{"id":2722,"date":"2005-11-09T13:40:01","date_gmt":"2005-11-09T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/11\/09\/refugies-rdc-des-anciens-militaires-de-mobutu-sont-rapatries-mais-pas-tous\/"},"modified":"2005-11-09T13:40:01","modified_gmt":"2005-11-09T13:40:01","slug":"refugies-rdc-des-anciens-militaires-de-mobutu-sont-rapatries-mais-pas-tous","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/11\/09\/refugies-rdc-des-anciens-militaires-de-mobutu-sont-rapatries-mais-pas-tous\/","title":{"rendered":"REFUGIES-RDC: Des anciens militaires de Mobutu sont rapatri\u00e9s, mais pas tous"},"content":{"rendered":"<p>KINSHASA, 9 nov (IPS) &#8211; La r\u00e9cente op\u00e9ration de rapatriement sur Kinshasa des militaires des anciennes Forces arm\u00e9es za\u00efroises (FAZ) du pr\u00e9sident Mobutu, exil\u00e9s \u00e0 Brazzaville, est ressentie comme un soulagement sur les deux rives du fleuve Congo, estiment des analystes.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p> Un dernier convoi, compos\u00e9 de 200 militaires, est arriv\u00e9 le 6 novembre \u00e0 Kinshasa, la capitale de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC).  Selon une source \u00e0 l&#39;\u00e9tat-major des Forces arm\u00e9es, un autre groupe de 500 exil\u00e9s militaires est en cours de rapatriement du Congo-Brazzaville, directement vers la province de l&#39;Equateur, dans le nord-ouest de la RDC.<\/p>\n<p>Ils \u00e9taient bas\u00e9s \u00e0 Impfondo, au nord de Brazzaville. Le Haut commissariat aux r\u00e9fugi\u00e9s et l&#39;Organisation internationale des migrations organisent leur rapatriement.<\/p>\n<p> A Brazzaville, les militaires, candidats au rapatriement, constituaient un objet de m\u00e9fiance du gouvernement du Congo-Kinshasa qui, selon des analystes, soup\u00e7onnait le Congo-Brazzaville d&#39;entretenir ces soldats en vue d&#39;une \u00e9ventuelle atteinte \u00e0 sa s\u00e9curit\u00e9.  Bien plus, par leur pr\u00e9sence au beach de Brazzaville, les exil\u00e9s g\u00eanaient le trafic commercial sur le fleuve entre les deux capitales \u00e9tant donn\u00e9 que les Brazzavillois importent de Kinshasa plus de 50 pour cent de leurs besoins en produits vivriers.  En effet, pendant 15 jours, les \u00e9l\u00e9ments des ex-FAZ avaient litt\u00e9ralement paralys\u00e9 le port de Brazzaville, refusant de regagner les camps o\u00f9 ils \u00e9taient r\u00e9fugi\u00e9s depuis huit ans. Leur d\u00e9termination a d\u00fb payer car ils ont pu \u00eatre rapatri\u00e9s, en trois vagues successives, pendant une semaine, sur Kinshasa.  Les gouvernements des deux pays ont mis les bouch\u00e9es doubles pour trouver une solution urgente \u00e0 la crise. Un groupe d&#39;experts militaires du Congo-Kinshasa se trouvait encore lundi \u00e0 Brazzaville en vue d&#39;identifier d&#39;autres militaires qui aimeraient regagner la RDC, mais qui sont bas\u00e9s principalement \u00e0 Pointe Noire, la capitale \u00e9conomique du Congo-Brazzaville.<\/p>\n<p>Ils seraient quelque 300 militaires avec leurs familles.<\/p>\n<p> Selon des analystes \u00e0 Kinshasa, le gouvernement de la RDC est heureux d&#39;\u00e9liminer ce qui \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme une menace permanente sur l&#39;autre rive du fleuve Congo. Ce soulagement justifierait la pr\u00e9sence sur le beach de Kinshasa, le 1er novembre, du ministre de la D\u00e9fense, lui-m\u00eame, Adolphe Onusumba, lors du premier d\u00e9barquement des militaires exil\u00e9s.  &quot;Nous les accueillons en fr\u00e8res d&#39;armes autant que les autres militaires qui avaient appartenu \u00e0 diff\u00e9rents groupes rebelles et qui ont rejoint l&#39;arm\u00e9e nationale&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 Onusumba. &quot;La guerre est compl\u00e8tement termin\u00e9e, il est maintenant question de cr\u00e9er une nouvelle arm\u00e9e restructur\u00e9e et int\u00e9gr\u00e9e dans laquelle tous les Congolais se retrouvent&quot;.  Apr\u00e8s Brazzaville, le gouvernement de Kinshasa compte \u00e9galement rapatrier d&#39;autres militaires exil\u00e9s dans certaines autres capitales des pays voisins, notamment \u00e0 Bangui, en Centrafrique (un millier), et \u00e0 Luanda, en Angola (300), selon le colonel Joseph Kasongo, charg\u00e9 de la communication \u00e0 l&#39;\u00e9tat-major g\u00e9n\u00e9ral des Forces arm\u00e9es de la RDC.<\/p>\n<p> Ils sont aujourd&#39;hui quelque 1.000 soldats sur un total d&#39;environ 2.000 le nombre d&#39;exil\u00e9s militaires rapatri\u00e9s de Brazzaville. Toutefois, un autre groupe d&#39;exil\u00e9s (environ 200), ne voulant pas \u00eatre appel\u00e9s ex-FAZ, a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 ne pas bouger de Brazzaville.  &quot;Nous constituons un corps militaire \u00e0 part enti\u00e8re et ne comptons n\u00e9gocier notre retour \u00e9ventuel \u00e0 Kinshasa que sur cette base&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 le colonel Dondo Gere de l&#39;ex-Division sp\u00e9ciale pr\u00e9sidentielle (DSP). La DSP constituait une garde personnelle de Mobutu. Compos\u00e9e essentiellement d&#39;\u00e9l\u00e9ments originaires de sa tribu &#8211; les Nbgandi &#8211; elle \u00e9tait la mieux pay\u00e9e de l&#39;arm\u00e9e et \u00e9tait accus\u00e9e d&#39;avoir commis certains abus.  Kinshasa a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 minimiser l&#39;incident tandis qu&#39;\u00e0 Brazzaville, le gouvernement a hauss\u00e9 le ton, son porte-parole et ministre de la Communication, Alain Akouala, ayant menac\u00e9 &quot;d&#39;expulsion tout autre groupe d&#39;exil\u00e9s militaires du Congo-Kinshasa qui tenterait d&#39;envenimer les relations entre les deux pays par des d\u00e9clarations politiques&quot;.<\/p>\n<p> Pour leur part, les rapatri\u00e9s sont \u00e9galement heureux de retrouver la terre natale. La longueur de l&#39;exil, le mal du pays et peut-\u00eatre aussi une mauvaise prise en charge en terre d&#39;asile ont concouru \u00e0 la r\u00e9solution de la crise. Le capitaine Ambroise Kusa l&#39;admet, avec beaucoup d&#39;\u00e9motion, en d\u00e9barquant du bateau.  &quot;La vie en exil n&#39;est pas bonne. Nous n&#39;avons jamais acquis le statut de r\u00e9fugi\u00e9s et ne vivions que gr\u00e2ce au dynamisme de nos \u00e9pouses qui pouvaient vendre des broutilles pour nourrir les enfants&quot;, a affirm\u00e9 Kusa \u00e0 IPS.<\/p>\n<p>&quot;Je suis soldat, je suis content de regagner la terre natale. Je continuerai \u00e0 servir mon pays sous les drapeaux. Je ne sais rien faire d&#39;autre&quot;.  Il r\u00e9gnait au beach de Kinshasa, une atmosph\u00e8re empreinte de joie et d&#39;\u00e9motions diverses. Les rapatri\u00e9s d\u00e9barquaient en chantant et d&#39;autres m\u00eames en priant, tellement, a dit une dame \u00e0 IPS, tra\u00eenant ses quatre enfants. &quot;Nous ne pensions plus pouvoir retourner un jour chez nous&quot;.<\/p>\n<p> Sur les quais, beaucoup de Kinois (habitants de Kinshasa), en pleurs, s&#39;\u00e9taient \u00e9galement rassembl\u00e9s pour assister \u00e0 l&#39;arriv\u00e9e des exil\u00e9s. La plupart \u00e9taient des parents qui revoyaient pour la premi\u00e8re fois des fr\u00e8res et des s&#339;urs, neveux et ni\u00e8ces dont ils n&#39;avaient pas toujours de nouvelles fiables.  Les militaires rapatri\u00e9s \u00e9taient tous en civil, la plupart fatigu\u00e9s par les 15 jours pass\u00e9s \u00e0 la belle \u00e9toile au beach de Brazzaville. Avec leurs matelas de mousse, quelques ustensiles de cuisine, ils ont \u00e9t\u00e9 embarqu\u00e9s dans des bus de la Commission nationale de d\u00e9mobilisation et de r\u00e9insertion (CONADER), \u00e0 destination d&#39;un Kibutibuti, dans la banlieue sud de Kinshasa, o\u00f9 un centre d&#39;orientation a \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9 \u00e0 cet effet.<\/p>\n<p> Pendant sept jours, ils auront l&#39;occasion de se d\u00e9terminer s&#39;ils restent dans l&#39;arm\u00e9e ou regagnent la vie civile.  Selon le colonel Aim\u00e9 Mbiato, coordinateur de la Structure militaire d&#39;int\u00e9gration, en charge de la r\u00e9forme de l&#39;arm\u00e9e congolaise, l&#39;arriv\u00e9e des exil\u00e9s de Brazzaville tombe tr\u00e8s bien dans la mesure o\u00f9 les Forces arm\u00e9es de la RDC sont en pleine restructuration.  &quot;La plupart ont opt\u00e9 pour l&#39;arm\u00e9e et seront envoy\u00e9s dans un centre de brassage pendant 45 jours. Ils auront ainsi l&#39;occasion de s&#39;acclimater \u00e0 nouveau au pays et de se familiariser avec d&#39;autres militaires issus d&#39;autres horizons&quot;, a expliqu\u00e9 Mbiato \u00e0 IPS.  Quant \u00e0 ceux qui ont choisi la vie civile, la CONADER s&#39;occupe de leur d\u00e9mobilisation et de leur r\u00e9insertion. Ils re\u00e7oivent 110 dollars pour leur permettre de regagner leur r\u00e9gion d&#39;origine ainsi qu&#39;un kit de d\u00e9mobilisation comprenant des v\u00eatements, des outils agricoles et des ustensiles de cuisine.<\/p>\n<p> Pr\u00e9sentement, les militaires, qui choisissent de retourner \u00e0 la vie civile, n&#39;ont pas beaucoup de probl\u00e8mes pour leur r\u00e9insertion. Les membres de leurs familles habitant Kinshasa se sont charg\u00e9s d&#39;h\u00e9berger les femmes et les enfants.  La plupart des exil\u00e9s sont ressortissants de la province de l&#39;Equateur.<\/p>\n<p>&quot;Notre province est essentiellement agricole. J&#39;ach\u00e8terai des houes et trouverai bien un espace pour cultiver&quot;, d\u00e9clare \u00e0 IPS, Jean Ngatwa, ex-lieutenant des FAZ.  Un autre d\u00e9mobilis\u00e9, Igor Engulu, est par contre moins optimiste. Il se demande si son village existe encore, pr\u00e8s de la ville de Bumba, dans la province de l&#39;\u00c9quateur, au bord du fleuve Congo. &quot;De Brazzaville, j&#39;avais appris que mon village avait \u00e9t\u00e9 bombard\u00e9 par les soldats de l&#39;AFDL (Alliance des forces d\u00e9mocratiques de lib\u00e9ration du Congo de feu Laurent D\u00e9sir\u00e9 Kabila), dit-il sans beaucoup d&#39;espoir.  Engulu ajoute qu&#39;il s&#39;associerait bien avec quelqu&#39;un d&#39;autre pour acheter du mat\u00e9riel de p\u00eache.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>KINSHASA, 9 nov (IPS) &#8211; La r\u00e9cente op\u00e9ration de rapatriement sur Kinshasa des militaires des anciennes Forces arm\u00e9es za\u00efroises (FAZ) du pr\u00e9sident Mobutu, exil\u00e9s \u00e0 Brazzaville, est ressentie comme un soulagement sur les deux rives du fleuve Congo, estiment des&hellip; <a href=\"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/11\/09\/refugies-rdc-des-anciens-militaires-de-mobutu-sont-rapatries-mais-pas-tous\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,10,1,7,3],"tags":[],"class_list":["post-2722","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-droits-humains","category-headlines","category-politique","category-population-refugies"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2722","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2722"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2722\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2722"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2722"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2722"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}