{"id":3257,"date":"2006-12-28T13:40:01","date_gmt":"2006-12-28T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/12\/28\/cote-divoire-lautonomie-financiere-une-reponse-au-developpement-de-la-femme-rurale\/"},"modified":"2006-12-28T13:40:01","modified_gmt":"2006-12-28T13:40:01","slug":"cote-divoire-lautonomie-financiere-une-reponse-au-developpement-de-la-femme-rurale","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/12\/28\/cote-divoire-lautonomie-financiere-une-reponse-au-developpement-de-la-femme-rurale\/","title":{"rendered":"COTE D&#39;IVOIRE: L&#39;autonomie financi\u00e8re, une r\u00e9ponse au d\u00e9veloppement de la femme rurale"},"content":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 28 d\u00e9c (IPS) &#8211; D\u00e8s le lever du jour, Th\u00e9r\u00e8se Allangba bat le rappel des membres de la Coop\u00e9rative des femmes exploitantes agricoles de la Marahou\u00e9 de Bouafl\u00e9 (COOFEEAMA), dans le centre-ouest de la C\u00f4te d&#39;Ivoire. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Par petits groupes de cinq, ces femmes travaillent \u00e0 la cha\u00eene pour le ravitaillement des principaux march\u00e9s ivoiriens en denr\u00e9es alimentaires.<\/p>\n<p> &#8220;Je demande \u00e0 celles qui sont charg\u00e9es de convoyer l&#39;atti\u00e9k\u00e9 (un repas local \u00e0 base de farine de manioc) de se presser. Quant aux l\u00e9gumes et autres fruits, j&#39;appelle les responsables des convois \u00e0 l&#39;enregistrement des produits qui vont sortir&#8221;, lance Allangba qui coordonne les activit\u00e9s de la coop\u00e9rative, donnant quotidiennement des directives \u00e0 ses camarades.<\/p>\n<p> &#8220;Nous sommes en retard. Depuis cinq heures du matin, trois camions de produits viviers devaient \u00eatre achemin\u00e9s vers Abidjan et nous sommes encore l\u00e0 \u00e0 tra\u00eener les pas&#8221;, dit-elle pour fustiger la lenteur du travail.<\/p>\n<p> Principale organisation f\u00e9minine de la r\u00e9gion de Bouafl\u00e9, \u00e0 environ 200 kilom\u00e8tres au nord d&#39;Abidjan, la capitale \u00e9comique ivoirienne, la COOFEEAMA compte plus d&#39;un millier de femmes, dont la grande majorit\u00e9 sont des rurales. En 2005, elle a r\u00e9alis\u00e9 un b\u00e9n\u00e9fice net de pr\u00e8s de 30.000 dollars. &#8220;Nous attendons, \u00e0 la fin de cet exercice de 2006, environ 50.000 dollars&#8221;, indique Allangba \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Selon elle, ces r\u00e9sultats sont le fruit de l&#39;auto-encadrement men\u00e9 par les femmes lettr\u00e9es aupr\u00e8s de leurs s\u0153urs du monde rural. &#8220;Lorsque nous avons initi\u00e9 le projet, beaucoup de femmes \u00e9taient r\u00e9ticentes. Mais, nous leur avons fait savoir qu&#39;avec la coop\u00e9rative, non seulement elles pouvaient maximiser leurs revenus, mais \u00eatre aussi financi\u00e8rement autonomes&#8221;, soutient-elle.<\/p>\n<p> Elle regrette les difficult\u00e9s \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier d&#39;un appui financier. &#8220;M\u00eame quand nous avons gain de cause, il n&#39;y a plus de suivi. Plus grave, nous accorder le minimum de cr\u00e9dit, rel\u00e8ve du cauchemar&#8221;.  Selon Allangba, la femme qui se pr\u00e9sente dans une banque sans une garantie ni un aval, n&#39;obtient jamais gain de cause parce qu&#39;elle ne sait pas toujours lire et \u00e9crire. Elle rapporte que les pr\u00eats demand\u00e9s ne varient qu&#39;entre 100 et 300 dollars, soit pour l&#39;entretien d&#39;un mara\u00eecher, soit pour l&#39;achat d&#39;engrais.<\/p>\n<p> &#8220;Au cours de ma premi\u00e8re exp\u00e9rience dans une coop\u00e9rative, nous avons demand\u00e9 \u00e0 une banque de la place une aide pour l&#39;achat d&#39;une broyeuse de manioc. Non seulement, elle nous a exig\u00e9 une caution financi\u00e8re, mais elle encore demand\u00e9 les relev\u00e9s bancaires de nos \u00e9poux, parce que nous n&#39;offrions aucune garantie&#8221;, raconte \u00e0 IPS, Estelle Tra Lou, productrice de banane plantain et membre de la COOFEEAMA.<\/p>\n<p> Tra Lou affirme qu&#39;elle est seule \u00e0 assurer la survie de sa famille. &#8220;Seule, je ne gagnais rien; juste trois dollars par jour. Ce qui \u00e9tait insuffisant pour assurer la scolarisation de mes quatre enfants&#8221;, se r\u00e9jouissant qu&#39;elle gagne environ 800 dollars par an dans la coop\u00e9rative.  &#8220;Il faut savoir que quelque part, nous participons au d\u00e9veloppement de la nation. Par jour, ce sont pr\u00e8s de 10 tonnes de denr\u00e9es alimentaires que nous produisons pour nourrir une partie du pays, alors il faut qu&#39;on nous aide aussi&#8221;, explique Allangba.<\/p>\n<p> Le minist\u00e8re ivoirien de la Famille et de l&#39;Enfant indique que les femmes rurales jouent un r\u00f4le cl\u00e9 dans la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire en C\u00f4te d&#39;Ivoire. &#8220;Elles constituent 25 pour cent de la population ivoirienne et elles r\u00e9alisent pr\u00e8s de 30 pour cent de la production vivri\u00e8re du pays&#8221;.  &#8220;Malheureusement, cette participation de la femme rurale au d\u00e9veloppement n&#39;est pas per\u00e7ue \u00e0 cause de son caract\u00e8re informel&#8221;, constate am\u00e8rement Euphrasie Yao, directrice de la promotion de genre et de l&#39;\u00e9galit\u00e9 au minist\u00e8re de la Famille et de l&#39;Enfant. &#8220;Pire, elles ne b\u00e9n\u00e9ficient d&#39;aucune assistance technique, ce qui les oblige \u00e0 rester encore attach\u00e9es \u00e0 la poche de leurs hommes&#8221;, d\u00e9nonce-t-elle.  &#8220;Si nous avions des personnes comme Muhammad Yunus (Prix Nobel de la paix 2006), nul doute que la t\u00e2che serait un tout petit peu all\u00e9g\u00e9e&#8221;, estime Allangba. &#8220;Yunus a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 et vu sur toutes les cha\u00eenes de t\u00e9l\u00e9vision du monde pour son \u0153uvre. Nous attendons que cela soit un exemple ici&#8221;.  Surnomm\u00e9 le banquier des pauvres, Yunus est un \u00e9conomiste bangladais qui a re\u00e7u cette ann\u00e9e le Prix Nobel de la paix pour avoir aid\u00e9 des millions de personnes, et des femmes en majorit\u00e9, \u00e0 sortir de la pauvret\u00e9 gr\u00e2ce aux micro-cr\u00e9dits qu&#39;il leur accordait depuis des ann\u00e9es.<\/p>\n<p> Selon le minist\u00e8re de l&#39;Economie et des Finances, la C\u00f4te d&#39;Ivoire comptait, en 1995, seulement deux institutions de micro-finances. En 2004, elles sont pass\u00e9es au nombre de 70 et s&#39;appuient sur les ressources de 116 caisses d&#39;\u00e9pargne qui collectent environ 80 millions de dollars pour 500.000 b\u00e9n\u00e9ficiaires.<\/p>\n<p> &#8220;Nous ne disons pas que ces \u00e9tablissements n&#39;existent pas, mais elles ne jouent pas le r\u00f4le que nous attendons d&#39;elles, surtout vis-\u00e0-vis des femmes&#8221;, r\u00e9agit Tra Lou de la COOFEEAMA.  Les responsables rejettent cette affirmation. &#8220;Nous n&#39;y croyons pas. Dans nos registres, il y a de nombreuses associations f\u00e9minines qui ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de notre aide&#8221;, r\u00e9plique Marcel Aka, gestionnaire d&#39;une structure de micro-cr\u00e9dits. &#8220;Les proc\u00e9dures d&#39;obtention des cr\u00e9dits ont m\u00eame \u00e9t\u00e9 assouplies. Tant que nous sommes s\u00fbrs d&#39;\u00eatre rembours\u00e9s, nous accordons toujours le cr\u00e9dit&#8221;, dit-il \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Avocate et pr\u00e9sidente de la &#39;Plate-forme des femmes pour gagner&#39;, une organisation non gouvernementale bas\u00e9e \u00e0 Abidjan, Christiane Bitty Kouyat\u00e9 estime que l&#39;autonomie financi\u00e8re reste une solution au d\u00e9veloppement de la femme rurale.  &#8220;Nous appelons le gouvernement et les partenaires au d\u00e9veloppement \u00e0 axer leurs actions sur l&#39;octroi de moyens de production \u00e0 ces femmes, mais aussi de micro-cr\u00e9dits pour la r\u00e9alisation de projets en assouplissant encore un plus les proc\u00e9dures. Ne pas exiger trop de dossiers administratifs, serait un bon pas&#8221;, sugg\u00e8re-t-elle.<\/p>\n<p> La C\u00f4te d&#39;Ivoire est divis\u00e9e en deux par une r\u00e9bellion arm\u00e9e qui occupe la moiti\u00e9 nord du territoire depuis le 19 septembre 2002. Les rebelles estiment avoir pris les armes pour lutter contre l&#39;exclusion pr\u00e9sum\u00e9e des populations de cette partie du pays.  Mais peu avant la crise, en janvier 2002, une premi\u00e8re banque des femmes, avec 20.000 adh\u00e9rentes, avait \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e \u00e0 Abidjan. Mais l&#39;\u00e9clatement de la guerre n&#39;a pas permis la mise en place progressive de ses succursales dans les diff\u00e9rentes r\u00e9gions du pays pour mieux aider les femmes rurales.  N\u00e9anmoins, cette banque des femmes existe toujours \u00e0 Abidjan et fait partie des 70 micro-finances du pays. Selon ses responsables, elle a accord\u00e9, en quatre ans, environ 200.000 dollars \u00e0 quelque 2.800 femmes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 28 d\u00e9c (IPS) &#8211; D\u00e8s le lever du jour, Th\u00e9r\u00e8se Allangba bat le rappel des membres de la Coop\u00e9rative des femmes exploitantes agricoles de la Marahou\u00e9 de Bouafl\u00e9 (COOFEEAMA), dans le centre-ouest de la C\u00f4te d&#39;Ivoire.<\/p>\n","protected":false},"author":330,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,10,6,1,30,29],"tags":[],"class_list":["post-3257","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-droits-humains","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-special-culture-religion-et-genre","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3257","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/330"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3257"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3257\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3257"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3257"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3257"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}