{"id":3437,"date":"2007-04-10T13:40:01","date_gmt":"2007-04-10T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/04\/10\/qenvironnement-pas-du-tout-appliques\/"},"modified":"2007-04-10T13:40:01","modified_gmt":"2007-04-10T13:40:01","slug":"qenvironnement-pas-du-tout-appliques","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/04\/10\/qenvironnement-pas-du-tout-appliques\/","title":{"rendered":"Q&#038;R: Textes qui prot\u00e8gent l&#39;environnement &quot;pas du tout appliqu\u00e9s&quot;"},"content":{"rendered":"<p>COTONOU, 10 avr (IPS) &#8211; Sylvestre Fandohan est un ing\u00e9nieur agronome forestier de formation, un colonel des eaux et for\u00eats, et actuellement coordonnateur national du Programme de conservation et de gestion des ressources naturelles (ProCGRN), bas\u00e9 \u00e0 Cotonou, au B\u00e9nin. Le programme est principalement ex\u00e9cut\u00e9 dans les d\u00e9partements de l&#39;Atacora et de la Donga, dans le nord-ouest du B\u00e9nin.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Le ProCGRN est un programme de la coop\u00e9ration b\u00e9nino-allemande, qui est mont\u00e9 pour une dur\u00e9e de 11 ans (janvier 2004-d\u00e9cembre 2014). Son objectif est d&#39;amener les populations b\u00e9n\u00e9ficiaires de l&#39;Atacora et de la Donga \u00e0 mieux valoriser les ressources naturelles pour augmenter leurs revenus. La finalit\u00e9 du programme est de contribuer \u00e0 la r\u00e9duction de la pauvret\u00e9.<\/p>\n<p>  Dans une interview accord\u00e9e \u00e0 Mich\u00e9e Boko de IPS, le colonel Fandohan parle de son projet et des actions qu&#39;il m\u00e8ne dans le cadre de la lutte contre la d\u00e9sertification. Il partage \u00e9galement ses exp\u00e9riences par rapport aux mauvaises pratiques agricoles qui menacent les ressources naturelles du B\u00e9nin.<\/p>\n<p>  <b>IPS: Le ProCGRN apporte-t-il des solutions \u00e0 la d\u00e9sertification?<br \/>\n<\/b><br \/>\n  Sylvestre Fandohan (SF): Pratiquement, tout ce que nous faisons concourt \u00e0 lutter contre la d\u00e9sertification. Le fait d\u00e9j\u00e0 que nous d\u00e9veloppions des actions pour maintenir des \u00e9cosyst\u00e8mes particuliers comme le Parc national de la Pendjari, dans l&#39;extr\u00eame nord-ouest du B\u00e9nin, le fait que nous d\u00e9veloppions de nouvelles vari\u00e9t\u00e9s de riz qui r\u00e9sistent \u00e0 la s\u00e9cheresse, ou des actions pour conserver la ressource terre et les ressources en eau, sont autant d&#39;actes qui concourent \u00e0 la lutte contre la d\u00e9sertification.<\/p>\n<p>  <b>IPS: Menez-vous aussi des actions sp\u00e9cifiques pour pr\u00e9server la v\u00e9g\u00e9tation?<br \/>\n<\/b><br \/>\n  SF: Oui, nous menons des actions pour maintenir des plantations domaniales de teck. Nous menons \u00e9galement des actions d&#39;am\u00e9nagement des bas-fonds, dans lesquelles nous int\u00e9grons l&#39;am\u00e9nagement des bassins versants. Elles comportent des actions de lutte contre l&#39;\u00e9rosion, donc des actions de gestion conservatoire des eaux et des sols, des actions de reboisement aussi lorsque c&#39;est n\u00e9cessaire. Tout ce que nous faisons est donc orient\u00e9 vers l&#39;agriculture durable, une gestion durable des ressources naturelles, les ressources foresti\u00e8res et fauniques en particulier.<\/p>\n<p>  <b>IPS: Quelles sont les pratiques agricoles qui sont mauvaises pour le sol, mais que les paysans persistent \u00e0 faire?<br \/>\n<\/b><br \/>\n  SF: Dans le d\u00e9partement de la Donga, par exemple, on fait de grosses buttes pour produire l&#39;igname. Cela se fait souvent dans les bas-fonds, qu&#39;on aurait pu am\u00e9nager, par exemple, pour produire du riz et favoriser un peu plus la conservation des eaux et des sols.<\/p>\n<p>  <b>IPS: La culture de l&#39;igname pose-t-elle un probl\u00e8me au sol?<br \/>\n<\/b><br \/>\n  SF: La culture de l&#39;igname est tr\u00e8s d\u00e9vastatrice des ressources naturelles. C&#39;est une culture itin\u00e9rante sur br\u00fblis. Dans des communes comme Ouak\u00e9 et Copargo, toujours dans le nord-ouest du B\u00e9nin, c&#39;est quasiment la principale culture. C&#39;est une culture qu&#39;il faut toujours faire sur d\u00e9friche. Et quand les gens d\u00e9frichent, il faut abandonner cette terre au bout de trois ans maximum pour s&#39;attaquer \u00e0 une nouvelle friche.<\/p>\n<p>  <b>IPS: Et on met le feu \u00e0 la nouvelle friche?<br \/>\n<\/b><br \/>\n  SF: Voil\u00e0, c&#39;est toujours de nouvelles terres, des feux r\u00e9currents qui sont allum\u00e9s tard dans la saison s\u00e8che, au lieu que ce soit des feux pr\u00e9coces comme nous le leur recommandons souvent. Dans cette r\u00e9gion, il y a davantage de feux tardifs, qui tuent le sol lorsqu&#39;ils sont r\u00e9p\u00e9t\u00e9s. Ils tuent surtout la faune et la flore, particuli\u00e8rement la micro-faune.<\/p>\n<p>  <b>IPS: Avez-vous not\u00e9 d&#39;autres pratiques dangereuses sur le terrain?<br \/>\n<\/b><br \/>\n  SF: Oui, nous avons not\u00e9 l&#39;exploitation foresti\u00e8re anarchique, surtout du bois d&#39;oeuvre, notamment \u00e0 la tron\u00e7onneuse, qui est un instrument interdit d&#39;utilisation parce qu&#39;elle permet une exploitation trop rapide et occasionne le gaspillage du bois. Voil\u00e0 autant de pratiques qui compromettent une bonne gestion des ressources naturelles, et qui sont des facteurs de sah\u00e9lisation et de d\u00e9sertification \u00e0 terme.<\/p>\n<p>  <b>IPS: Voulez-vous dire qu&#39;il existe une menace sur les ressources naturelles du B\u00e9nin?<br \/>\n<\/b><br \/>\n  SF: Absolument! Cela est simplement d\u00fb \u00e0 l&#39;absence d&#39;une bonne application des textes. Le B\u00e9nin a de bons textes qui prot\u00e8gent l&#39;environnement et les ressources naturelles, mais ils ne sont pas du tout appliqu\u00e9s, ou ils sont mal appliqu\u00e9s.<\/p>\n<p>  <b>IPS: Avez-vous un exemple en vue?<br \/>\n<\/b><br \/>\n  SF: Oui, par exemple, dans le secteur forestier, nous avons la Loi 93-009 qui date de juillet 1993, et qui pr\u00f4ne la co-gestion des ressources foresti\u00e8res. Elle exige m\u00eame que les populations rurales soient intimement associ\u00e9es, ou m\u00eame responsabilis\u00e9es dans la gestion des ressources foresti\u00e8res.<\/p>\n<p>  <b>IPS: Et pourquoi cela n&#39;est-il pas fait?<br \/>\n<\/b><br \/>\n  SF: Le B\u00e9nin n&#39;a malheureusement pas encore d\u00e9velopp\u00e9 tous les instruments de bonne gouvernance qu&#39;il faut afin que ces ressources soient mieux g\u00e9r\u00e9es. Aujourd&#39;hui, des gens exploitent ce qu&#39;ils veulent, comme ils veulent, avec des complicit\u00e9s, tant dans les rangs des forestiers, que dans les rangs des exploitants. Il y a des gens qui exportent des produits forestiers du B\u00e9nin et qui les passent pour des produits du Togo ou du Nigeria, ce qui, en r\u00e9alit\u00e9, ne valorise pas le B\u00e9nin.<\/p>\n<p>  <b>IPS: Si vous deviez comparer ce qui se fait au B\u00e9nin \u00e0 ce qui se fait dans les pays voisins, que diriez-vous?<br \/>\n<\/b><br \/>\n  SF: Si je prends le Burkina par exemple, je peux dire que dans le domaine de la mobilisation des ressources en eaux, le B\u00e9nin a un retard consid\u00e9rable. Le B\u00e9nin est un pays mieux arros\u00e9 que le Burkina, mais savez-vous qu&#39;en ce moment pr\u00e9cis, il consomme beaucoup de tomates provenant du Burkina Faso, qui est un pays sah\u00e9lien? N&#39;y a-t-il pas l\u00e0 quelque chose de bizarre?   <b>IPS: Bizarre ou plut\u00f4t honteux?<br \/>\n<\/b><br \/>\n  SF: Bizarre et honteux \u00e0 la fois. Paradoxal aussi, surtout que le B\u00e9nin, compar\u00e9 au Burkina, est mieux dot\u00e9 par la nature. Que nous ne sachions pas mobiliser ces ressources mieux que des gens qui sont moins dot\u00e9s que nous par la nature, je trouve que c&#39;est extr\u00eamement grave. Or, c&#39;est tr\u00e8s important pour nous car le B\u00e9nin est un pays agricole. Et rendre l&#39;eau disponible en toute saison, dans un pays agricole, est un combat que nous devons mener. Cela peut d\u00e9j\u00e0 r\u00e9gler beaucoup de probl\u00e8mes de pression sur les ressources naturelles, et de probl\u00e8mes de d\u00e9sertification.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>COTONOU, 10 avr (IPS) &#8211; Sylvestre Fandohan est un ing\u00e9nieur agronome forestier de formation, un colonel des eaux et for\u00eats, et actuellement coordonnateur national du Programme de conservation et de gestion des ressources naturelles (ProCGRN), bas\u00e9 \u00e0 Cotonou, au B\u00e9nin.&hellip; <a href=\"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/04\/10\/qenvironnement-pas-du-tout-appliques\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":452,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,34,11,12,1,35,29],"tags":[],"class_list":["post-3437","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-desert-rampant","category-developpement","category-environnement","category-headlines","category-seul-a-seul-avec-ips","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3437","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/452"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3437"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3437\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3437"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3437"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3437"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}