{"id":3520,"date":"2007-06-13T13:40:01","date_gmt":"2007-06-13T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/06\/13\/commerce-burkina-faso-la-douche-froide-des-producteurs-de-coton\/"},"modified":"2007-06-13T13:40:01","modified_gmt":"2007-06-13T13:40:01","slug":"commerce-burkina-faso-la-douche-froide-des-producteurs-de-coton","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/06\/13\/commerce-burkina-faso-la-douche-froide-des-producteurs-de-coton\/","title":{"rendered":"COMMERCE-BURKINA FASO: La douche froide des producteurs de coton"},"content":{"rendered":"<p>FARAMANA, sud-ouest du Burkina Faso, 13 juin (IPS) &#8211; Mahamoudou Sawadogo, un cotonculteur de Faramana, dans le sud-ouest du Burkina Faso, estime que m\u00eame s&#39;il va continuer \u00e0 produire du coton, il envisagerait, si les prix chutent toujours, de revoir toute son approche par rapport \u00e0 cette culture.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&#8220;Notre situation aujourd&#39;hui est comparable \u00e0 celle d&#39;une personne malnutrie \u00e0 laquelle une maladie vient s&#39;ajouter, et le traitement devient difficile&#8221;, d\u00e9clare Sawadogo \u00e0 l&#39;annonce du prix au producteur fix\u00e9 \u00e0 environ 29 cents US le kilogramme pour la campagne 2007-2008, soit 12 pour cent de moins que la saison pr\u00e9c\u00e9dente. Le prix du kg de coton graine \u00e9tait de 33 cents US en 2007, contre 42 cents en 2001.<\/p>\n<p> &#8220;Maintenant, avec le prix \u00e0 145 francs CFA (environ 29 cents US), quand on fait les calculs, on n&#39;a pas de b\u00e9n\u00e9fice car le sol est aride et on ne peut pas avoir deux tonnes \u00e0 l&#39;hectare&#8221;, explique-t-il \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Selon C\u00e9lestin Tiendr\u00e9b\u00e9ogo, le directeur g\u00e9n\u00e9ral de la Soci\u00e9t\u00e9 des fibres et textiles du Burkina (Sofitex), et pr\u00e9sident de l&#39;Association cotonni\u00e8re africaine (ACA), le prix du coton sur le march\u00e9 international, et la situation financi\u00e8re de la fili\u00e8re ont entra\u00een\u00e9 la baisse du prix d&#39;achat du coton graine pour la campagne 2007-2008.<\/p>\n<p> Pour les deux pr\u00e9c\u00e9dentes campagnes, la Sofitex seule avait accumul\u00e9 98 millions de dollars des 131,4 millions de dollars de perte que les trois soci\u00e9t\u00e9s cotonni\u00e8res avaient subie.<\/p>\n<p> &#8220;C&#39;est une douche froide qu&#39;on annonce aux producteurs, mais on ne peut pas tricher car les finances ne sont pas bonnes&#8221;, explique Tiendr\u00e9b\u00e9ogo \u00e0 IPS apr\u00e8s la d\u00e9cision de l&#39;Association inter-cotonni\u00e8re du Burkina (AICB) qui &#8212; regroupe les trois soci\u00e9t\u00e9s cotonni\u00e8res du pays &#8212; de r\u00e9duire de nouveau le prix au producteur.  La baisse s&#39;ajoute \u00e0 un retard dans le paiement des producteurs dont les taux d&#39;impay\u00e9s varient entre 40 et 88 pour cent en fonction des r\u00e9gions de ce pays d&#39;Afrique de l&#39;ouest, selon Tiendr\u00e9b\u00e9ogo.<\/p>\n<p> Abdoulaye Badini, producteur \u00e0 Faramana, qui cultive le coton depuis 19 ans, confirme l&#39;id\u00e9e de douche froide. &#8220;Nous cultivions six \u00e0 sept hectares, mais cette ann\u00e9e, nous allons nous reposer et prospecter car avec la baisse du prix du coton et l&#39;augmentation du prix des intrants, nous ne pouvons pas avoir de b\u00e9n\u00e9fice&#8221;.<\/p>\n<p> La baisse du prix au producteur est accompagn\u00e9e de l&#39;augmentation du prix des intrants. Le prix du sac d&#39;intrants qui co\u00fbtait environ 25 dollars est pass\u00e9 \u00e0 pr\u00e8s de 33,5 dollars.<\/p>\n<p> &#8220;On va vers l&#39;humiliation, nous allons privil\u00e9gier les cultures de subsistance et le mara\u00eechage, et exporter le surplus vers le Mali voisin&#8221;, ajoute Badini.<\/p>\n<p> Face \u00e0 la fronde des producteurs, la Sofitex a envoy\u00e9, le mois dernier, plusieurs \u00e9quipes sur le terrain pour les &#8220;encourager et les galvaniser&#8221;.  &#8220;Nous allons retourner vers eux en petits comit\u00e9s, faire l&#39;encadrement de proximit\u00e9 pour leur expliquer tout le sacrifice consenti par l&#39;Etat&#8221;, indique Abidine Ba, un cadre de la Sofitex. &#8220;Nous allons faire de l&#39;encadrement de proximit\u00e9 pour pouvoir trouver des points d&#39;adh\u00e9sion avec les producteurs de coton&#8221;.<\/p>\n<p> La situation pr\u00e9caire de la fili\u00e8re a entra\u00een\u00e9 une m\u00e9fiance des banques qui ont refus\u00e9 de financer les campagnes \u00e0 venir sans la moindre garantie. Pour rassurer les banques, l&#39;Etat, qui a interrompu sa subvention annuelle de sept millions de dollars pour les intrants depuis 2002, a n\u00e9anmoins investi quelque 100 millions de dollars pour garantir les emprunts des soci\u00e9t\u00e9s cotonni\u00e8res aupr\u00e8s des banques.<\/p>\n<p> La Sofitex a d\u00fb recourir \u00e0 une recapitalisation, pour r\u00e9pondre aux exigences des banques, portant les fonds de la soci\u00e9t\u00e9 de huit millions de dollars \u00e0 76,8 millions de dollars.<\/p>\n<p> Selon la Sofitex, une baisse de la production de 10 pour cent entra\u00eene 40 millions de dollars de moins dans la balance commerciale.<\/p>\n<p> &#8220;Il n&#39;y a pas une renonciation \u00e0 faire du coton, mais il peut avoir une r\u00e9duction de superficie, ou m\u00eame un sous-dosage des intrants qui pourrait entra\u00eener une baisse de rendement et de la qualit\u00e9 du coton&#8221;, admet pour la premi\u00e8re fois Tiendr\u00e9b\u00e9ogo.  Pour cette campagne la Sofitex seule attend 600.000 tonnes de coton sur 660.000 hectares.<\/p>\n<p> &#8220;A partir du moment o\u00f9 nous luttons contre la pauvret\u00e9, je demande aux gouvernements d&#39;apporter &#8212; pas de donner &#8212; des pr\u00eats de longues dur\u00e9es, \u00e0 des taux concessionnels aux soci\u00e9t\u00e9s cotonni\u00e8res et j&#39;esp\u00e8re que le FMI (Fonds mon\u00e9taire international) et la Banque mondiale ne vont pas s&#39;opposer \u00e0 ce genre d&#39;interventions pour permettre \u00e0 ces soci\u00e9t\u00e9s de pouvoir vivre en maintenant un revenu minimum \u00e0 des millions de personnes&#8221;, d\u00e9clare Tiendr\u00e9b\u00e9ogo \u00e0 IPS.  En Afrique occidentale et centrale, 10 millions de personnes d\u00e9pendent directement de la culture du coton et plusieurs autres millions vivent indirectement de la fili\u00e8re, dit-il.  Le coton repr\u00e9sente 40 \u00e0 60 pour cent des recettes d&#39;exportation dans les pays d&#39;Afrique de l&#39;ouest et du centre o\u00f9 le tissu industriel est adoss\u00e9 \u00e0 cette culture de rente, ajoute-t-il.<\/p>\n<p> &#8220;Il faut des avanc\u00e9es technologiques qui peuvent faire augmenter la production \u00e0 l&#39;hectare sinon, nous comptons utiliser la fumure organique pour r\u00e9duire les d\u00e9penses&#8221;, affirme Fran\u00e7ois Traor\u00e9, pr\u00e9sident de l&#39;Union nationale des producteurs de coton du Burkina. &#8220;Les temps sont durs et il faut voir comment nous pouvons diminuer les co\u00fbts de production&#8221;.  &#8220;Depuis 20 ans, nous produisons le coton, mais la r\u00e9alit\u00e9 est que nous ne pouvons pas continuer \u00e0 acheter les engrais. Nous n&#39;en voulons plus. Si \u00e7a s&#39;am\u00e9liore un jour, nous allons reprendre sinon, nous ne comptons plus y retourner&#8221;, souligne, amer, Souleymane Djingo, producteur \u00e0 Faramana.<\/p>\n<p> En dehors des subventions aux cotonculteurs am\u00e9ricains et europ\u00e9ens qui minent le march\u00e9 de coton depuis 2000, la chute du cours du dollar constitue \u00e9galement &#8220;un choc exog\u00e8ne&#8221; pour la fili\u00e8re coton. Malgr\u00e9 un cours moyen, \u00e0 la fin de 2006 \u00e0 60 cents la livre de coton fibre, les soci\u00e9t\u00e9s se portent mal, selon leurs dirigeants.  La Sofitex avait r\u00e9alis\u00e9 des b\u00e9n\u00e9fices en 2001 alors que le prix du coton \u00e9tait \u00e0 35 cents la livre, mais avec un dollar qui \u00e9quivalait 700 FCFA \u00e0 l&#39;\u00e9poque, contre 480 FCFA actuellement.<\/p>\n<p> &#8220;Aucune fili\u00e8re coton de la zone franc ne peut s&#39;en sortir. Aujourd&#39;hui, tout Etat qui ne veut pas voir le probl\u00e8me des fili\u00e8res s&#39;aggraver doit agir vite sinon, il mettra trois fois plus de moyens \u00e0 la sauver ou ce sera la disparition totale&#8221;, affirme Tiendr\u00e9b\u00e9ogo.  Pour faire face \u00e0 la volatilit\u00e9 des prix et pour amortir les &#8220;chocs exog\u00e8nes&#8221;, la Sofitex annonce la vulgarisation du coton g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9 en 2009 et compte en cultiver sur 400.000 hectares.<\/p>\n<p> La fili\u00e8re compte \u00e9galement sur un fonds de lissage qui permettra de garantir un prix minimum au paysan lorsque le cours de la fibre est en dessous du co\u00fbt de production, selon l\u2019entreprise.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>FARAMANA, sud-ouest du Burkina Faso, 13 juin (IPS) &#8211; Mahamoudou Sawadogo, un cotonculteur de Faramana, dans le sud-ouest du Burkina Faso, estime que m\u00eame s&#39;il va continuer \u00e0 produire du coton, il envisagerait, si les prix chutent toujours, de revoir&hellip; <a href=\"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/06\/13\/commerce-burkina-faso-la-douche-froide-des-producteurs-de-coton\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,6,1,29,32],"tags":[],"class_list":["post-3520","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-west-africa","category-wto-conference-hong-kong"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3520","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3520"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3520\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3520"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3520"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3520"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}