{"id":3310,"date":"2007-01-25T13:40:01","date_gmt":"2007-01-25T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/01\/25\/developpement-kenya-des-gangs-controlent-des-bidonvilles-a-nairobi\/"},"modified":"2007-01-25T13:40:01","modified_gmt":"2007-01-25T13:40:01","slug":"developpement-kenya-des-gangs-controlent-des-bidonvilles-a-nairobi","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/01\/25\/developpement-kenya-des-gangs-controlent-des-bidonvilles-a-nairobi\/","title":{"rendered":"DEVELOPPEMENT-KENYA: Des gangs contr\u00f4lent des bidonvilles \u00e0 Nairobi"},"content":{"rendered":"<p>NAIROBI, 25 jan (IPS) &#8211; Dans les bidonvilles de la capitale k\u00e9nyane, des gangs rackettent les habitants qui veulent se faire fournir de l&#39;eau ou de l&#39;\u00e9lectricit\u00e9. Pour les associations, le gouvernement n&#39;est plus en mesure de maintenir l&#39;ordre et d&#39;assumer son r\u00f4le.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>L&#39;un de ces gangs, baptis\u00e9 Mungiki et qui pr\u00f4ne un retour aux croyances traditionnelles de la tribu Kikuyu, est notamment accus\u00e9 de meurtres, d&#39;extorsions et de rackets. Ses membres sont actifs \u00e0 Mathare, situ\u00e9 \u00e0 l&#39;\u00e9st de Nairobi, et consid\u00e9r\u00e9 avec ses 500.000 habitants comme le deuxi\u00e8me plus important bidonville de la capitale.<\/p>\n<p> &#8220;Chaque foyer paie entre 0,43 et 0,71 dollar par mois pour leur protection, et 1,42 dollar pour acc\u00e9der \u00e0 l&#39;\u00e9lectricit\u00e9, mais ces frais augmentent si l&#39;un de nous ach\u00e8te un lecteur vid\u00e9o ou une radiocassette&#8221;, explique James Maina, l&#39;un des r\u00e9sidents du bidonville, membre d&#39;une organisation repr\u00e9sentant la soci\u00e9t\u00e9 civile.  &#8220;En plus, le gang contr\u00f4le les latrines publiques et r\u00e9clame 0,57 dollar par mois \u00e0 chaque utilisateur. Ce montant est souvent inabordable vu la pauvret\u00e9 qui r\u00e8gne dans le bidonville&#8221;, ajoute-t-il.<\/p>\n<p> La situation provoque de nombreuses tensions entre les membres du clan et les habitants. En novembre dernier, le gang a voulu s&#39;emparer du lucratif commerce d&#39;alcool frelat\u00e9 (&#8220;changaa&#8221;), r\u00e9clamant aux brasseurs &#8212; qui sont en majorit\u00e9 des femmes &#8212; une somme mensuelle de 4,2 dollars. Face \u00e0 leur refus, les membres du gang ont d\u00e9truit leurs stocks.<\/p>\n<p> En col\u00e8re, des habitants du bidonville ont alors mis le feu \u00e0 des habitations occup\u00e9es par des membres Mungiki, ce qui a provoqu\u00e9 de nombreux incidents entre r\u00e9sidents, policiers, membres du clan et les Taliban, un gang rival. Huit personnes sont mortes au cours de ces affrontements et des centaines de r\u00e9sidents ont quitt\u00e9 leurs habitations.<\/p>\n<p> &#8220;Toute personne qui veut intervenir dans notre commerce nous tue&#8221;, explique Mariam Aluka, l&#39;une de ces brasseuses. &#8220;Le changaa nous permet de survivre, c&#39;est gr\u00e2ce \u00e0 \u00e7a que je paie mon loyer, nourris mes cinq enfants et leur permets d&#39;aller \u00e0 l&#39;\u00e9cole&#8221;, indique-t-elle. Elle ajoute que la plupart des brasseuses vivent aujourd&#39;hui dans la peur.<\/p>\n<p> Lors d&#39;une rencontre organis\u00e9e r\u00e9cemment dans le bidonville, le gouvernement a \u00e9t\u00e9 accus\u00e9 d&#39;inaction. Pour les habitants, les autorit\u00e9s ne parviennent pas \u00e0 remplir leurs obligations, comme offrir un toit convenable \u00e0 chaque citoyen ainsi que l&#39;eau et l&#39;\u00e9lectricit\u00e9 dans le bidonville.<\/p>\n<p> &#8220;Ces questions sont prioritaires, tout tourne autour de cela. Si le gouvernement fournit un toit convenable aux r\u00e9sidents, la s\u00e9curit\u00e9, l&#39;eau et d&#39;autres services se mettront en place, et les gangs n&#39;auront plus besoin d&#39;extorquer la population&#8221;, remarque Cyprian Nyamwamu, membre du &#39;National Convention Executive Council&#39;, une association qui regroupe diff\u00e9rentes organisations en faveur de r\u00e9formes.  En 2003, le gouvernement avait annonc\u00e9 la construction annuelle de 150.000 habitations pour faire face \u00e0 la p\u00e9nurie de logements. Cinq ans plus tard, cette promesse n&#39;a toujours pas \u00e9t\u00e9 suivie d&#39;effet.<\/p>\n<p> Certains envisagent des changements plus larges. &#8220;Nous devons remanier le syst\u00e8me de gouvernance en profondeur et surtout mettre en place un cadre qui permettra de guider la construction de logements et la fourniture de services dans les bidonvilles&#8221;, estime Achoka Awori, coordinateur de SAYARI, un groupe de r\u00e9flexion bas\u00e9 \u00e0 Nairobi et charg\u00e9 de questions sociales, \u00e9conomiques et politiques.  &#8220;Il n&#39;y a pas de politique ferme en mati\u00e8re de fourniture de service dans ces installations provisoires parce que les autorit\u00e9s ne veulent pas l\u00e9gitimer ces constructions qu&#39;elles consid\u00e8rent comme ill\u00e9gales&#8221;, indique de son c\u00f4t\u00e9 Betty Tett, vice-ministre en charge du logement.<\/p>\n<p> Pour exprimer leur frustration, les habitants du bidonville ont d\u00e9cid\u00e9 de faire entendre leur voix dans la capitale kenyane, qui accueille jusqu&#39;au 25 janvier la 7\u00e8me \u00e9dition du Forum social mondial (FSM), un \u00e9v\u00e9nement alter-mondialiste institu\u00e9 en 2001 \u00e0 Porto Alegre (Br\u00e9sil) comme alternative au Forum \u00e9conomique mondial qui se tient \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode \u00e0 Davos, en Suisse.<\/p>\n<p> &#8220;Nous esp\u00e9rons raconter notre quotidien au monde et partager notre exp\u00e9rience, nos peurs et nos aspirations. Nous voulons raconter ce que nous vivons et ce que nous envisageons de faire alors que nous vivons dans des conditions inhumaines&#8221;, explique Maina.  &#8220;G\u00e9n\u00e9ralement, ceux qui parlent de la situation dans les bidonvilles sont ceux qui n&#39;y vivent pas. Cette fois, \u00e0 l&#39;occasion du FSM, nous voulons parler de notre v\u00e9cu, que le monde l&#39;entende de notre propre bouche&#8221;, ajoute-t-il.<\/p>\n<p> Depuis sa cr\u00e9ation, le FSM &#8212; qui r\u00e9unit chaque ann\u00e9e des centaines de milliers d&#39;activistes oppos\u00e9s \u00e0 la mondialisation &#8212; aborde des questions li\u00e9es au logement, au VIH\/SIDA, \u00e0 l&#39;\u00e9galit\u00e9 des chances, \u00e0 l&#39;all\u00e8gement de la dette des pays pauvres, au commerce ou \u00e0 la bonne gouvernance.<\/p>\n<p> Selon les Nations Unies, 60 pour cent de la population de Nairobi (environ 4 millions d&#39;habitants) vivent dans des bidonvilles. &#8220;Si autant de gens vivent dans des bidonvilles et ne peuvent mener une vie d\u00e9cente, c&#39;est que &#8212; en tant que gouvernement &#8212; vous avez manqu\u00e9 \u00e0 vos obligations&#8221;, estime Awori.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NAIROBI, 25 jan (IPS) &#8211; Dans les bidonvilles de la capitale k\u00e9nyane, des gangs rackettent les habitants qui veulent se faire fournir de l&#39;eau ou de l&#39;\u00e9lectricit\u00e9. 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