{"id":3295,"date":"2007-01-19T13:40:01","date_gmt":"2007-01-19T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/01\/19\/developpement-les-affaires-ignorent-les-droits-de-lhomme\/"},"modified":"2007-01-19T13:40:01","modified_gmt":"2007-01-19T13:40:01","slug":"developpement-les-affaires-ignorent-les-droits-de-lhomme","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2007\/01\/19\/developpement-les-affaires-ignorent-les-droits-de-lhomme\/","title":{"rendered":"DEVELOPPEMENT: Les affaires &#39;&#39;ignorent&#39;&#39; les droits de l&#39;Homme"},"content":{"rendered":"<p>JOHANNESBURG, 19 jan (IPS) &#8211; De l&#39;Irak au Nigeria, des compagnies multinationales ignorent les droits de l&#39;Homme, \u00e9tablissant une culture d&#39;abus et d&#39;impunit\u00e9 qui est difficile \u00e0 \u00e9radiquer, pr\u00e9vient un important militant anti-apartheid. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Kader Asmal, un ancien ministre sud-africain de l&#39;Education, indique que les abus vont de la d\u00e9gradation de l&#39;environnement \u00e0 travers le monde aux plus de 90.000 soci\u00e9t\u00e9s de gardiennage, engag\u00e9es dans des entreprises de plusieurs milliards de dollars sales, dans un Irak d\u00e9chir\u00e9 par la guerre.  &quot;Les contrats accord\u00e9s manquent de responsabilit\u00e9 et de transparence au regard du droit international. Nombre de ces compagnies, g\u00e9r\u00e9es par des pays puissants, sont responsables de crimes de guerre&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 Asmal, un avocat et d\u00e9put\u00e9 au parlement d&#39;Afrique du Sud.<\/p>\n<p> Aucun rapport officiel n&#39;existe sur le nombre de soci\u00e9t\u00e9s de gardiennage en Irak, dont certaines auraient \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es ill\u00e9galement.<\/p>\n<p> Mais le &#39;Washington Post&#39;, citant le premier recensement de la population croissante de civils op\u00e9rant sur le champ de bataille, effectu\u00e9 par l&#39;arm\u00e9e, a affirm\u00e9, le 6 d\u00e9cembre 2006, que quelque 100.000 contractuels du gouvernement am\u00e9ricain travaillent en Irak. Ils sont impliqu\u00e9s dans une vari\u00e9t\u00e9 d&#39;activit\u00e9s militaires, y compris la fourniture d&#39;\u00e9quipement de l&#39;arm\u00e9e, la construction de casernes militaires et la fourniture d&#39;agents de s\u00e9curit\u00e9 priv\u00e9s \u00e0 de hauts responsables irakiens.<\/p>\n<p> Comme Asmal, les 150 participants et plus, qui ont pris part \u00e0 une conf\u00e9rence organis\u00e9e par la Fondation pour les droits humains, bas\u00e9e \u00e0 Pretoria sur le th\u00e8me &quot;Affaires, responsabilit\u00e9 et droits de l&#39;Homme&quot; \u00e0 Johannesburg, du 16 au 17 janvier, \u00e9taient dans l&#39;ensemble d&#39;avis que la campagne pour inculquer une culture de droits de l&#39;Homme aux affaires est en train de progresser lentement.  Il y a ou un manque d&#39;int\u00e9r\u00eat, ou une r\u00e9ticence, parmi les entrepreneurs, ont d\u00e9clar\u00e9 les participants.  &quot;L&#39;expression &#39;droits de l&#39;Homme&#39; est un croquemitaine pour les affaires&quot;, a dit \u00e0 IPS, Yasmin Sooka, directrice ex\u00e9cutive de la Fondation pour les droits de l&#39;Homme. &quot;Les affaires n&#39;aiment pas les droits humains&quot;.<\/p>\n<p> &quot;Cette campagne est, par cons\u00e9quent, un processus. En Afrique du Sud, nous venons de sortir de l&#39;apartheid il y a juste dix ans. Il nous faudra du temps pour rattraper le reste du monde&quot;, a-t-elle d\u00e9clar\u00e9.<\/p>\n<p> L&#39;Afrique du Sud est en train de l&#39;apprendre \u00e0 ses d\u00e9pens. &quot;Nous avons besoin d&#39;un code de conduite pour les compagnies sud-africaines op\u00e9rant dans le reste de l&#39;Afrique. J&#39;ai pris part \u00e0 une rencontre avec des Africains bien instruits qui se plaignaient du comportement de soci\u00e9t\u00e9s sud-africaines. Nous devons examiner la question. Nous ne voulons pas que ces compagnies ternissent la r\u00e9putation de l&#39;Afrique du Sud&quot;, a indiqu\u00e9 Asmal.<\/p>\n<p> Soulignant la n\u00e9cessit\u00e9 d&#39;un code de conduite strict, il a ajout\u00e9 : &quot;Je suis pr\u00e9occup\u00e9 par le fait que les compagnies sud-africaines n&#39;observent pas, comme il faut, le droit du travail des pays dans lesquelles elles op\u00e8rent&quot;.<\/p>\n<p> Au sein de l&#39;Union europ\u00e9enne et en Am\u00e9rique du nord, les affaires englobent petit \u00e0 petit les droits de l&#39;Homme. Christopher Avery dit qu&#39;il y a dix ans, il ne pouvait pas utiliser l&#39;expression droits humains en s&#39;adressant \u00e0 la communaut\u00e9 des hommes d&#39;affaires.<\/p>\n<p> &quot;Cela interrompait imm\u00e9diatement la discussion. J&#39;utilisais des euph\u00e9mismes tel que l&#39;\u00e9tat de droit comme une couverture pour les droits de l&#39;Homme. Maintenant, le monde des affaires accepte les mots &#39;droits humains&#39;, a soulign\u00e9 Avery, qui g\u00e8re un site Internet business-humanrights.com, bas\u00e9 aux Etats-Unis, qui compte plus de 3.500 compagnies membres.  Dans une \u00e9tude publi\u00e9e en d\u00e9cembre 2006, le Bureau du Conseil des Nations Unies pour les droits de l&#39;Homme, bas\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que des firmes nord-am\u00e9ricaines et europ\u00e9ennes sont en t\u00eate de l&#39;inclusion des normes de droits de l&#39;Homme dans des domaines comme la gestion d&#39;une cha\u00eene d&#39;approvisionnement.  Intitul\u00e9e &quot;Reconnaissance des droits de l&#39;homme par les entreprises : Sch\u00e9mas mondiaux, variations r\u00e9gionales et sectorielles&quot;, l&#39;\u00e9tude indique que les deux tiers des compagnies am\u00e9ricaines dans l&#39;\u00e9chantillon et environ 60 pour cent des Europ\u00e9ens abordent les pr\u00e9occupations li\u00e9es aux droits de l&#39;Homme.<\/p>\n<p> &quot;Environ 66 pour cent des compagnies reconnaissent la libert\u00e9 d&#39;association comme le droit aux n\u00e9gociations pour une convention collective. Pr\u00e8s de 75 pour cent des compagnies europ\u00e9ennes reconnaissent les deux droits. Par contre, 63 pour cent des compagnies nord-am\u00e9ricaines et environ 50 pour cent de compagnies venant de chacune des r\u00e9gions restantes &#8212; Asie, Pacifique et Afrique &#8212; reconnaissent ces droits&quot;, souligne l&#39;\u00e9tude, r\u00e9dig\u00e9e par Michael Wright et Amy Lehr.<\/p>\n<p> L&#39;\u00e9tude a \u00e9galement examin\u00e9 le travail des enfants, un probl\u00e8me s\u00e9rieux en Afrique et en Asie. Elle a constat\u00e9 que des &quot;firmes europ\u00e9ennes et nord-am\u00e9ricaines sont en moyenne \u00e0 65 pour cent sont favorables \u00e0 l&#39;abolition de la main-d&#39;\u0153uvre forc\u00e9e et du travail des enfants. Des firmes europ\u00e9ennes et nord-am\u00e9ricaines sont en moyenne 65 pour cent environ pour reconna\u00eetre l&#39;interdiction des deux pratiques, des compagnies d&#39;Asie et du Pacifique autour de 50 pour cent, tandis que trois des cinq compagnies africaines mentionnent l&#39;abolition de l&#39;esclavage et du travail forc\u00e9, et 25 pour cent seulement mentionnent l&#39;abandon du travail des enfants&quot;.<\/p>\n<p> Sufian Bukurura, un professeur de droit \u00e0 l&#39;Universit\u00e9 du KwaZulu Natal, a soulign\u00e9 que les Nations Unies n&#39;avaient commenc\u00e9 \u00e0 faire de s\u00e9rieux liens entre les droits de l&#39;Homme, les affaires et le d\u00e9veloppement qu&#39;en 1989.<\/p>\n<p> Pourtant, a affirm\u00e9 Bukurura, des int\u00e9r\u00eats \u00e9go\u00efstes influencent parfois les d\u00e9cisions des gouvernements. Il a cit\u00e9 l&#39;abandon, par le gouvernement britannique, d&#39;une enqu\u00eate sur une fraude li\u00e9e \u00e0 un contrat d&#39;armes avec des Saoudiens en d\u00e9cembre 2006, comme quelque chose bas\u00e9 sur les int\u00e9r\u00eats de Londres plut\u00f4t que sur la lutte contre la corruption.<\/p>\n<p> Le &#39;United Nations Global Compact&#39;, cr\u00e9\u00e9 en 2000, exhorte les firmes \u00e0 observer les droits humains, les normes du travail, les pratiques environnementales et anti-corruption. Il compte plus de 3.000 membres, avec plus de la moiti\u00e9 des compagnies issues des pays en d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p> &quot;Lorsque j&#39;\u00e9tais au Bureau du Conseil des Nations Unies pour les droits de l&#39;Homme, j&#39;ai encourag\u00e9 la commission \u00e0 promouvoir les normes d&#39;\u00e9thique dans les affaires. Mais la plupart des entreprises y \u00e9taient oppos\u00e9es et avaient une peur folle de la norme&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 Mary Robinson, ancien haut commissaire des Nations Unies pour les droits de l&#39;Homme, \u00e0 la rencontre de Johannesburg.<\/p>\n<p> &quot;Toutefois, certains ont emprunt\u00e9 la norme, l&#39;ont modifi\u00e9e et distribu\u00e9e \u00e0 d&#39;autres compagnies. Comme quelqu&#39;un n&#39;ayant pas une base commerciale, j&#39;ai beaucoup appris des \u00e9tablissements de r\u00e9seaux et discussions qui ont suivi&quot;, a indiqu\u00e9 Robinson, fondatrice en 2002 de &#39;Concr\u00e9tisation des droits : Initiative sur la mondialisation \u00e9thique&#39;.<\/p>\n<p> Prenant \u00e9galement la parole devant l&#39;assistance, Frene Ginwala, vice-pr\u00e9sidente de l&#39;Universit\u00e9 du KwaZulu Natal, a critiqu\u00e9 des organisations comme Transparency International parce qu&#39;elles se focalisent sur les corrompus plut\u00f4t que sur les corrupteurs. &quot;Nous n&#39;allons pas r\u00e9gler le probl\u00e8me de corruption tant que nous n&#39;impliquerons pas les citoyens&quot;, a-t-elle d\u00e9clar\u00e9.<\/p>\n<p> Hassan Lorgat, pr\u00e9sident de la section sud-africaine de Transparency International, a indiqu\u00e9 que le terrain de la corruption est domin\u00e9 par des multinationales ayant de l&#39;argent. &quot;Mon r\u00f4le est de faire pression pour un programme de d\u00e9veloppement au sein de Transparency international&quot;, a-t-il dit \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Lorsque l&#39;ancien archev\u00eaque anglican Desmond Tutu a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 pr\u00e9sident de la Commission v\u00e9rit\u00e9 et r\u00e9conciliation (TRC), Sampie Terreblanche, professeur d&#39;\u00e9conomie \u00e0 l&#39;Universit\u00e9 Stellenbosch d&#39;Afrique du Sud, a demand\u00e9, de m\u00eame qu&#39;un coll\u00e8gue, la cr\u00e9ation d&#39;une Commission v\u00e9rit\u00e9 sur les entreprises.<\/p>\n<p> L&#39;objectif \u00e9tait d&#39;enqu\u00eater sur des all\u00e9gations de crimes commis par des compagnies multinationales comme le g\u00e9ant minier Anglo-American au cours de la p\u00e9riode d&#39;apartheid. &quot;Certaines de ces firmes ont aid\u00e9 l&#39;apartheid et exploit\u00e9 les Noirs pendant un si\u00e8cle&quot;, a-t-il indiqu\u00e9 dans une conversation avec IPS.<\/p>\n<p> Malheureusement, les entrepreneurs locaux avaient brill\u00e9 par leur absence \u00e0 la conf\u00e9rence. Un organisateur a dit \u00e0 IPS qu&#39;il avait invit\u00e9 des hommes d&#39;affaires de la communaut\u00e9 locale, mais qu&#39;ils ne sont pas arriv\u00e9s.  Un homme d&#39;affaires, qui a requis l&#39;anonymat, a indiqu\u00e9 \u00e0 IPS que c&#39;\u00e9tait malheureux que la conf\u00e9rence critique la communaut\u00e9 des hommes d&#39;affaires pour sa non-observance du principe des droits de l&#39;Homme. Seul un engagement constructif, a-t-il dit, r\u00e9glerait les questions des droits humains dans les affaires.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>JOHANNESBURG, 19 jan (IPS) &#8211; De l&#39;Irak au Nigeria, des compagnies multinationales ignorent les droits de l&#39;Homme, \u00e9tablissant une culture d&#39;abus et d&#39;impunit\u00e9 qui est difficile \u00e0 \u00e9radiquer, pr\u00e9vient un important militant anti-apartheid.<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,10,6,9,1,28,20],"tags":[],"class_list":["post-3295","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-droits-humains","category-economie-finances-le-commerce","category-global-affairs","category-headlines","category-southern-africa","category-travail"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3295","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3295"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3295\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3295"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3295"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3295"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}