{"id":3303,"date":"2007-01-23T13:40:01","date_gmt":"2007-01-23T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/01\/23\/sante-congo-brazzaville-la-gratuite-du-traitement-ouvre-lacces-a-plus-de-malades-du-sida\/"},"modified":"2007-01-23T13:40:01","modified_gmt":"2007-01-23T13:40:01","slug":"sante-congo-brazzaville-la-gratuite-du-traitement-ouvre-lacces-a-plus-de-malades-du-sida","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/01\/23\/sante-congo-brazzaville-la-gratuite-du-traitement-ouvre-lacces-a-plus-de-malades-du-sida\/","title":{"rendered":"SANTE-CONGO-BRAZZAVILLE: La gratuit\u00e9 du traitement ouvre l&#39;acc\u00e8s \u00e0 plus de malades du SIDA"},"content":{"rendered":"<p>BRAZZAVILLE, 23 jan (IPS) &#8211; &#8220;Ce matin (mardi), une malade a \u00e9t\u00e9 surprise lorsque nous lui avons remis ses 5.000 FCFA (10 dollars) de contribution mensuelle, pour dire que le traitement aux ARV (anti-r\u00e9troviraux) est vraiment gratuit depuis une semaine&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 mardi \u00e0 IPS, Nazaire Bakala, un m\u00e9decin de Pointe-Noire, la deuxi\u00e8me ville du Congo-Brazzaville.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&#8220;Beaucoup de malades ne croient pas parce qu&#39;ils ont pass\u00e9 de longues p\u00e9riodes \u00e0 payer cette contribution \u00e0 notre centre pour avoir acc\u00e8s au traitement&#8221;, a indiqu\u00e9 au t\u00e9l\u00e9phone Dr Bakala, m\u00e9decin au Centre de traitement ambulatoire (CTA) des malades du SIDA de Pointe-Noire. &#8220;Maintenant nous confirmons la gratuit\u00e9&#8221;.<\/p>\n<p> Il a ajout\u00e9 : &#8220;Nous ne savons pas quand les stocks des ARV (anti-r\u00e9troviraux) dans notre pharmacie vont prendre fin. Pour l&#39;heure, la Centrale d&#39;achat des m\u00e9dicaments, qui est \u00e0 Brazzaville, nous a approvisionn\u00e9 suffisamment&#8221;.<\/p>\n<p> Les quelque 16.500 malades du SIDA au Congo-Brazzaville, dont l&#39;\u00e9tat clinique n\u00e9cessite un traitement anti-r\u00e9troviral, b\u00e9n\u00e9ficient de la gratuit\u00e9 des soins depuis le d\u00e9but de cette ann\u00e9e.  Le traitement gratuit a d\u00e9marr\u00e9 au d\u00e9but de ce mois au Centre hospitalier et universitaire (CHU) de Brazzaville, la capitale congolaise, qui abrite un des deux CTA du pays. Avant, les patients \u00e9taient soumis \u00e0 une participation financi\u00e8re pour acc\u00e9der r\u00e9guli\u00e8rement au traitement.  Annonc\u00e9e par le pr\u00e9sident congolais Denis Sassou Nguesso, le 31 d\u00e9cembre, la gratuit\u00e9 du traitement en faveur des malades du SIDA est donc entr\u00e9e en vigueur dans les faits. La pharmacienne du CHU, Th\u00e9r\u00e8se Mboundza, a d\u00e9clar\u00e9, au cours du lancement de l&#39;op\u00e9ration, que les stocks des m\u00e9dicaments anti-r\u00e9troviraux \u00e9taient &#8220;suffisants&#8221;.<\/p>\n<p> &#8220;Il y a assez de m\u00e9dicaments, c&#39;est pourquoi nous appelons tous les malades \u00e0 passer prendre gratuitement&#8230;leurs m\u00e9dicaments&#8221;. Mais, elle a pr\u00e9cis\u00e9 qu&#39;il s&#39;agissait uniquement des &#8220;malades sous traitement&#8221;.<\/p>\n<p> Selon le gouvernement, sur 120.000 porteurs du virus du SIDA, 16.500 ont cliniquement besoin d&#39;\u00eatre mis sous traitement ARV. Mais, avant la gratuit\u00e9, seulement 5.361 malades \u00e9taient plac\u00e9s sous ARV \u00e0 Brazzaville et \u00e0 Pointe-Noire, les deux principales villes qui abritent les CTA de ce pays d&#39;Afrique centrale.  Tous les malades ne peuvent pas \u00eatre mis sous traitement ARV. &#8220;Tous les patients n&#39;ont pas besoin d&#39;ARV. Il faut arriver \u00e0 un taux CD4 inf\u00e9rieur \u00e0 200 pour \u00eatre mis sous ARV&#8221;, explique Dr Marie Francke Puruehnce, secr\u00e9taire ex\u00e9cutive permanente du Conseil national de lutte contre le SIDA.<\/p>\n<p> Le taux de CD4 mesure le niveau des cellules immunitaires chez une personne vivant avec le VIH et le SIDA. Lorsque le taux est inf\u00e9rieur \u00e0 200, la personne doit se mettre sous traitement ARV.<\/p>\n<p> &#8220;Le gouvernement s&#39;attelle \u00e0 r\u00e9unir les conditions d&#39;instauration d&#39;une gratuit\u00e9 du d\u00e9pistage et du suivi clinique, ainsi que la r\u00e9alisation du bilan d&#39;inclusion et de suivi biologique \u00e0 compter du 1er avril 2007&#8221;, a annonc\u00e9, par ailleurs, le ministre de la Sant\u00e9 et de la Population, Alphonse Gando. &#8220;La pr\u00e9vention et la prise en charge du VIH\/SIDA constituent, pour le gouvernement, une v\u00e9ritable urgence&#8221;.<\/p>\n<p> Les 5.361 malades, qui suivaient ce traitement, payaient un montant forfaitaire de 5.000 francs CFA (environ 10 dollars) par mois pour le co\u00fbt des m\u00e9dicaments. En d\u00e9pit de quelques rares probl\u00e8mes, la plupart des malades versaient jusque-l\u00e0 leurs contributions, selon des sources hospitali\u00e8res.<\/p>\n<p> Les autres malades, en majorit\u00e9 les nantis, qui ne sont pas pris en charge par des centres m\u00e9dicaux priv\u00e9s, d\u00e9boursent assez d&#39;argent pour supporter leur traitement mensuel.  &#8220;Nous vendons les trois bo\u00eetes des anti-r\u00e9troviraux pour le traitement mensuel \u00e0 180.000 FCFA (environ 360 dollars) et les cinq bo\u00eetes \u00e0 270.000F CFA (540 dollars). Nous vendons des produits de qualit\u00e9; et nos clients sont nos malades et des gens qui ont assez de moyens financiers&#8221;, a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 \u00e0 IPS, un m\u00e9decin d&#39;un centre m\u00e9dical priv\u00e9 de Pointe-Noire, qui a requis l&#39;anonymat.  Pourtant, les autorit\u00e9s sanitaires interdisent au personnel soignant de vendre directement des m\u00e9dicaments aux malades \u00e0 l&#39;h\u00f4pital. Mais, les m\u00e9decins des centres m\u00e9dicaux priv\u00e9s ont des r\u00e9seaux par lesquels ils re\u00e7oivent les ARV et les revendent aux malades nantis qui ne peuvent pas venir s&#39;aligner \u00e0 l&#39;h\u00f4pital.<\/p>\n<p> D&#39;autres soi-disant produits ARV sont vendus \u00e0 travers des r\u00e9seaux incontr\u00f4l\u00e9s, un peu comme des m\u00e9dicaments de la rue et des copies pirates. &#8220;Nous sommes dans un pays o\u00f9 les fronti\u00e8res sont poreuses et plusieurs r\u00e9seaux vendent les anti-r\u00e9troviraux, les faux, sous les manteaux, dans les restaurants et les caf\u00e9s de Brazzaville&#8221;, d\u00e9plore Dr Boniface Okouya, pr\u00e9sident du Syndicat des pharmaciens du Congo.<\/p>\n<p> Mais les malades, qui n&#39;ont pas d&#39;argent pour acheter les m\u00e9dicaments, meurent apr\u00e8s des complications. Les m\u00e9decins expliquent que si le malade reste longtemps sans traitement, il sera difficile de le soigner, parce qu&#39;il aurait d\u00e9velopp\u00e9 une phase complexe de la maladie.  &#8220;Nous constatons que plusieurs malades, qui se sentant forts, ne vont plus chercher leurs m\u00e9dicaments. Nous avons instaur\u00e9 dans nos conseling (conseils) la prise obligatoire des m\u00e9dicaments quel que soit l&#39;\u00e9tat du patient&#8221;, a expliqu\u00e9 \u00e0 IPS, Thierry Maba, vice-pr\u00e9sident du R\u00e9seau national des ONG de lutte contre le SIDA.<\/p>\n<p> Selon des statistiques officielles, quatre pour cent des trois millions d&#39;habitants du Congo-Brazzaville sont s\u00e9ropositifs. Les malades sont en majorit\u00e9 dans les grandes villes comme Brazzaville et Pointe-Noire, avec un taux de pr\u00e9valence de plus de cinq pour cent.  Par ailleurs, le nombre de femmes enceintes malades du SIDA est de plus en plus croissant, indiquent des ONG qui luttent contre la pand\u00e9mie. Cette situation est confirm\u00e9e par le Fonds des Nations unies pour l&#39;enfance qui parle de 7.500 jeunes femmes et adolescentes de 19 \u00e0 24 ans, touch\u00e9es par la pand\u00e9mie.<\/p>\n<p> Les malades du SIDA trouvent, dans cette op\u00e9ration, un motif de soulagement, car ils sont nombreux \u00e0 t\u00e9moigner avoir \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9s par leurs familles.  &#8220;Si cela peut continuer, nous serons un peu soulag\u00e9s. Au d\u00e9but, j&#39;ai d\u00e9pens\u00e9 assez d&#39;argent pour me soigner, jusqu&#39;\u00e0 ce que je me ruine. Les parents m&#39;ont apport\u00e9 de l&#39;aide, mais quand ils ont su que j&#39;avais le SIDA, ils m&#39;ont fui&#8221;, affirme Georges*, un malade enregistr\u00e9 au CTA de Brazzaville. &#8220;Vraiment, cette mesure est un soulagement pour nous; et nombreux sont dans mon cas&#8221;.<\/p>\n<p> &#8220;C&#39;est vraiment extraordinaire. On me disait que le traitement du SIDA co\u00fbtait tr\u00e8s cher. Mais l\u00e0, j&#39;ai eu la chance d&#39;\u00eatre prise en charge gratuitement. Je n&#39;ai m\u00eame pas pay\u00e9 mes examens de CD4, et j&#39;ai commenc\u00e9 le traitement sans payer le moindre sou&#8221;, t\u00e9moigne aussi \u00e0 IPS, Julienne*, un des quatre derniers patients mis sous ARV en janvier au CTA de Brazzaville.<\/p>\n<p> A Pointe-Noire, la gratuit\u00e9 a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e dans certains centres de d\u00e9pistage volontaire qui se trouvent dans les quartiers populaires. Avant, il fallait payer environ deux dollars pour un d\u00e9pistage.<\/p>\n<p> En 2004, la Banque mondiale avait accord\u00e9 au gouvernement congolais une subvention de 19 millions de dollars pour le Projet de lutte contre le VIH\/SIDA et sant\u00e9. Ce projet consistait \u00e0 installer des centres de d\u00e9pistage dans cinq d\u00e9partements du pays, qui comptent les trois quarts de la population congolaise et o\u00f9 le taux de pr\u00e9valence est relativement plus \u00e9lev\u00e9.  A Sibiti par exemple, dans le sud-ouest, aucun m\u00e9canisme de d\u00e9pistage n&#39;existe. Pourtant, c&#39;est la localit\u00e9 la plus touch\u00e9e du pays avec plus de 10,3 pour cent d&#39;infect\u00e9s sur ses 18.000 habitants, selon des statistiques officielles.<\/p>\n<p> En 2006, le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, a donn\u00e9 45 millions de dollars au Congo pour poursuivre les actions de pr\u00e9vention et de prise en charge des malades du SIDA pendant cinq ans.  (* Ce sont des noms d&#39;emprunt pour prot\u00e9ger l&#39;identit\u00e9 des malades).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BRAZZAVILLE, 23 jan (IPS) &#8211; &#8220;Ce matin (mardi), une malade a \u00e9t\u00e9 surprise lorsque nous lui avons remis ses 5.000 FCFA (10 dollars) de contribution mensuelle, pour dire que le traitement aux ARV (anti-r\u00e9troviraux) est vraiment gratuit depuis une semaine&#8221;,&hellip; <a href=\"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/01\/23\/sante-congo-brazzaville-la-gratuite-du-traitement-ouvre-lacces-a-plus-de-malades-du-sida\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":430,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,25,11,10,1,4,29],"tags":[],"class_list":["post-3303","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-columnas","category-developpement","category-droits-humains","category-headlines","category-sante","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3303","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/430"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3303"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3303\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3303"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3303"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3303"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}