{"id":3590,"date":"2007-08-04T13:40:01","date_gmt":"2007-08-04T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/08\/04\/egypte-la-reconquete-du-desert-le-plus-grand-espoir-du-pays-ou-un-mirage\/"},"modified":"2007-08-04T13:40:01","modified_gmt":"2007-08-04T13:40:01","slug":"egypte-la-reconquete-du-desert-le-plus-grand-espoir-du-pays-ou-un-mirage","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/08\/04\/egypte-la-reconquete-du-desert-le-plus-grand-espoir-du-pays-ou-un-mirage\/","title":{"rendered":"EGYPTE: La reconqu\u00eate du d\u00e9sert, le plus grand espoir du pays &#8211; ou un mirage?"},"content":{"rendered":"<p>LE CAIRE, 4 ao\u00fbt (IPS) &#8211; &quot;Vous pouvez cultiver n&#39;importe quoi ici&quot;, d\u00e9clare Mohamed Ahmed, \u00e2g\u00e9 de 76 ans, \u00e9cartant grandement ses bras pour montrer du doigt des bougainvilliers en cascade et un verger de manguiers s&#39;abaissant avec des fruits. Mais, &quot;Quand je suis venu ici pour la premi\u00e8re fois, il n&#39;y avait rien ici sauf du sable et encore du sable&quot;.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Le paysage luxuriant qui l&#39;entoure est situ\u00e9 sur la route reliant la capitale \u00e9gyptienne, Le Caire, \u00e0 la cit\u00e9 c\u00f4ti\u00e8re d&#39;Alexandrie. Ahmed a laiss\u00e9 ses origines traditionnelles b\u00e9douines dans la p\u00e9ninsule du Sina\u00ef pour venir dans cette r\u00e9gion sur la promesse du travail, et encourag\u00e9 par l&#39;annonce audacieuse du pr\u00e9sident d&#39;alors, Anouar Sadat, de conduire l&#39;Egypte pour conqu\u00e9rir le d\u00e9sert. Il a trouv\u00e9 un emploi au Centre de d\u00e9veloppement du d\u00e9sert, un organe de recherche dirig\u00e9 par l&#39;Universit\u00e9 am\u00e9ricaine au Caire.   Trente ans apr\u00e8s, l&#39;Egypte continue de reconqu\u00e9rir le d\u00e9sert, pour donner du travail et d&#39;espace vital \u00e0 sa population en expansion. Toutefois, certains \u00e9conomistes et environnementalistes craignent que les tentatives du pays pour verdir le d\u00e9sert ne soient peu judicieuses.  L&#39;Organisation des Nations Unies pour l&#39;alimentation et l&#39;agriculture estime qu&#39;environ 96 pour cent de l&#39;Egypte est couvert par le d\u00e9sert du Sahara, avec la terre restante, plus fertile, concentr\u00e9e le long du fleuve Nil qui serpente \u00e0 travers la moiti\u00e9 orientale du pays. Bien que la vall\u00e9e du Nil ne repr\u00e9sente que quatre pour cent de la superficie de l&#39;Egypte, elle abrite pratiquement tous les 79 millions de r\u00e9sidents de cette nation de l&#39;Afrique du nord; et, le surpeuplement dans la vall\u00e9e semble avoir commenc\u00e9 par empirer, \u00e9tant donn\u00e9 que la population de l&#39;Egypte devrait doubler d&#39;ici \u00e0 2050.  Cette situation a pouss\u00e9 les autorit\u00e9s \u00e0 d\u00e9velopper des programmes pour une re-localisation \u00e0 grande \u00e9chelle sous les auspices du projet Toshka. L&#39;espoir est que pendant la prochaine d\u00e9cennie, quelque six millions d&#39;Egyptiens se d\u00e9placeront de la vall\u00e9e du Nil vers la terre reconquise dans le sud-ouest de l&#39;Egypte, o\u00f9 ils produiront du bl\u00e9, du coton et d&#39;autres produits &#8212; et trouveront du travail dans l&#39;industrie l\u00e9g\u00e8re. Des estimations officielles mettent le taux du ch\u00f4mage \u00e0 9,3 pour cent.<\/p>\n<p> La terre sera irrigu\u00e9e avec de l&#39;eau amen\u00e9e par une canalisation en provenance du Nil \u00e0 environ 300 kilom\u00e8tres plus loin, et des sources souterraines. Conform\u00e9ment au programme ambitieux de 70 milliards de dollars, des dirigeants ont l&#39;intention de reconqu\u00e9rir 1,4 million d&#39;hectares des 95,5 millions d&#39;hectares approximatifs de d\u00e9sert du pays dans les dix prochaines ann\u00e9es.  Le projet Toshka a d\u00e9j\u00e0 vu la construction de la station de pompage d&#39;eau la plus grande du monde dans le D\u00e9sert occidental, une partie du Sahara &#8212; une r\u00e9alisation qui a \u00e9t\u00e9 inaugur\u00e9e l&#39;ann\u00e9e derni\u00e8re par le pr\u00e9sident Hosni Mubarak. Localis\u00e9e \u00e0 1.300 kilom\u00e8tres au sud-ouest du Caire, la station pompe 14,5 millions de m\u00e8tres cubes d&#39;eau quotidiennement du lac Nasser, situ\u00e9 en amont du barrage d&#39;Assouan, proche de la fronti\u00e8re de l&#39;Egypte avec le Soudan.<\/p>\n<p> &quot;L&#39;Egypte a besoin d&#39;utiliser le d\u00e9sert pour faire face \u00e0 l&#39;accroissement immense de sa population. Nous devons \u00e9galement utiliser le d\u00e9sert pour produire des vivres dont nous importons actuellement la grande majorit\u00e9&quot;, d\u00e9clare Adly Bishai, fondateur du Centre du d\u00e9veloppement du d\u00e9sert.   Toutefois, des critiques disent que l&#39;objectif de 1,4 million d&#39;hectares n&#39;est pas r\u00e9aliste, et estiment que seule la moiti\u00e9 de cette quantit\u00e9 de terre peut \u00eatre reconquise si les niveaux d&#39;eau dans le Nil demeurent constants.   Il y a \u00e9galement un grand point d&#39;interrogation au sujet de la durabilit\u00e9 \u00e0 long terme de cette utilisation du d\u00e9sert.<\/p>\n<p> On estime que le projet Toshka exigera cinq \u00e0 neuf milliards de m\u00e8tres cubes d&#39;eau suppl\u00e9mentaires par an. Des dirigeants affirment que l&#39;utilisation accrue de l&#39;eau du Nil que ce projet n\u00e9cessitera peut \u00eatre compens\u00e9e par un milliard de m\u00e8tres cubes d&#39;eau de pluie, 7,5 milliards de m\u00e8tres cubes d&#39;eau de la nappe phr\u00e9atique et cinq milliards de m\u00e8tres cubes d&#39;eau de drainage agricole recycl\u00e9e.   Si toutefois, quelque chose devrait mal tourner avec ces sources d&#39;eau de substitution, le projet pourrait se voir manquer d&#39;approvisionnement &#8212; vu que l&#39;Egypte utilise d\u00e9j\u00e0 la totalit\u00e9 de son allocation de 55 milliards de m\u00e8tres cubes d&#39;eau du Nil par an, accord\u00e9e conform\u00e9ment au Trait\u00e9 du Nil de 1959.   Etant donn\u00e9 que l&#39;Ethiopie et le Soudan ont exprim\u00e9 leur volont\u00e9 d&#39;avoir une plus grande part des eaux du Nil, m\u00eame ce quota peut \u00eatre menac\u00e9 \u00e0 un certain point. La r\u00e9partition de l&#39;eau dans le bassin du Nil est une source de controverse dans la r\u00e9gion.<\/p>\n<p> De plus, des questions ont \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9es quant \u00e0 la qualit\u00e9 de la terre reconquise pour l&#39;usage agricole.  Des d\u00e9cennies de recherche au Centre de d\u00e9veloppement du d\u00e9sert ont engendr\u00e9 des pratiques durables permettant au sol du d\u00e9sert de donner des productions impressionnantes, comme le montre la moisson abondante dans le verger que Ahmed a indiqu\u00e9 d&#39;un geste.<\/p>\n<p> Cependant, selon des estimations ind\u00e9pendantes, il faut 100 hectares de terre reconquise pour \u00e9galiser le rendement d&#39;un hectare de sol du Nil existant (ironie du sort, l&#39;extension urbaine et l&#39;industrie ont actuellement envahi une grande partie de la vall\u00e9e du Nil).  Avec le secteur agricole qui contribue \u00e0 moins de 25 pour cent au revenu national de l&#39;Egypte tandis qu&#39;il repr\u00e9sente 88 pour cent de la consommation d&#39;eau du pays, il y a \u00e9galement des inqui\u00e9tudes au sujet de la motivation \u00e9conomique d&#39;\u00e9tablir des champs dans le d\u00e9sert.<\/p>\n<p> D&#39;autres soutiennent qu&#39;on n&#39;aurait pas eu besoin du projet Toshka si l&#39;Egypte avait insist\u00e9 sur une utilisation ad\u00e9quate de l&#39;eau dans l&#39;agriculture.<\/p>\n<p> L&#39;irrigation par l&#39;inondation est utilis\u00e9e dans au moins 70 pour cent des terres cultiv\u00e9es de l&#39;Egypte; mais, c&#39;est un proc\u00e9d\u00e9 inefficace, r\u00e9sultant en un gaspillage d&#39;environ 80 pour cent de l&#39;eau utilis\u00e9e &#8212; quelque chose que Bishai qualifie de &quot;compl\u00e8tement, compl\u00e8tement erron\u00e9&quot;.<\/p>\n<p> Cette situation est encourag\u00e9e par le fait que le gouvernement n&#39;exige pas des citoyens de payer le co\u00fbt total de l&#39;eau. Selon le syst\u00e8me actuel, des agriculteurs ne sont pas factur\u00e9s pour la livraison, l&#39;utilisation ou le drainage de l&#39;eau d&#39;irrigation &#8212; et il n&#39;existe pas de compteurs dans les appartements du Caire. Des factures d&#39;eau sont plut\u00f4t bas\u00e9es sur le nombre de chambres dans un appartement.  Des terrains de golfe et des pelouses luxuriantes des communaut\u00e9s de grande classe r\u00e9sidant dans les villes \u00e9gyptiennes constituent d&#39;autres exemples de la gestion probl\u00e9matique de l&#39;eau dans ce pays d\u00e9sertique.  L&#39;\u00e9cologiste du d\u00e9sert Mostafa Saleh croit que les autorit\u00e9s devraient mettre plus l&#39;accent sur l&#39;\u00e9cotourisme dans leurs efforts d&#39;assurer un avenir pour les Egyptiens.  &quot;La valeur d&#39;une oasis en tant qu&#39;attraction peut rapporter plus d&#39;argent que 4.000 acres de champs de riz&#8230; et c&#39;est certainement plus durable&quot;, affirme-t-il.<\/p>\n<p> &quot;Plut\u00f4t que de produire quelque chose que vous pouvez obtenir pour un centi\u00e8me du co\u00fbt ailleurs, nous devrions utiliser cette eau, qui est un produit de valeur, pour maximiser le revenu des populations \u00e9gyptiennes&quot;, ajoute Saleh, qui a men\u00e9 des \u00e9tudes de faisabilit\u00e9 pour l&#39;Autorit\u00e9 du tourisme de l&#39;Egypte sur la valeur des programmes de reconqu\u00eate de terre, compar\u00e9e \u00e0 celle des projets d&#39;\u00e9cotourisme.<\/p>\n<p> L&#39;une des quelques \u00e9co-lodges de l&#39;Egypte, Adrere Amellal (&quot;Montagne blanche&quot; dans la langue berb\u00e8re) dans l&#39;oasis occidentale de Siwa, a gagn\u00e9 la reconnaissance internationale pour ses pratiques durables. La loge est l&#39;invention personnelle de Mounir Neamatalla &#8212; pr\u00e9sident d&#39;une entreprise de consultation \u00e9gyptienne, &#39;Environmental Quality International&#39; (Internationale de la qualit\u00e9 de l&#39;environnement) &#8212; qui qualifie les tentatives de reconqu\u00eate du d\u00e9sert de &quot;transgression gigantesque&quot; dans la gestion des ressources.   &quot;Nous consid\u00e9rons le d\u00e9sert comme l&#39;ennemi que nous devons combattre d&#39;une certaine mani\u00e8re. Mais au lieu de conqu\u00e9rir le d\u00e9sert, nous devrions nous demander comment nous pouvons vivre en harmonie avec lui. Au lieu de verdir le d\u00e9sert, jouissons-en tel qu&#39;il est. Il y a une immense valeur \u00e9conomique dans le d\u00e9sert sans eau&quot;.  Il semble que l&#39;approche consciencieuse d&#39;Adrere Amellal d&#39;abandonner la vie du d\u00e9sert a eu un effet d&#39;entra\u00eenement sur la communaut\u00e9 de Siwa. Des autorit\u00e9s locales ont r\u00e9cemment d\u00e9cid\u00e9 de r\u00e9duire un projet de reconqu\u00eate de terre de 250.000 acres \u00e0 25.000 acres, une r\u00e9duction acclam\u00e9e par Neamatalla comme &quot;mieux vaut tard que jamais&quot;.<\/p>\n<p> Toutefois, pour le moment, Toshka semble \u00e9voluer ind\u00e9pendamment des pr\u00e9occupations environnementales et \u00e9conomiques.  Quand il a approuv\u00e9 premi\u00e8rement le projet il y a une d\u00e9cennie, Mubarak s&#39;est tenu sur le rivage du lac Nasser et avait d\u00e9crit l&#39;initiative comme marquant le d\u00e9but &quot;d&#39;une \u00e8re o\u00f9 nous sortons enfin des limites \u00e9troites de la vall\u00e9e du Nil&quot;.  Mais, ces limites peuvent s&#39;av\u00e9rer m\u00eame plus difficiles d\u2019y \u00e9chapper qu&#39;on ne l\u2019avait pens\u00e9 au d\u00e9part.  (* Cet article fait partie d&#39;une s\u00e9rie de papiers sur le d\u00e9veloppement durable r\u00e9dig\u00e9s par IPS &#8212; Inter Press Service et IFEJ, la F\u00e9d\u00e9ration internationale des journalistes environnementalistes).<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LE CAIRE, 4 ao\u00fbt (IPS) &#8211; &quot;Vous pouvez cultiver n&#39;importe quoi ici&quot;, d\u00e9clare Mohamed Ahmed, \u00e2g\u00e9 de 76 ans, \u00e9cartant grandement ses bras pour montrer du doigt des bougainvilliers en cascade et un verger de manguiers s&#39;abaissant avec des fruits.&hellip; <a href=\"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/08\/04\/egypte-la-reconquete-du-desert-le-plus-grand-espoir-du-pays-ou-un-mirage\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":497,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,34,11,27,6,12,1,17,3],"tags":[],"class_list":["post-3590","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-desert-rampant","category-developpement","category-east-africa","category-economie-finances-le-commerce","category-environnement","category-headlines","category-orient","category-population-refugies"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3590","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/497"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3590"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3590\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3590"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3590"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3590"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}