{"id":2326,"date":"2004-11-14T13:40:01","date_gmt":"2004-11-14T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/11\/14\/energie-paralysie-a-la-frontiere-entre-le-mali-etla-cote-divoire\/"},"modified":"2004-11-14T13:40:01","modified_gmt":"2004-11-14T13:40:01","slug":"energie-paralysie-a-la-frontiere-entre-le-mali-etla-cote-divoire","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/11\/14\/energie-paralysie-a-la-frontiere-entre-le-mali-etla-cote-divoire\/","title":{"rendered":"ENERGIE: Paralysie \u00e0 la fronti\u00e8re entre le Mali etla C\u00f4te d&#39;Ivoire"},"content":{"rendered":"<p>ZEGOUA, sud du Mali, 13 nov (IPS) &#8211; Depuis le 3 novembre, les villes du nord de la C\u00f4te d&#39;Ivoire et les deux villes frontali\u00e8res du Mali Z\u00e9goua et Kadiolo &#8211; qui sont reli\u00e9es au r\u00e9seau \u00e9lectrique ivoirien, \u00e9taient coup\u00e9es du r\u00e9seau et paralys\u00e9es.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p> La coupure d&#39;\u00e9lectricit\u00e9 est survenue \u00e0 la veille des bombardements a\u00e9riens de l&#39;arm\u00e9e ivoirienne, la semaine derni\u00e8re, sur Bouak\u00e9 et Korhogo, dans le nord de la C\u00f4te d&#39;Ivoire, qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 l&#39;origine de la nouvelle tension dans ce pays voisin du Mali.   Mais, les autorit\u00e9s ivoiriennes ont annonc\u00e9 le r\u00e9tablissement de l&#39;\u00e9lectricit\u00e9, jeudi soir, 11 novembre dans les principales villes du nord de la C\u00f4te d&#39;Ivoire, notamment \u00e0 Bouak\u00e9 et Korhogo, deux importants bastions des Forces nouvelles (ex-rebelles).   N\u00e9anmoins, pendant neuf jours, les habitants de Z\u00e9goua ont v\u00e9cu des moments difficiles. &quot;Si \u00e7a continue, c&#39;est le spectre d&#39;une crise humanitaire qui se profile \u00e0 Z\u00e9goua&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS, le maire de cette commune malienne, Fatogoma Ouattara, au milieu de cette semaine.<\/p>\n<p> Situ\u00e9e au terminus de la route nationale &#39;7&#39;, \u00e0 485 kilom\u00e8tres au sud de Bamako, la capitale malienne, Z\u00e9goua, qui se trouve \u00e0 trois kilom\u00e8tres de Pogo &#8211; la premi\u00e8re localit\u00e9 ivoirienne \u00e0 la fronti\u00e8re -, a vu les r\u00e9cents \u00e9v\u00e8nements survenus en C\u00f4te d&#39;Ivoire paralyser consid\u00e9rablement toutes ses activit\u00e9s \u00e9conomiques et sociales.<\/p>\n<p> &quot;La crise ivoirienne a s\u00e9rieusement secou\u00e9 Z\u00e9goua&#8230;et l&#39;impact n&#39;est plus \u00e0 d\u00e9montrer&quot;, se plaignait le maire de cette localit\u00e9 dans un entretien avec IPS, le mardi, 9 novembre.  &quot;Avec la crise, il y a eu subitement l&#39;arr\u00eat des gros porteurs (camions) et, comme par enchantement, la ville s&#39;est vid\u00e9e&#8230;Les transitaires et autres op\u00e9rateurs \u00e9conomiques ont quitt\u00e9 la ville&quot;, a soulign\u00e9 Ouattara.  La commune de Z\u00e9goua, indique-t-il, percevait par mois l&#39;\u00e9quivalent de 1.961 dollars de taxes sur les diff\u00e9rentes activit\u00e9s \u00e9conomiques se d\u00e9roulant dans sa cit\u00e9. &quot;Mais depuis quelques jours, nous n&#39;avons pas encaiss\u00e9 un seul centime&quot;, explique le r\u00e9gisseur de la mairie, Chiaka Sangar\u00e9.  Au bureau de la douane, le chef de brigade, Bakary Coulibaly, avait l&#39;air tr\u00e8s inquiet. D&#39;un ton grave, il d\u00e9clare \u00e0 IPS : &quot;M\u00eame si ce n&#39;est pas officiel, il faut dire que la fronti\u00e8re est ferm\u00e9e&#8230;il n&#39;y a aucun camion, aucune activit\u00e9 depuis le d\u00e9clenchement de la crise&quot;.  Cet axe, dit-il, fait rentrer comme recettes \u00e0 l&#39;Etat malien, environ 392.156 dollars par mois. Mais, depuis le d\u00e9but de la crise, ils n&#39;ont fait aucune recette, a-t-il affirm\u00e9. Pas un seul camion n&#39;est pass\u00e9 pendant la visite de IPS, mardi \u00e0 Z\u00e9goua, du 7 au 9 novembre. En temps normal, en moyenne 700 camions passent par semaine au poste fronti\u00e8re, a soulign\u00e9 Coulibaly.  Depuis 1996, le cercle de Kadiolo, dont rel\u00e8ve la ville de Z\u00e9goua, d\u00e9pend en mati\u00e8re \u00e9nerg\u00e9tique de la C\u00f4te d&#39;Ivoire, par l&#39;interm\u00e9diaire de la ville ivoirienne de Ferk\u00e9ss\u00e9dougou, dans le nord.  Selon le maire de Z\u00e9goua, il s&#39;est av\u00e9r\u00e9, d&#39;apr\u00e8s leurs informations, qu&#39;il s&#39;agissait plut\u00f4t d&#39;un &quot;sabotage depuis Abidjan (la capitale \u00e9conomique ivoirienne) que d&#39;une panne technique&quot;.  Cette situation est venue aggraver la pr\u00e9carit\u00e9 \u00e9conomique de la zone frontali\u00e8re entre le Mali et la C\u00f4te d&#39;Ivoire, selon les habitants. &quot;Nous sommes en crise ici et rien ne va&quot;, se plaint Yaya Traor\u00e9, un h\u00f4telier \u00e0 Pogo, la ville ivoirienne voisine de Z\u00e9goua. &quot;Il n&#39;y a plus de clients et plus de moyens pour la conservation de nos produits. La perte est inestimable&quot;.  Pendant ce mois de ramadan, c&#39;est le calvaire pour les populations. La seule boulangerie, qui tournait, a ferm\u00e9, faute d&#39;\u00e9lectricit\u00e9.<\/p>\n<p>Actuellement, c&#39;est Sikasso, une ville qui est \u00e0 103 km, dans le sud du Mali, qui ravitaille les populations de la zone frontali\u00e8re, en sp\u00e9culant sur les prix.  La baguette de pain, qui venait de Sikasso, co\u00fbte 200 francs CFA (environ 39 cents US), alors qu&#39;elle co\u00fbtait 75 FCFA (environ 14 cents) avant la coupure d&#39;\u00e9lectricit\u00e9. Pour Henriette Kon\u00e9, m\u00e9nag\u00e8re \u00e0 Pogo, &quot;C&#39;est insupportable. On manque de tout&#8230;&quot;.  Sur le plan de la sant\u00e9, la situation se complique avec cette nouvelle flamb\u00e9e de la crise ivoirienne. Pour le m\u00e9decin-chef du centre de sant\u00e9 de Z\u00e9goua, Dr Yaya Coulibaly, c&#39;est intenable avec le manque d&#39;\u00e9lectricit\u00e9.<\/p>\n<p>&quot;Sans lumi\u00e8re, on ne peut pas travailler correctement. Car quand la source lumineuse n&#39;est pas suffisante, \u00e7a peut jouer sur la qualit\u00e9 des interventions nocturnes&quot;.  &quot;Le manque d&#39;\u00e9lectricit\u00e9 accro\u00eet \u00e9galement l&#39;ins\u00e9curit\u00e9, occasionnant une baisse de fr\u00e9quentation du centre m\u00e9dical pendant la nuit. Et cela peut amener les femmes \u00e0 faire des accouchements \u00e0 domicile, ce qui va entra\u00eener des complications&quot;, a expliqu\u00e9 Dr Coulibaly \u00e0 IPS.  Lamine Kon\u00e9, un habitant de Bouak\u00e9, qui a regagn\u00e9 le Mali le lundi 8 novembre, d\u00e9clare \u00e0 IPS : &quot;A Bouak\u00e9, si rien n&#39;est fait&#8230;, si le courant n&#39;est pas r\u00e9tabli, les gens risquent de mourir. Parce qu&#39;il n&#39;y a pas d&#39;eau, pas d&#39;\u00e9lectricit\u00e9 et l&#39;h\u00f4pital est bond\u00e9 de malades&quot;.  Toutefois, contrairement au d\u00e9but de la crise ivoirienne en septembre 2002, il n&#39;y a pas eu de vagues de r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 Z\u00e9goua cette fois-ci, a indiqu\u00e9 \u00e0 IPS, l&#39;adjudant chef du poste de la gendarmerie, Adama Soumano.  Cette situation s&#39;explique, selon lui, par le fait que les bombardements ont eu lieu aux abords des lignes tenues par les Forces nouvelles, et non \u00e0 l&#39;int\u00e9rieur des zones qu&#39;occupent les ex-rebelles.  N\u00e9anmoins, le samedi, 6 novembre dans l&#39;apr\u00e8s-midi, les gendarmes ont enregistr\u00e9 \u00e0 la fronti\u00e8re sept bless\u00e9s dont une femme et une fillette &#8211; tous des Maliens &#8211; qui sont venus de Bouak\u00e9. Et le lendemain dimanche, vers midi, un autre bless\u00e9, a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9. C&#39;est un chauffeur malien, qui \u00e9tait bless\u00e9 au coude et au mollet droit, a pr\u00e9cis\u00e9 Soumano.  C&#39;est le lundi matin, 8 novembre, que les services maliens de la protection civile ont enregistr\u00e9 une premi\u00e8re &quot;vague d&#39;exil\u00e9s volontaires&quot;. Selon le sergent Sadio Diarra, il s&#39;agit de 20 personnes dont une Ivoirienne et un Nig\u00e9rian, qui ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 regagner le Mali de mani\u00e8re volontaire.  Z\u00e9goua \u00e9tait une ville fant\u00f4me toute cette semaine. Et depuis quelques jours, en d\u00e9pit des patrouilles des forces de s\u00e9curit\u00e9 maliennes, on assiste \u00e0 une nouvelle forme d&#39;ins\u00e9curit\u00e9. Elle se manifeste par des vols, accompagn\u00e9s souvent de braquages \u00e0 main arm\u00e9e. Pour les autorit\u00e9s de la ville, cela s&#39;explique par la pauvret\u00e9 et la prolif\u00e9ration des armes l\u00e9g\u00e8res dans la zone frontali\u00e8re.<\/p>\n<p> Mais selon le maire de Z\u00e9goua, si la crise perdurait, il y aurait, dans sa commune, une famine car, pense-t-il, m\u00eame si les denr\u00e9es alimentaires existent, il n&#39;y aurait pas d&#39;argent pour les acheter. &quot;Et si nos parents en C\u00f4te d&#39;Ivoire arrivent, on aura peu de chose \u00e0 partager&quot;, a-t-il ajout\u00e9, d&#39;un air inquiet.  (* Cet article diffus\u00e9 le 13 novembre \u00e0 12H23 GMT contient une erreur sur la premi\u00e8re ligne du premier paragraphe. Pri\u00e8re de bien noter : ZEGOUA, sud du Mali, au lieu de &#39;nord du Mali&#39; comme \u00e9crit initialement par erreur).<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ZEGOUA, sud du Mali, 13 nov (IPS) &#8211; Depuis le 3 novembre, les villes du nord de la C\u00f4te d&#39;Ivoire et les deux villes frontali\u00e8res du Mali Z\u00e9goua et Kadiolo &#8211; qui sont reli\u00e9es au r\u00e9seau \u00e9lectrique ivoirien, \u00e9taient coup\u00e9es&hellip; <a href=\"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/11\/14\/energie-paralysie-a-la-frontiere-entre-le-mali-etla-cote-divoire\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":195,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,6,26,1,7],"tags":[],"class_list":["post-2326","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-economie-finances-le-commerce","category-energy","category-headlines","category-politique"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2326","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/195"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2326"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2326\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2326"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2326"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2326"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}