{"id":3517,"date":"2007-06-11T13:40:01","date_gmt":"2007-06-11T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/06\/11\/developpement-cameroun-domestiquer-des-plantes-pour-accroitre-les-revenus\/"},"modified":"2007-06-11T13:40:01","modified_gmt":"2007-06-11T13:40:01","slug":"developpement-cameroun-domestiquer-des-plantes-pour-accroitre-les-revenus","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/06\/11\/developpement-cameroun-domestiquer-des-plantes-pour-accroitre-les-revenus\/","title":{"rendered":"DEVELOPPEMENT-CAMEROUN: Domestiquer des plantes pour accro\u00eetre les revenus"},"content":{"rendered":"<p>YAOUNDE, 11 juin (IPS) &#8211; En qu\u00eate de meilleures conditions de vie face \u00e0 une mis\u00e8re galopante dans le monde rural, les paysans camerounais ont retrouv\u00e9 l&#39;espoir avec la domestication des arbres fruitiers et des plantes m\u00e9dicinales, qui leur offre une alternative de d\u00e9veloppement participatif porteuse.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>La plupart de ces planteurs consid\u00e8rent cette technique comme une v\u00e9ritable r\u00e9volution qui pourrait transformer le monde rural. C&#39;est dans le village de L\u00e9ki\u00e9-Assi, un bled perdu et enclav\u00e9 en pleine for\u00eat \u00e9quatoriale, dans le centre du Cameroun, que se fait la r\u00e9volution de la domestication des arbres fruitiers et des plantes m\u00e9dicinales, avec le Groupement d&#39;initiative communautaire des agriculteurs de L\u00e9ki\u00e9-Assi (GIC AL).  Cr\u00e9\u00e9 en 1999 \u00e0 l&#39;initiative d&#39;un ancien instituteur, Christophe Miss\u00e9, 34 ans, qui avait d\u00e9missionn\u00e9 de l\u2019enseignement pour se consacrer \u00e0 l&#39;agriculture, le GIC AL \u00e9tait le vainqueur du premier prix de la premi\u00e8re \u00e9dition en 2001 du &#8220;Concours de la plus belle p\u00e9pini\u00e8re&#8221;, organis\u00e9 par l&#39;antenne camerounaise du Centre international de recherche en agroforesterie (ICRAF), dont le si\u00e8ge est bas\u00e9 \u00e0 Nairobi, au Kenya.<\/p>\n<p> &#8220;La domestication est de plus en plus adopt\u00e9e par les populations locales, surtout les couches d\u00e9favoris\u00e9es. Ce sont des techniques tr\u00e8s simples, n&#39;ayant pas besoin de connaissances approfondies pour multiplier les essences&#8221;, d\u00e9clare Zac Tchoundjeu, le coordonnateur du projet.  Le projet a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 en 1998 par l&#39;ICRAF-Cameroun, en collaboration avec l&#39;Institut de recherche agricole pour le d\u00e9veloppement, un organisme sous tutelle du minist\u00e8re camerounais de la Recherche scientifique et de l&#39;Innovation. Le projet se veut une alternative de d\u00e9veloppement participatif en faveur des paysans camerounais, en vue de les aider \u00e0 am\u00e9liorer leurs conditions de vie, face \u00e0 la pauvret\u00e9 en milieu rural.  &#8220;Nous travaillons sur les esp\u00e8ces que les populations utilisent, consomment, avant de pouvoir vendre le surplus. Il y a une d\u00e9marcation avec les produits de rente, le cacao et le caf\u00e9&#8221;, explique Tchoundjeu \u00e0 IPS.  &#8220;Nous recherchons ce qui peut rapporter beaucoup d&#39;argent aux paysans. La priorit\u00e9 est accord\u00e9e aux vari\u00e9t\u00e9s contre-saison&#8221;, ajoute Alain Tsobeng, un assistant de recherche pour le projet.<\/p>\n<p> Dans la cat\u00e9gorie des arbres fruitiers, les esp\u00e8ces reproduites vont du manguier sauvage au safoutier (dacryodes edulis, nom scientifique en latin), en passant par le &#8221; njansang &#8221; (en Ewondo, une langue locale camerounaise; cet arbre est connu sous le nom scientifique de ricinodendron heudelotii), le bitter kola (garnicia kola), le kolatier, le noisetier, l&#39;avocatier, le manguier, le corossolier, l&#39;oranger, le mandarinier, le pamplemoussier, le citronnier, le goyavier&#8230;  Quant aux plantes m\u00e9dicinales, elles comprennent, entre autres essences, l&#39;essok (en Ewondo, garcinia lucida pour le nom scientifique), l&#39;abozok (en Ewondo, mammea africana pour le nom scientifique), le voakanga (vapaca bojeri), le quinqueliba (combretum micranthum), le moabi (baillonelle toxisperma), le pygeum (prunus africana).  &#8220;Ce qui a motiv\u00e9 la recherche sur les plantes m\u00e9dicinales, c&#39;est le fait que le yohimbe et le prinus, deux esp\u00e8ces phares, soient largement export\u00e9es en Europe, pour la fabrication de produits pharmaceutiques&#8221;, r\u00e9v\u00e8le Tsobeng. &#8220;Le yohimbe est un aphrodisiaque, tandis que le prinus est utilis\u00e9 pour la pr\u00e9vention du cancer de la prostate et du paludisme. On s&#39;est rendu compte qu&#39;avec le temps, la raret\u00e9 des esp\u00e8ces augmente&#8221;.  Quatre techniques de reproduction sont principalement utilis\u00e9es : le bouturage, le greffage, le marcottage et le semis. Elles permettent, explique Miss\u00e9 du GIC AL, de raccourcir le cycle de production.<\/p>\n<p> Selon Tsobeng, le cycle de production est r\u00e9duit de 7-10 ans initialement \u00e0 3-4 ans en moyenne actuellement pour la plupart des esp\u00e8ces endog\u00e8nes, \u00e0 l&#39;instar du safoutier, du njansang, du manguier sauvage, de l&#39;avocatier, du manguier ordinaire. Il passe de 4-5 ans \u00e0 deux ans en moyenne pour les agrumes et les goyaviers.<\/p>\n<p> Le projet b\u00e9n\u00e9ficie des financements du Fonds international de d\u00e9veloppement agricole (FIDA), de l&#39;Union europ\u00e9enne et de la Coop\u00e9ration technique belge, entre autres. D&#39;apr\u00e8s l&#39;ICRAF, il avait d\u00e9marr\u00e9 avec deux p\u00e9pini\u00e8res pilotes dans deux localit\u00e9s du Cameroun. Aujourd&#39;hui, l&#39;on en d\u00e9nombre plus d&#39;une centaine, r\u00e9parties dans six des dix provinces de ce pays d&#39;Afrique centrale, les r\u00e9gions les plus agricoles. Les promoteurs sont des agriculteurs form\u00e9s par l&#39;ICRAF.  Selon l&#39;ICRAF, les superficies des p\u00e9pini\u00e8res varient entre 200 et 1.000 m\u00e8tres carr\u00e9s. Les champs d&#39;exploitation atteignent parfois trois hectares. L&#39;ICRAF d\u00e9nombre environ 1.500 paysans locaux qui mettent en \u0153uvre actuellement ses travaux de recherche. Pour l&#39;instant, leurs activit\u00e9s de vente se limitent \u00e0 la commercialisation locale, mais le march\u00e9 est florissant, affirme le centre.  &#8220;La production est davantage orient\u00e9e vers la vente des plants. La plupart des clients passent leurs commandes \u00e0 l&#39;ICRAF, qui nous les transmet. D&#39;autres viennent sur place, il y a une forte demande. Parfois, nous n&#39;arrivons pas \u00e0 la satisfaire&#8221;, indique Miss\u00e9, qui d\u00e9clare entretenir sa femme et ses six enfants avec les revenus issus de son activit\u00e9.<\/p>\n<p> D&#39;apr\u00e8s les chiffres fournis \u00e0 IPS par l&#39;ICRAF, le GIC AL a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 dans les champs d&#39;exploitation, en 2003, 419 dollars de revenus, pour un total de 77 plants int\u00e9gr\u00e9s dans les champs. Ces revenus sont pass\u00e9s \u00e0 1.293 dollars en 2004 pour 168 plants, 990 dollars en 2005 pour 45 plants, et 1.194 dollars en 2006 pour 654 plants. Ces chiffres ne tiennent pas compte des plants s\u00e9lectionn\u00e9s qui sont mis directement en vente par le GIC AL.<\/p>\n<p> L&#39;organisation non gouvernementale &#39;Twantoh Mixed Farming Group Belo&#39;, bas\u00e9e pr\u00e8s de Bamenda, dans le nord-ouest du Cameroun, a battu tous les records de vente, r\u00e9alisant, selon l&#39;ICRAF, des ventes estim\u00e9es \u00e0 9.254 dollars en 2006.  Contrairement aux arbres fruitiers, les plantes m\u00e9dicinales ne connaissent pas encore un grand impact. La seule v\u00e9ritable exp\u00e9rience annonc\u00e9e par l&#39;ICRAF est celle entam\u00e9e \u00e0 la fin de 2006 par Aaron Ngong, un praticien de la m\u00e9decine traditionnelle, originaire de la province du Nord-Ouest, sp\u00e9cialis\u00e9 dans le traitement des cancers, indique Tsobeng.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>YAOUNDE, 11 juin (IPS) &#8211; En qu\u00eate de meilleures conditions de vie face \u00e0 une mis\u00e8re galopante dans le monde rural, les paysans camerounais ont retrouv\u00e9 l&#39;espoir avec la domestication des arbres fruitiers et des plantes m\u00e9dicinales, qui leur offre&hellip; <a href=\"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/06\/11\/developpement-cameroun-domestiquer-des-plantes-pour-accroitre-les-revenus\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":476,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31,5,11,6,1,4,29],"tags":[],"class_list":["post-3517","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-africa-centrale","category-afrique","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-sante","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3517","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/476"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3517"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3517\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3517"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3517"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3517"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}