{"id":2927,"date":"2006-04-16T13:40:01","date_gmt":"2006-04-16T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/04\/16\/politique-cote-divoire-le-dialogue-militaire-victime-des-allegeances-partisanes\/"},"modified":"2006-04-16T13:40:01","modified_gmt":"2006-04-16T13:40:01","slug":"politique-cote-divoire-le-dialogue-militaire-victime-des-allegeances-partisanes","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/04\/16\/politique-cote-divoire-le-dialogue-militaire-victime-des-allegeances-partisanes\/","title":{"rendered":"POLITIQUE-COTE D&#39;IVOIRE: Le dialogue militaire victime des all\u00e9geances partisanes?"},"content":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 14 avr (IPS) &#8211; Les pourparlers entre les \u00e9tats-majors des forces bellig\u00e9rantes en C\u00f4te d&#39;Ivoire, qui devaient aboutir \u00e0 la facilitation du d\u00e9sarmement des ex-combattants, se heurtent toujours \u00e0 des pr\u00e9alables aux relents politiques.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>De Yamoussoukro, la capitale politique ivoirienne, \u00e0 Bouak\u00e9, le quartier-g\u00e9n\u00e9ral des rebelles, les \u00e9tats-majors de l&#39;arm\u00e9e gouvernementale et des Forces nouvelles (ex-rebelles) ont renou\u00e9 le dialogue rompu depuis ao\u00fbt 2005. Ils ont entam\u00e9 des discussions depuis le 1er avril, sans toutefois parvenir \u00e0 arr\u00eater un chronogramme d\u00e9finitif pour les op\u00e9rations de d\u00e9sarmement des ex-combattants ni avancer sur l&#39;une des exigences des rebelles : un projet d&#39;\u00e9tat-major int\u00e9gr\u00e9 pour l&#39;arm\u00e9e r\u00e9unifi\u00e9e.<\/p>\n<p> Le projet d&#39;\u00e9tat-major int\u00e9gr\u00e9 est l&#39;une des 20 revendications \u00e9mises, le 4 avril \u00e0 Bouak\u00e9, par la r\u00e9bellion qui recommande \u00e9galement le vote d&#39;une nouvelle loi d&#39;amnistie, alors qu&#39;une premi\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9j\u00e0 adopt\u00e9e par l&#39;Assembl\u00e9e nationale le 4 ao\u00fbt 2003. Ensuite, les rebelles estiment que le parlement ne doit plus l\u00e9gif\u00e9rer, son mandat ayant pris fin le 25 d\u00e9cembre 2005.<\/p>\n<p> Pour relancer le processus de paix, qui semblait s&#39;embourber dans l&#39;impasse, le pr\u00e9sident en exercice de l&#39;Union africaine (UA) avait effectu\u00e9, du 7 au 9 avril, une visite en C\u00f4te d&#39;Ivoire. Au terme des consultations avec les forces militaires et politiques ivoiriennes, Denis Sassou Nguesso et les acteurs de la crise avaient convenu &#8220;d&#39;un d\u00e9but imm\u00e9diat du processus simultan\u00e9 de d\u00e9sarmement et d&#39;identification&#8221; des \u00e9lecteurs, sans toutefois indiquer un calendrier pr\u00e9cis.<\/p>\n<p> Avant la visite de Sassou Nguesso, les deux \u00e9tats-majors ne s&#39;accordaient pas sur la programmation de ces deux objectifs. Pour l&#39;arm\u00e9e gouvernementale, il fallait d&#39;abord r\u00e9aliser le d\u00e9sarmement avant l&#39;identification du corps \u00e9lectoral tandis que les Forces nouvelles r\u00e9clamaient le contraire. C&#39;est donc la m\u00e9diation du pr\u00e9sident de l&#39;UA qui a mis fin \u00e0 cette dispute.<\/p>\n<p> Mercredi, une troisi\u00e8me r\u00e9union entre les \u00e9tats-majors des forces rebelles et de l&#39;arm\u00e9e gouvernementale n&#39;a pas pu se tenir \u00e0 cause d&#39;un incident d\u00fb \u00e0 une crise de confiance. Les rebelles ont refus\u00e9 de se soumettre \u00e0 une fouille de leurs v\u00e9hicules \u00e0 Ti\u00e9bissou, ville situ\u00e9e \u00e0 l&#39;entr\u00e9e de la zone gouvernementale en provenance de Bouak\u00e9.<\/p>\n<p> Le ministre de la D\u00e9fense, Ren\u00e9 Aphing Kouassi, s&#39;est rendu jeudi \u00e0 Bouak\u00e9, pour r\u00e9gler l&#39;incident, mais sa rencontre avec les rebelles s&#39;est sold\u00e9e par un \u00e9chec, car aucune date n&#39;a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9e pour une prochaine r\u00e9union entre les deux \u00e9tats-majors.<\/p>\n<p> &#8220;Chaque approche du d\u00e9sarmement devient, pour la r\u00e9bellion, une occasion de pr\u00e9sentation de listes revendicatives aussi ahurissantes et totalement contradictoires avec les diff\u00e9rents accords adopt\u00e9s&#8221;, a fustig\u00e9, le 6 avril, Mich\u00e8le P\u00e9p\u00e9, une \u00e9ditorialiste du quotidien pro-gouvernemental &#39;Fraternit\u00e9 Matin&#39;. Selon elle, les nombreuses r\u00e9unions et les communiqu\u00e9s sont &#8220;toujours sans lendemains constructifs&#8221;.<\/p>\n<p> En fait, deux chronogrammes de d\u00e9sarmement avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9j\u00e0 adopt\u00e9s par les forces bellig\u00e9rantes, mais aucun d&#39;eux n&#39;avait connu un d\u00e9but d&#39;ex\u00e9cution.<\/p>\n<p>Le premier accord sur un calendrier de d\u00e9sarmement, qui devait d\u00e9marrer le 27 juin 2005, n&#39;avait jamais \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9. Ensuite, celui du 31 juillet est rest\u00e9 lettre morte, compromettant la tenue de l&#39;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle en octobre 2005.<\/p>\n<p> A ces deux dates, les rebelles avaient pos\u00e9, comme pr\u00e9alables, le d\u00e9sarmement et le d\u00e9mant\u00e8lement des milices pro-gouvernementales, ainsi que l&#39;adoption, au plus tard le 15 juillet 2005, des lois sur le processus \u00e9lectoral. Ensuite, les 42.500 combattants rebelles et les 5.500 suppl\u00e9tifs (milices) des forces gouvernementales pourraient commencer \u00e0 d\u00e9poser les armes et \u00e0 \u00eatre d\u00e9mobilis\u00e9s.<\/p>\n<p> &#8220;Depuis l&#39;irruption de l&#39;arm\u00e9e sur la sc\u00e8ne politique, le 24 d\u00e9cembre 1999, \u00e0 la faveur du premier coup d&#39;Etat qu&#39;a connu le pays (avec feu le g\u00e9n\u00e9ral Robert Gu\u00e9i), toutes les donn\u00e9es ont chang\u00e9 en elle. Pas qu&#39;elle soit devenue partisane dans l&#39;imm\u00e9diat, mais ces \u00e9l\u00e9ments se sont identifi\u00e9s aux leaders politiques&quot;, a expliqu\u00e9 \u00e0 IPS, le colonel Alexis Ahipeaud, expert en strat\u00e9gie militaire. &quot;Officiers et sous-officiers ont choisi leur camp.<\/p>\n<p>Les hommes de rang ont, eux aussi, fait le choix de leurs bienfaiteurs&quot;.<\/p>\n<p> &#8220;Notre v\u00e9ritable difficult\u00e9, c&#39;est que la situation politique a cr\u00e9\u00e9 des probl\u00e8mes d&#39;int\u00e9r\u00eats militaires. Je crois que l&#39;arm\u00e9e devrait se mettre en dehors de ces d\u00e9bats et soubresauts politiques et se comporter comme une arm\u00e9e r\u00e9publicaine&#8221;, avait propos\u00e9 Ahipeaud au lendemain des attaques des camps de gendarmerie d&#39;Agban et d&#39;Akou\u00e9do, dans la p\u00e9riph\u00e9rie de la capitale \u00e9conomique, Abidjan, d\u00e9but janvier 2006.<\/p>\n<p> Pour sa part, le professeur Lacina Soro, sociologue \u00e0 l&#39;Universit\u00e9 d&#39;Abidjan, d\u00e9clare \u00e0 IPS : &#8220;S&#39;il y a assez de divergences de points de vue entre l&#39;arm\u00e9e gouvernementale et les ex-rebelles, c&#39;est parce que les militaires ont des difficult\u00e9s \u00e0 se soustraire aux contingences politiques&#8221;.<\/p>\n<p> &quot;L&#39;arm\u00e9e n&#39;est jamais parvenue \u00e0 prendre de d\u00e9cisions courageuses. Elle s&#39;est laiss\u00e9e envelopper dans la crise identitaire qui mena\u00e7ait le pays&quot;, explique-t-il ajoutant : &quot;En octobre 2000, les militaires ont fait un choix politique en cautionnant l&#39;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle. Aujourd&#39;hui, ils sont oppos\u00e9s \u00e0 leurs fr\u00e8res d&#39;armes avec qui ils avaient men\u00e9 le coup de force de d\u00e9cembre 1999&quot;.<\/p>\n<p> Le chef de l&#39;Etat actuel, Laurent Ggagbo, \u00e9tait devenu pr\u00e9sident apr\u00e8s l&#39;\u00e9lection de 2000 pour laquelle avaient \u00e9t\u00e9 exclus d&#39;autres leaders politiques, notamment l&#39;ancien Premier ministre Alassane Ouattara, originaire du nord de la C\u00f4te d&#39;Ivoire. Une exclusion qui sera une des principales causes de la r\u00e9bellion du 19 septembre 2002 qui a coup\u00e9 le pays en deux, apr\u00e8s l&#39;\u00e9chec d&#39;une tentative de coup d&#39;Etat manqu\u00e9.<\/p>\n<p> Des soldats insurg\u00e9s, qui occupent depuis cette date la moiti\u00e9 nord de la C\u00f4te d&#39;Ivoire, ont soutenu avoir pris les armes pour s&#39;opposer \u00e0 l&#39;exclusion pr\u00e9sum\u00e9e des populations de cette partie septentrionale de ce pays d&#39;Afrique de l&#39;Ouest.<\/p>\n<p> A mots \u00e0 peine couverts, Lacina Soro indique que l&#39;arm\u00e9e est divis\u00e9e en fonction des appartenances ethniques ou r\u00e9gionales des soldats. &#8220;Il ne sert \u00e0 rien de le cacher aux Ivoiriens. Depuis longtemps, les soldats sont attach\u00e9s \u00e0 chaque responsable des partis politiques, au point de cr\u00e9er des clans dans l&#39;arm\u00e9e. Lorsque l&#39;occasion se pr\u00e9sente, chacun d\u00e9fend sa chapelle&#8221;, a-t-il affirm\u00e9 \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> A quelques mois de l&#39;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle, fix\u00e9e au plus tard au 31 octobre 2006 par la r\u00e9solution 1633 du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 de l&#39;ONU, adopt\u00e9e le 21 octobre 2005, l&#39;identification du corps \u00e9lectoral et le d\u00e9sarmement des combattants demeurent des pi\u00e8ces cl\u00e9s du processus de sortie de crise.<\/p>\n<p> Apr\u00e8s l&#39;installation des institutions en charge des processus de d\u00e9sarmement et d&#39;identification, le Premier ministre de transition, Charles Konan Banny, optimiste, effectue, cette semaine, une tourn\u00e9e en Europe. En d\u00e9but de semaine, il a rencontr\u00e9, \u00e0 Paris, de hauts responsables de l&#39;Etat fran\u00e7ais, dont le pr\u00e9sident Jacques Chirac. L&#39;objectif de sa tourn\u00e9e vise non seulement la recherche d&#39;un soutien financier pour le d\u00e9roulement des deux op\u00e9rations, mais \u00e9galement la cr\u00e9ation d&#39;une arm\u00e9e nouvelle r\u00e9unifi\u00e9e dans le pays.<\/p>\n<p> Malgr\u00e9 l&#39;optimisme affich\u00e9 du Premier ministre, plusieurs observateurs redoutent encore un nouveau report des \u00e9lections, comme en 2005. A la question de savoir ce qui adviendrait si les \u00e9lections n&#39;avaient pas lieu \u00e0 la date indiqu\u00e9e en cas d&#39;\u00e9ventuels blocages, le pr\u00e9sident en exercice de l&#39;UA avait r\u00e9pondu simplement, le 8 avril aux journalistes, \u00e0 Abidjan : &#8220;Nous (Union africaine) aviserons&#8221;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 14 avr (IPS) &#8211; Les pourparlers entre les \u00e9tats-majors des forces bellig\u00e9rantes en C\u00f4te d&#39;Ivoire, qui devaient aboutir \u00e0 la facilitation du d\u00e9sarmement des ex-combattants, se heurtent toujours \u00e0 des pr\u00e9alables aux relents politiques.<\/p>\n","protected":false},"author":330,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,13,1,7],"tags":[],"class_list":["post-2927","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-culture-religion-sport","category-headlines","category-politique"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2927","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/330"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2927"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2927\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2927"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2927"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2927"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}