{"id":3622,"date":"2007-08-30T13:40:01","date_gmt":"2007-08-30T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/08\/30\/burkina-faso-le-bois-sacre-de-ouagadougou-enfin-rehabilite\/"},"modified":"2007-08-30T13:40:01","modified_gmt":"2007-08-30T13:40:01","slug":"burkina-faso-le-bois-sacre-de-ouagadougou-enfin-rehabilite","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/08\/30\/burkina-faso-le-bois-sacre-de-ouagadougou-enfin-rehabilite\/","title":{"rendered":"BURKINA FASO: Le bois sacr\u00e9 de Ouagadougou enfin r\u00e9habilit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 30 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Le bois sacr\u00e9 de Ouagadougou, appel\u00e9 \u2018\u2019poumon vert\u2019\u2019 de Ouaga, longtemps abandonn\u00e9, pill\u00e9 de ses ressources naturelles, devenu le rep\u00e8re des bandits, est enfin r\u00e9habilit\u00e9.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Il est aujourd\u2019hui un rempart efficace contre l\u2019avanc\u00e9e du d\u00e9sert dans une grande ville du Sahel. Sa r\u00e9habilitation, commenc\u00e9e depuis 1997, arrive presque \u00e0 son terme en 2007, soit dix ann\u00e9es plus tard.<\/p>\n<p>  Le bois sacr\u00e9 de Ouagadougou, d\u00e9sormais appel\u00e9 Parc de Bangr\u00e9w\u00e9ogo, \u2018\u2019for\u00eat du savoir\u2019\u2019 en langue locale Mor\u00e9, autrefois propri\u00e9t\u00e9 de l\u2019empereur des Mossi, est un espace d\u2019environ 300 hectares de for\u00eat tropicale situ\u00e9e \u00e0 l\u2019est de la capitale burkinab\u00e9, Ouagadougou.<\/p>\n<p>  \u2018\u2019La v\u00e9g\u00e9tation de cette for\u00eat avait \u00e9t\u00e9 presque enti\u00e8rement d\u00e9vast\u00e9e. Les populations riveraines venaient y chercher du bois de chauffe et d\u2019autres herbes pris\u00e9es pour leurs vertus th\u00e9rapeutiques\u2019\u2019, raconte \u00e0 IPS Moustapha Saar, directeur g\u00e9n\u00e9ral de Bangr\u00e9w\u00e9ogo, aujourd\u2019hui \u00e9rig\u00e9 en parc.<\/p>\n<p>  La for\u00eat de Bangr\u00e9w\u00e9ogo avait \u00e9t\u00e9 tellement n\u00e9glig\u00e9e. Elle \u00e9tait devenue une poubelle urbaine o\u00f9 tout le monde venait d\u00e9poser ses d\u00e9chets : les industries, les m\u00e9nages, l\u2019administration, etc. M\u00eame les d\u00e9linquants de la ville y avaient \u00e9lu domicile, indique Saar.<\/p>\n<p>  Petit \u00e0 petit, \u2018\u2019la poubelle s\u2019\u00e9tait retrouv\u00e9e au coeur de la ville\u2019\u2019, pr\u00e9cise-t-il. Il fallait donc r\u00e9agir et agir, mais vite. Le parc ne pouvait rester dans cet \u00e9tat de d\u00e9gradation.<\/p>\n<p>  \u2018\u2019Nous sommes all\u00e9s vers les populations et les chefs coutumiers pour leur expliquer l\u2019importance de pr\u00e9server cette for\u00eat urbaine et ils ont adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 notre programme de r\u00e9habilitation\u2019\u2019, explique Saar. \u2018\u2019Nous leur avons fait comprendre qu\u2019elle nous appartient \u00e0 tous et que c\u2019est ensemble que nous devons la prot\u00e9ger\u2019\u2019, poursuit-il.<\/p>\n<p>  Les autorit\u00e9s municipales y ont cr\u00e9\u00e9 un jardin botanique plant\u00e9 d\u2019esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales locales autrefois disparues. Environ 1.500 nouvelles esp\u00e8ces y sont r\u00e9introduites chaque ann\u00e9e, mais beaucoup de ces arbres meurent quelques mois plus tard, faute d\u2019arrosages r\u00e9guliers. Le taux de r\u00e9ussite est d\u2019environ 80 pour cent.<\/p>\n<p>  Aussi, beaucoup d\u2019autres arbres sont mis en terre chaque ann\u00e9e \u00e0 l\u2019occasion de la journ\u00e9e annuelle de l\u2019arbre.<\/p>\n<p>  En juillet et ao\u00fbt de cette ann\u00e9e, la ville a \u00e9labor\u00e9 un programme de mise en terre d\u2019environ 4.000 plants par diverses associations de lutte contre la d\u00e9sertification.<\/p>\n<p>  On voulait \u2018\u2019r\u00e9concilier la population avec sa for\u00eat\u2019\u2019, explique Michel Yam\u00e9ogo, ing\u00e9nieur des Eaux et For\u00eats, un des artisans de la r\u00e9habilitation de la for\u00eat.<\/p>\n<p>  Environ 72 hectares de cette for\u00eat ont \u00e9t\u00e9 exclusivement am\u00e9nag\u00e9s pour les animaux. Les autorit\u00e9s qui g\u00e8rent le parc indiquent qu\u2019il abrite aujourd\u2019hui environ 200 ca\u00efmans, qu\u2019on ne doit jamais tuer, parce qu\u2019ils sont sacr\u00e9s, plus de 225 esp\u00e8ces d\u2019oiseaux, des hy\u00e8nes, des antilopes, des singes, des serpents, des phacoch\u00e8res, des tortues, etc.<\/p>\n<p>  \u2018\u2019Le plus gros acquis de ce parc est qu\u2019il est devenu aujourd\u2019hui un espace d\u2019\u00e9vasion pour le citadin et les touristes\u2019\u2019, pr\u00e9cise Yam\u00e9ogo.<\/p>\n<p>  Apr\u00e8s sa r\u00e9habilitation, les chefs coutumiers, gardiens de la tradition et autres chefs religieux ont \u00e9galement retrouv\u00e9 en ce parc le lieu autrefois perdu de leurs c\u00e9r\u00e9monies traditionnelles.<\/p>\n<p>  Baloum Naba, chef de Toukin, une bourgade proche de Ouagadougou, dans le centre du pays, se rappelle, avec douleur, toutes ces ann\u00e9es o\u00f9 les c\u00e9r\u00e9monies d\u2019initiation et de libations se tenaient loin des f\u00e9tiches qu\u2019ils implorent au quotidien pour conjurer le mauvais sort ou obtenir de bonnes r\u00e9coltes.<\/p>\n<p>  Pendant les ann\u00e9es de d\u00e9gradation de la for\u00eat, surtout entre 1997 et 2007, raconte Naba, \u2018\u2019nous \u00e9tions oblig\u00e9s de faire nos c\u00e9r\u00e9monies d\u2019initiation \u00e0 la maison, loin de nos f\u00e9tiches, cela nous faisait de la peine\u2019\u2019, confie-t-il, amer.<\/p>\n<p>  Les chercheurs, les enseignants, et leurs \u00e9tudiants ont \u00e9galement trouv\u00e9 en cette for\u00eat un environnement propice \u00e0 la recherche et \u00e0 l\u2019observation.<\/p>\n<p>  Issaka Kabore, un phytochimiste, y emm\u00e8ne ses \u00e9tudiants de troisi\u00e8me cycle pour leur apprendre \u00e0 mieux conna\u00eetre les plantes, leurs diff\u00e9rentes parties, leurs vertus, etc.<\/p>\n<p>  \u2018\u2019Sur le plan acad\u00e9mique, quand vous apprenez \u00e0 un \u00e9tudiant l\u2019utilisation des plantes, c\u2019est purement descriptif. Mais ici, c\u2019est vivant, c\u2019est concret\u2019\u2019, explique Kabore.<\/p>\n<p>  Le parc re\u00e7oit par ailleurs, chaque ann\u00e9e, une cinquantaine de d\u2019\u00e9tudiants stagiaires, dont une douzaine d\u2019Europ\u00e9ens, qui viennent faire des recherches ou pr\u00e9parer leurs m\u00e9moires de fin d\u2019\u00e9tudes en botanique.<\/p>\n<p>  \u2018\u2019Gr\u00e2ce \u00e0 ce parc situ\u00e9 au c\u0153ur de la ville, toute la pollution atmosph\u00e9rique est absorb\u00e9e par les arbres, et cela a pour effet de purifier l\u2019air et d\u2019att\u00e9nuer l\u2019action de la poussi\u00e8re\u2019\u2019, confie Tidiane Zougouri, directeur du Laboratoire national de l\u2019environnement.<\/p>\n<p>  Selon la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, \u00e9labor\u00e9e \u00e0 New York et adopt\u00e9e le 9 mai 1992, ce genre de for\u00eat urbaine, qui absorbe la poussi\u00e8re et amoindrie les effets du r\u00e9chauffement, est recommand\u00e9 dans toutes les villes du monde.<\/p>\n<p>  Les autorit\u00e9s municipales ont d\u00e9j\u00e0 d\u00e9pens\u00e9, depuis 2001, environ 2,6 millions de dollars pour am\u00e9nager le parc. Et pourtant, elles restent inqui\u00e8tes car toute menace sur cet espace n\u2019est pas \u00e9loign\u00e9e.<\/p>\n<p>  En dehors des eaux de pluie et des eaux us\u00e9es non \u00e9vacu\u00e9es, la principale menace qui p\u00e8se sur cette for\u00eat reste le chrome, \u2018\u2019ce m\u00e9tal lourd, tr\u00e8s toxique, pour l\u2019homme, le sol et les animaux\u2019\u2019, que les industries de Ouagadougou y ont d\u00e9pos\u00e9 pendant des ann\u00e9es et qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement nettoy\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 ce jour, indique Zougouri.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 30 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Le bois sacr\u00e9 de Ouagadougou, appel\u00e9 \u2018\u2019poumon vert\u2019\u2019 de Ouaga, longtemps abandonn\u00e9, pill\u00e9 de ses ressources naturelles, devenu le rep\u00e8re des bandits, est enfin r\u00e9habilit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"author":463,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,34,11,26,12,1,29],"tags":[],"class_list":["post-3622","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-desert-rampant","category-developpement","category-energy","category-environnement","category-headlines","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3622","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/463"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3622"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3622\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3622"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3622"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3622"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}