u00e9es au march\u00e9, vraiment \u00e0 tr\u00e8s bas prix, entre 100 et 500 francs rwandais (environ un dollar au plus)&#8221;. Mais depuis que nous avons ouvert ce centre, les pygm\u00e9es sont contents et viennent presque tous les jours&#8221;, affirme Kalimba \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> &#8220;C&#39;est difficile de vendre pour 2.000 francs rwandais (environ quatre dollars) \u00e0 chaque d\u00e9placement vers le march\u00e9. On se contente de quoi payer des habits et de la nourriture pour la famille. Le march\u00e9 est tr\u00e8s difficile, les Hutu et les Tutsi font de bonnes affaires par rapport \u00e0 nous. Ils savent marchander&#8221;, se plaint \u00e0 IPS, L\u00e9onard Batomuliza, un potier pygm\u00e9e de la vall\u00e9e de Kacyiru, au centre de Kigali, rencontr\u00e9 au march\u00e9 de Matewusi, au sud de la ville.<\/p>\n<p> La COPORWA a cr\u00e9\u00e9 en 2003 le centre commercial des poteries, o\u00f9 l&#39;on d\u00e9couvre des \u0153uvres d&#39;art d&#39;excellente qualit\u00e9 et de grande inspiration, dans le quartier Rugunga, \u00e0 Kigali. On y trouve des \u0153uvres \u00e0 l&#39;image de gorilles, de z\u00e8bres, d&#39;\u00e9l\u00e9phants ou de lions. Ces souvenirs rappellent une vie dans un environnement sauvage, devenu des parcs nationaux depuis 1973.  &#8220;Il y a ici des pots et vases faits en mati\u00e8re gr\u00e9s\u00e9e. Nous les achetons \u00e0 un prix qui satisfait les pygm\u00e9es, par rapport \u00e0 ce qu&#39;ils gagnent au march\u00e9&#8221;, affirme \u00e0 IPS, Patrick Ritega, un gestionnaire du centre. &#8220;Ils viennent avec des mod\u00e8les, et nous leur demandons de fabriquer davantage par rapport aux besoins de nos clients. Les pygm\u00e9es sont libres, nous n&#39;influen\u00e7ons pas leurs cr\u00e9ations&#8221;.  Dans un rapport d&#39;enqu\u00eate sur la pauvret\u00e9, men\u00e9e par le minist\u00e8re en charge des statistiques, publi\u00e9 en Kinyarwanda (la langue nationale rwandaise) en mars 2007, le gouvernement reconna\u00eet de s\u00e9rieux \u00e9carts entre les riches et les pauvres.  &#8220;Vraiment c&#39;est d\u00e9plorable de constater qu&#39;une partie des Rwandais vivent dans de telles conditions, alors que le pays est tellement petit, et que nous vivons tr\u00e8s serr\u00e9s&#8221;, d\u00e9plore Joseph Habumukiza, conseiller en charge du d\u00e9veloppement des m\u00e9dias au minist\u00e8re de l&#39;Information.  Selon le Programme des Nations Unies pour le d\u00e9veloppement, 51,2 pour cent des Rwandais vivent en 2007 avec moins d&#39;un dollar par jour. Ils \u00e9taient 58 pour cent en 2003.<\/p>\n<p> L&#39;enqu\u00eate a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e pour permettre au gouvernement d&#39;assister les plus vuln\u00e9rables, selon les autorit\u00e9s. Mais cette assistance ne touche pas encore toutes les populations concern\u00e9es. &#8220;Nous ne recevons encore rien de ces aides. Nous sommes dans une profonde mis\u00e8re, il nous manque tout ici&#8221;, se plaint \u00e0 IPS Joas Gasizigua, chef du village pygm\u00e9e Bwiza, dans le district de Kasobo, au sud-est de Kigali.  L&#39;avocat Laurent Ngongoli, membre de la Commission nationale des droits de l&#39;Homme du Rwanda, confirme cette situation : &#8220;Pendant mes descentes dans les provinces, je constate que tout ce qui est promis en faveur des potiers ou des pygm\u00e9es n&#39;arrive pas sur terrain&#8221;.  Mais, les potiers ne peuvent pas vivre pleinement de leurs ouvrages. Les poteries ne rapportent pas grand-chose et permettent juste aux artisans pygm\u00e9es de survivre. &#8220;C&#39;est gr\u00e2ce \u00e0 certaines organisations internationales comme le Programme des peuples de la for\u00eat que nous avons pu inscrire cette ann\u00e9e plus de 150 enfants \u00e0 l&#39;\u00e9cole, 14 \u00e9tudiants pygm\u00e9es \u00e0 l&#39;Universit\u00e9 (nationale du Rwanda, \u00e0 Kigali). Mais c&#39;est encore rien&#8221;, souligne Kalimba. Ce programme est une ONG britannique bas\u00e9e \u00e0 Londres.  &#8220;Les poteries ne suffisent pas pour que les pygm\u00e9es vivent heureux. Il faut d&#39;autres actions suppl\u00e9mentaires du gouvernement dans le cadre du d\u00e9veloppement socio-\u00e9conomique&#8221;, plaide Am\u00e9d\u00e9e Kamota, un membre de la COPORWA.<\/p>\n<p> &#8220;Les pygm\u00e9es ont \u00e9norm\u00e9ment apport\u00e9 dans la culture rwandaise : la danse, la musique ou la coiffe sont leurs cr\u00e9ations. Mais on ne peut pas les contraindre \u00e0 vivre des poteries, \u00e7a ne rapporte rien&#8221;, estime Marcel Damas Musemuari, journaliste \u00e0 &#39;Business Daily&#39;, un hebdomadaire \u00e9conomique publi\u00e9 \u00e0 Kigali.  Il est difficile de tenter d&#39;autres activit\u00e9s comme l&#39;agriculture et l&#39;\u00e9levage parce que les terres ne sont pas toujours disponibles. Actuellement, la COPORWA aide les potiers \u00e0 \u00e9lever des ch\u00e8vres. &#8220;Mais ce n&#39;est pas positif, il n&#39;y a pas de terre. Et puis, les pygm\u00e9es pr\u00e9f\u00e8rent les poteries car les cultures durent longtemps; avec les poteries, on peut vendre trois \u00e0 quatre fois la semaine et gagner rapidement (de l&#39;argent)&#8221;, souligne Kalimba.  Au Rwanda, qui a une densit\u00e9 de population 397 habitants au kilom\u00e8tre carr\u00e9, la terre est une ressource rare, et tombe difficilement entre les mains des pygm\u00e9es. Tarigemana a expliqu\u00e9 \u00e0 IPS que l&#39;argile de marais, le sable et le bois de chauffe &#8212; tous n\u00e9cessaires \u00e0 la fabrication des poteries &#8212; s&#39;ach\u00e8tent dans ce pays qui compte l&#39;une des plus fortes densit\u00e9s de population en Afrique.  &#8220;Nous n&#39;avons pas de terre, et pour fabriquer les poteries, il faut acheter l&#39;argile, le sable et le bois. C&#39;est pourquoi on se retrouve en coop\u00e9rative pour mieux travailler&#8221;, d\u00e9clare Georges Musima, un pygm\u00e9e vendeur de vases au march\u00e9 Nyarugenge, \u00e0 Kigali.<\/p>\n<p> Selon la COPORWA, plus de 30 pour cent des pygm\u00e9es ont p\u00e9ri dans le g\u00e9nocide du Rwanda en 1994. Les survivants ont \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9s des parcs nationaux &#8212; d&#39;o\u00f9 ils tiraient leurs ressources &#8212; par l&#39;Office rwandais des parcs nationaux et du tourisme. Ils sont nombreux \u00e0 vivre dans des &#8220;Udusisira&#8221; (huttes en Kinyarwanda) sur de dangereux versants des collines.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>KIGALI, 18 jan (IPS) &#8211; &#8220;Avec cet argent que j&#39;ai gagn\u00e9, je paierai le minerval (les frais de scolarit\u00e9) de mon enfant, et j&#39;ach\u00e8terai de la nourriture pour ma famille et de quoi fabriquer d&#39;autres poteries&#8221;, d\u00e9clare \u00e0 IPS M&#39;z\u00e9e&hellip; <a href=\"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2008\/01\/18\/developpement-rwanda-les-pygmees-survivent-grace-au-commerce-de-poteries\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":430,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31,5,11,10,27,6,1,3],"tags":[],"class_list":["post-3777","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-africa-centrale","category-afrique","category-developpement","category-droits-humains","category-east-africa","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-population-refugies"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3777","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/430"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3777"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3777\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3777"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3777"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3777"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}