{"id":3246,"date":"2006-12-22T13:40:01","date_gmt":"2006-12-22T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/12\/22\/challenges-2006-2007-rackets-et-controles-frontaliers-handicapent-les-echanges-en-afrique-centrale\/"},"modified":"2006-12-22T13:40:01","modified_gmt":"2006-12-22T13:40:01","slug":"challenges-2006-2007-rackets-et-controles-frontaliers-handicapent-les-echanges-en-afrique-centrale","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/12\/22\/challenges-2006-2007-rackets-et-controles-frontaliers-handicapent-les-echanges-en-afrique-centrale\/","title":{"rendered":"CHALLENGES 2006-2007: Rackets et contr\u00f4les frontaliers handicapent les \u00e9changes en Afrique centrale"},"content":{"rendered":"<p>YAOUNDE, 22 d\u00e9c (IPS) &#8211; Quelque 1.600 kilom\u00e8tres seulement s\u00e9parent Bata, en Guin\u00e9e Equatoriale de N&#39;Djamena, au Tchad. Mais pour des milliers de commer\u00e7ants qui empruntent cette route, le voyage par le Gabon et le Cameroun peut durer deux journ\u00e9es enti\u00e8res, ponctu\u00e9es par des contr\u00f4les frontaliers p\u00e9nibles, harc\u00e8lements et rackets de la part des agents de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&#8220;Les agents des douanes et les policiers aux barrages routiers vous font d\u00e9charger et d\u00e9baller le moindre petit colis pour vous retarder pendant des heures&#8221;, d\u00e9clare \u00e0 IPS, Martine Moudime, membre du Groupement des femmes d&#39;affaires du Cameroun, un groupe non gouvernemental bas\u00e9 \u00e0 Yaound\u00e9.  &#8220;Tout le monde sait qu&#39;il s&#39;agit de forcer les voyageurs \u00e0 payer&#8221;, dit-elle, ajoutant que cette pratique est illicite. Il s&#39;agit d&#39;actes d\u00e9lib\u00e9r\u00e9s de fonctionnaires qui violent les principes de la libre circulation des personnes et des biens \u00e0 l&#39;int\u00e9rieur de la Communaut\u00e9 \u00e9conomique et mon\u00e9taire de l&#39;Afrique centrale (CEMAC).<\/p>\n<p> Cette pratique s&#39;expliquerait \u00e9galement, selon certains analystes, par la lente mise en \u0153uvre des accords d&#39;int\u00e9gration r\u00e9gionale cens\u00e9s supprimer les barri\u00e8res tarifaires et non tarifaires entre les Etats de la r\u00e9gion.  Mais en d\u00e9pit de d\u00e9clarations politiques des gouvernements des pays de la CEMAC favorables aux \u00e9changes \u00e9conomiques r\u00e9gionaux, la r\u00e9alit\u00e9 sur le terrain reste difficile pour les commer\u00e7ants comme Moudime, estiment ces analystes.<\/p>\n<p> &#8220;Les pays d&#39;Afrique centrale tentent de se d\u00e9faire des pratiques commerciales h\u00e9rit\u00e9es de l&#39;\u00e9poque coloniale, qui privil\u00e9gient les \u00e9changes entre l&#39;ex-puissance coloniale et ses anciennes colonies plut\u00f4t qu&#39;entre elles&#8221;, affirme \u00e0 IPS, Jacques Momo, professeur d&#39;\u00e9conomie \u00e0 l&#39;Universit\u00e9 de Douala, la capitale \u00e9conomique du Cameroun. &#8220;Le plus gros partenaire commercial du Cameroun ou du Gabon, voire de la R\u00e9publique centrafricaine ou du Congo, est la France&#8221;.<\/p>\n<p> En effet, compte tenu des tarifs douaniers relativement peu \u00e9lev\u00e9s sur les produits africains entrant sur le march\u00e9 europ\u00e9en, explique Momo, il est plus lucratif d&#39;exporter vers les pays industriels que vers d&#39;autres pays africains.<\/p>\n<p> &#8220;A cause des obstacles auxquels se heurtent les \u00e9changes \u00e0 l&#39;int\u00e9rieur de la CEMAC, les exportations d&#39;un pays comme le Cameroun transitent souvent par des entrep\u00f4ts fran\u00e7ais avant d&#39;atteindre le Congo (Brazzaville) et vice-versa&#8221;, affirme \u00e0 IPS, Guillaume Lando, un \u00e9conomiste bas\u00e9 \u00e0 Yaound\u00e9.<\/p>\n<p> Le trait\u00e9 instituant la CEMAC a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 le 16 mars 1994 \u00e0 N&#39;Djamena, la capitale tchadienne. Sa mission principale est la promotion des march\u00e9s nationaux par l&#39;\u00e9limination des entraves au commerce intercommunautaire, la coordination des programmes de d\u00e9veloppement, l&#39;harmonisation des projets industriels.  La CEMAC comprend six Etats : Tchad, R\u00e9publique centrafricaine, Cameroun, Gabon, Congo-Brazzaville et Guin\u00e9e Equatoriale.  Mais les \u00e9changes entre ces pays ne repr\u00e9sentent que 15,7 pour cent de l&#39;ensemble du commerce ext\u00e9rieur africain, pourcentage le plus bas de toutes les r\u00e9gions du monde, note la Commission \u00e9conomique des Nations Unies pour l&#39;Afrique, bas\u00e9e \u00e0 Addis-Abeba, dans son rapport de 2005.<\/p>\n<p> Rem\u00e9dier \u00e0 la faiblesse des \u00e9changes \u00e0 l&#39;int\u00e9rieur de la CEMAC reste donc un immense d\u00e9fi pour les gouvernements de la r\u00e9gion, s&#39;ils veulent surmonter le handicap de l&#39;int\u00e9gration, soulignent des analystes. C&#39;est dans ce sens que des rencontres officielles sont organis\u00e9es p\u00e9riodiquement entre les Etats membres.  En avril de cette ann\u00e9e, quatre membres des gouvernements du Cameroun, du Gabon et de la Guin\u00e9e Equatoriale, en charge des probl\u00e8mes commerciaux et d&#39;int\u00e9gration \u00e9conomique, se sont rencontr\u00e9s \u00e0 Ambam, une ville transfrontali\u00e8re dans le sud du Cameroun, pour discuter des difficult\u00e9s d&#39;int\u00e9gration.<\/p>\n<p> La semaine derni\u00e8re, \u00e0 l&#39;issue d&#39;un forum inter-Etats sur la question de l&#39;int\u00e9gration en Afrique centrale, \u00e0 Yaound\u00e9, Etienne Awana, fonctionnaire au minist\u00e8re du Commerce, a indiqu\u00e9 que les gouvernements des pays d&#39;Afrique centrale \u00e9taient pr\u00e9occup\u00e9s par le probl\u00e8me de la libre circulation des biens et des personnes.<\/p>\n<p> &#8220;Conscients que le commerce intra-r\u00e9gional ne peut se faire ais\u00e9ment que par des facilitations que peuvent avoir les diff\u00e9rents acteurs dans leurs mouvements, les dirigeants politiques ont entrepris de cr\u00e9er de grands axes routiers pour favoriser les \u00e9changes&#8221;, a-t-il dit \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Le gouvernement du Cameroun, a-t-il ajout\u00e9, encourage la mise en place des infrastructures modernes de communication telles que les routes intra- r\u00e9gionales. &#8220;La route qui part d&#39;Ebolowa (Cameroun) pour Bitam (Gabon) et Kye-Ossi (Guin\u00e9e Equatoriale), par exemple, dont les travaux de bitumage ont \u00e9t\u00e9 financ\u00e9s par l&#39;Union europ\u00e9enne, rapprochera davantage les citoyens de ces trois pays&#8221;.<\/p>\n<p> Les efforts actuels d&#39;int\u00e9gration dans cette r\u00e9gion d&#39;Afrique remontent \u00e0 l&#39;entr\u00e9e en vigueur, en 1994, du Trait\u00e9 d&#39;Abuja auquel ont adh\u00e9r\u00e9 la quasi-totalit\u00e9 des pays africains.  Ce trait\u00e9 pr\u00e9voyait une int\u00e9gration progressive devant aboutir \u00e0 l&#39;\u00e9tablissement d&#39;une communaut\u00e9 \u00e9conomique africaine, par la cr\u00e9ation des zones de libre \u00e9change, et l&#39;\u00e9limination des tarifs douaniers.  Mais, la r\u00e9duction de ces tarifs au niveau r\u00e9gional, commente Marceline Edoa, enseignante \u00e0 l&#39;Universit\u00e9 de Yaound\u00e9 I, n&#39;a \u00e9t\u00e9 que partiellement appliqu\u00e9e dans la CEMAC. En plus, cet effort de r\u00e9duction a laiss\u00e9 place, dit-elle \u00e0 IPS, \u00e0 une lib\u00e9ralisation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e des \u00e9changes que pr\u00e9conisent l&#39;Organisation mondiale du commerce, le Fonds mon\u00e9taire international et la Banque mondiale.  Ces institutions recommandent de lib\u00e9raliser davantage les \u00e9changes afin d&#39;\u00e9viter que l&#39;Afrique soit exclue du commerce mondial.<\/p>\n<p> Toutefois, des organisations non gouvernementales (ONG) se sont r\u00e9unies, en novembre dernier \u00e0 Yaound\u00e9, pour d\u00e9noncer la mondialisation n\u00e9olib\u00e9rale, dans le cadre de la pr\u00e9paration du Forum social mondial pr\u00e9vu en janvier \u00e0 Nairobi, au Kenya.  Pour Edoa, les politiques commerciales des pays d&#39;Afrique centrale restent restrictives. La moyenne des tarifs douaniers pratiqu\u00e9s dans la CEMAC, indique-t-elle, est d&#39;environ 19 pour cent, et ce taux est largement sup\u00e9rieur \u00e0 celui pratiqu\u00e9 dans le reste du monde, qui tourne autour de 10 pour cent.<\/p>\n<p> &#8220;Les tarifs douaniers sur des mati\u00e8res premi\u00e8res comme la fibre textile produite au Tchad ou au Cameroun restent \u00e9lev\u00e9s&#8221;, souligne-t-elle. &#8220;Taxer les intrants cl\u00e9s de l&#39;industrie \u00e0 haute intensit\u00e9 de main-d&#39;\u0153uvre comme la confection et les textiles, secteurs o\u00f9 le Cameroun et le Tchad disposent d&#39;avantages concurrentiels sur le plan de la production et de l&#39;exportation, est contre-productif&#8221;.<\/p>\n<p> Pour certaines ONG, le secteur informel et la mise en place d&#39;un Etat de droit peuvent contribuer \u00e0 renforcer l&#39;int\u00e9gration.  &#8220;Depuis des ann\u00e9es, les \u00e9conomies des pays de la CEMAC sont surtout de nature informelle et elles sont beaucoup plus vastes, dynamiques et int\u00e9gr\u00e9es au plan sous-r\u00e9gional que les \u00e9conomies officielles&#8221;, affirme Maryline Nguedia, vice-pr\u00e9sidente de la &#39;Cameroon Women Entrepreneurs Forum&#39;, une ONG bas\u00e9e \u00e0 Yaound\u00e9.<\/p>\n<p> Pour elle, les dirigeants africains doivent s&#39;interroger sur la gestion du secteur informel qui assure une part importante de la production, du commerce et des services. Bien que le secteur informel soit &#8220;le moteur de la plupart des \u00e9conomies africaines, il n&#39;est pratiquement pas r\u00e9glement\u00e9, il a tr\u00e8s peu acc\u00e8s aux financements, \u00e9chappe souvent \u00e0 la fiscalit\u00e9, et sa contribution \u00e0 l&#39;\u00e9conomie n&#39;est g\u00e9n\u00e9ralement pas comptabilis\u00e9e&#8221;, explique Nguedia \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> L&#39;Afrique ne peut continuer \u00e0 ignorer ce secteur qui, selon elle, est un excellent outil d&#39;int\u00e9gration par le bas. Les critiques reprochent aux efforts actuels d&#39;int\u00e9gration r\u00e9gionale en Afrique de favoriser notamment les \u00e9changes officiels, par leur nature et leurs objectifs, plut\u00f4t que les \u00e9changes informels.  &#8220;Pour relever le d\u00e9fi des \u00e9changes dans la CEMAC dans l&#39;avenir, les Etats de la r\u00e9gion devront aussi attirer les entreprises priv\u00e9es nationales ou \u00e9trang\u00e8res&#8221;, dit-elle. &#8220;Ils doivent \u00e9galement \u0153uvrer pour le respect de l&#39;Etat de droit et la mise en place des politiques \u00e9conomiques claires, coh\u00e9rentes et pr\u00e9visibles qui sont des conditions n\u00e9cessaires \u00e0 un environnement commercial digne de ce nom&#8221;.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>YAOUNDE, 22 d\u00e9c (IPS) &#8211; Quelque 1.600 kilom\u00e8tres seulement s\u00e9parent Bata, en Guin\u00e9e Equatoriale de N&#39;Djamena, au Tchad. 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