{"id":2236,"date":"2004-08-24T13:40:01","date_gmt":"2004-08-24T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/08\/24\/sante-niger-espoir-reel-pour-les-femmes-fistuleuses-de-sortir-de-lisolement-social\/"},"modified":"2004-08-24T13:40:01","modified_gmt":"2004-08-24T13:40:01","slug":"sante-niger-espoir-reel-pour-les-femmes-fistuleuses-de-sortir-de-lisolement-social","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/08\/24\/sante-niger-espoir-reel-pour-les-femmes-fistuleuses-de-sortir-de-lisolement-social\/","title":{"rendered":"SANTE-NIGER: Espoir r\u00e9el pour les femmes fistuleuses de sortir de l&#39;isolement social"},"content":{"rendered":"<p>NIAMEY, 24 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Zeinabou Baba, une femme de 40 ans, revient de loin. Alors qu&#39;elle avait perdu tout espoir de revivre une vie normale \u00e0 cause d&#39;une fistule, elle en est gu\u00e9rie \u00e0 l&#39;H\u00f4pital national de Niamey, la capitale du Niger, et vit actuellement dans son village.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Zeinabou exerce m\u00eame une activit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ratrice de revenu, qu&#39;elle a d\u00e9marr\u00e9e avec un petit capital d&#39;environ 47 dollars depuis son retour, en 2002, dans son village, un hameau de T\u00e9ra, situ\u00e9 \u00e0 environ 250 kilom\u00e8tres, \u00e0 l&#39;ouest de Niamey, selon Nathalie Maulet, conseill\u00e8re technique pour l&#39;approche genre au bureau du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), \u00e0 Niamey.  Maulet a expliqu\u00e9 \u00e0 IPS que le calvaire de Zeinabou a commenc\u00e9 \u00e0 la suite de son mariage, \u00e0 l&#39;\u00e2ge de 16 ans, dans son village. De cette union, un premier enfant est n\u00e9 sans vie. Puis un deuxi\u00e8me, puis un troisi\u00e8me, dans les m\u00eames conditions. Au bout du quatri\u00e8me enfant mort-n\u00e9, c&#39;est une fistule qui appara\u00eet, avec comme cons\u00e9quence, la r\u00e9pudiation de la jeune femme par son mari, ajoute Maulet.  Expuls\u00e9e du foyer conjugal, Zeinabou se r\u00e9fugie chez ses parents, jusqu&#39;au jour o\u00f9 une mission du FNUAP s\u00e9journe dans la localit\u00e9, dans le cadre d&#39;une enqu\u00eate sur la fistule cach\u00e9e au Niger.  La fistule est une maladie provoqu\u00e9e par un canal d&#39;origine accidentelle par o\u00f9 s&#39;\u00e9coulent des urines ou des mati\u00e8res f\u00e9cales, rendant la victime repoussante \u00e0 cause des odeurs d\u00e9sagr\u00e9ables.  La fistule obst\u00e9tricale est une maladie handicapante qui survient d&#39;ordinaire quand une femme jeune et pauvre souffre des douleurs de l&#39;accouchement et n&#39;a pas acc\u00e8s \u00e0 la c\u00e9sarienne. La maladie fait l&#39;objet d&#39;une attention particuli\u00e8re, depuis 2002 au Niger, d&#39;apr\u00e8s des sp\u00e9cialistes.<\/p>\n<p> Selon des statistiques officielles, les Nig\u00e9riennes ont le taux de f\u00e9condit\u00e9 le plus \u00e9lev\u00e9 (huit enfants par femme) en Afrique subsaharienne, avec un taux de pr\u00e9valence de contraceptifs modernes de quatre pour cent et un ratio de mortalit\u00e9 maternelle de 920 pour 100.000 naissances vivantes.<\/p>\n<p> &quot;Il n&#39;y a pas de chiffre exact sur le nombre de fistuleuses au Niger, mais on pense que le pays compte beaucoup de cas puisque tous les facteurs concourant \u00e0 l&#39;apparition de la fistule sont pr\u00e9sents&quot;, d\u00e9clare Maulet \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Selon elle, les facteurs favorisant la fistule au Niger sont le mariage pr\u00e9coce, tr\u00e8s r\u00e9pandu dans les campagnes, la persistance des mutilations g\u00e9nitales f\u00e9minines dans certaines zones, la faible couverture du pays en mati\u00e8re de soins de sant\u00e9 de la reproduction. Seules 30 pour cent des femmes nig\u00e9riennes ont acc\u00e8s aux consultations pr\u00e9natales, 17 pour cent sont assist\u00e9es lors de l&#39;accouchement et quatre pour cent seulement ont acc\u00e8s \u00e0 la c\u00e9sarienne, en cas de difficult\u00e9s.  A ces facteurs, s&#39;ajoutent la pauvret\u00e9 et le fort taux d&#39;analphab\u00e9tisme f\u00e9minin, qui est de 91 pour cent, ajoute Maulet. D&#39;apr\u00e8s le Rapport national sur le d\u00e9veloppement humain du Programme des Nations Unies pour le d\u00e9veloppement (PNUD) au Niger en 2003, 63 pour cent des Nig\u00e9riens vivent en dessous du seuil de pauvret\u00e9 avec moins d&#39;un dollar par jour.<\/p>\n<p> Mais, gr\u00e2ce \u00e0 des actions concert\u00e9es entre l&#39;Etat nig\u00e9rien et des partenaires priv\u00e9s, les femmes fistuleuses b\u00e9n\u00e9ficient de plus en plus d&#39;une assistance soutenue, qui vise \u00e0 les sortir de leur isolement. M\u00eame celles qui vivaient cach\u00e9es avec leur infirmit\u00e9, sortent de plus en plus pour se faire soigner.<\/p>\n<p> &quot;Ces interventions permettent de d\u00e9congestionner un peu l&#39;H\u00f4pital national de Niamey o\u00f9 vit un grand nombre de femmes fistuleuses, qui attendent, pendant longtemps, avant d&#39;\u00eatre soign\u00e9es&quot;, confie \u00e0 IPS, Dr Kassoum Sanoussi, un chirurgien.<\/p>\n<p> Selon une enqu\u00eate r\u00e9alis\u00e9e par le FNUAP fin-2002 d\u00e9but-2003, 92 femmes fistuleuses ont \u00e9t\u00e9 admises dans ce centre, en 2000, et 51 ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d&#39;une intervention chirurgicale. En 2001, elles \u00e9taient 23 admises, et une dizaine en 2002.<\/p>\n<p> Entre octobre 2002 et ao\u00fbt 2004, L&#39;organisation non gouvernementale (ONG) Sant\u00e9 de la reproduction pour une maternit\u00e9 sans risque (DIMOL), bas\u00e9e \u00e0 Niamey, a assur\u00e9 la prise en charge m\u00e9dicale et sociale pour plus d&#39;une centaine de femmes fistuleuses.<\/p>\n<p> &quot;Cette intervention, a \u00e9t\u00e9 rendue possible gr\u00e2ce \u00e0 un financement d&#39;environ 42 millions de francs CFA (environ 79.245 dollars) de l&#39;ambassade du Canada (au Niger), \u00e0 travers son Fonds d&#39;appui \u00e0 la lutte contre la pauvret\u00e9 (FALP)&quot;, a indiqu\u00e9 \u00e0 IPS, Hadiza Abdou, coordinatrice du projet FALP aupr\u00e8s de l&#39;ONG DIMOL.<\/p>\n<p> &quot;Parmi les femmes gu\u00e9ries de la fistule, 97 ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9ins\u00e9r\u00e9es dans leur communaut\u00e9, avec un p\u00e9cule de 25.000 FCFA (environ 47 dollars) chacune (y compris Zeinabou). Cette somme leur est octroy\u00e9e afin qu&#39;elle puisse entreprendre une activit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ratrice de revenu&quot;, pr\u00e9cise \u00e0 IPS, Ali Amadou, charg\u00e9 de projets \u00e0 DIMOL.  &quot;J&#39;ai s\u00e9journ\u00e9 pendant cinq ans \u00e0 l&#39;h\u00f4pital de Niamey. Je n&#39;ai pu b\u00e9n\u00e9ficier du traitement que r\u00e9cemment&quot;, confie \u00e0 IPS, Bibata Salou, une fistuleuse ressortissante de Karma, un village situ\u00e9 \u00e0 environ 25 km de la capitale.<\/p>\n<p> Pour ses parents, c&#39;est un miracle que leur fille recouvre enfin sa sant\u00e9.<\/p>\n<p>&quot;Au d\u00e9but, il y avait sa s\u0153ur qui l&#39;assistait. Mais comme les soins tardaient \u00e0 venir, la s\u0153ur a finalement regagn\u00e9 le village, laissant Bibata seule \u00e0 l&#39;h\u00f4pital. Pour nous, elle ne pouvait plus recouvrer un jour sa sant\u00e9; c&#39;\u00e9tait le d\u00e9sespoir total&quot;, explique \u00e0 IPS, la m\u00e8re de Bibata.<\/p>\n<p> Plusieurs autres initiatives sont mises en \u0153uvre pour \u00e9radiquer la fistule au Niger. Un r\u00e9seau pour l&#39;\u00e9radication de la fistule, regroupant 41 structures, a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en octobre 2003. &quot;Ce r\u00e9seau, dont la pr\u00e9sidence est confi\u00e9e au minist\u00e8re de la Sant\u00e9, vise \u00e0 mettre fin \u00e0 la dispersion des \u00e9nergies constat\u00e9e sur le terrain dans le cadre des interventions&quot;, souligne Maulet.<\/p>\n<p> En dehors de ce r\u00e9seau, un appel est fait \u00e9galement \u00e0 des sp\u00e9cialistes expatri\u00e9s qui viennent op\u00e9rer des fistules au Niger p\u00e9riodiquement.  &quot;En f\u00e9vrier 2004, nous avons fait venir le professeur K\u00e8es Waaldijk, sp\u00e9cialiste de la chirurgie des fistules v\u00e9sico-vaginales, \u00e0 l&#39;h\u00f4pital de Katsina (Nigeria), qui est intervenu sur une trentaine de femmes fistuleuses, et a enseign\u00e9 sa technique \u00e0 une quarantaine de m\u00e9decins, chirurgiens, obst\u00e9triciens gyn\u00e9cologues, anesth\u00e9sistes, instrumentalistes ainsi qu&#39;aux \u00e9tudiants nig\u00e9riens et maliens&quot;, d\u00e9clare \u00e0 IPS, Amadou de DIMOL.<\/p>\n<p> &quot;Les interventions qui sont men\u00e9es pr\u00e9sentement sont vraiment salutaires pour les femmes fistuleuses&quot;, souligne \u00e0 IPS, Dr Alio Sabo, directeur adjoint du Centre national de sant\u00e9 de la reproduction, implant\u00e9 \u00e0 Niamey.<\/p>\n<p> Le FNUAP, qui apporte notamment un appui technique et financier dans la lutte contre le fl\u00e9au, envisage d&#39;envoyer une \u00e9quipe compl\u00e8te se former davantage aupr\u00e8s du sp\u00e9cialiste du Nigeria, un pays voisin du Niger. &quot;On esp\u00e8re, avec la collaboration du minist\u00e8re de la Sant\u00e9, envoyer une \u00e9quipe compl\u00e8te, compos\u00e9e d&#39;un m\u00e9decin, d&#39;un anesth\u00e9siste et de deux infirmi\u00e8res pour six semaines de formation aupr\u00e8s du professeur Waaldijk, \u00e0 Katsina&quot;, affirme Maulet.<\/p>\n<p> &quot;Comme appui financier, le FNUAP a octroy\u00e9 40.000 dollars, en 2003, au Niger, dans le cadre de la lutte pour l&#39;\u00e9radication de la fistule. Au cours de la m\u00eame ann\u00e9e, le pays a re\u00e7u un deuxi\u00e8me financement d&#39;environ 300.000 dollars sur quatre ans, \u00e0 travers le FNUAP, de la Fondation Bill Gates&quot;, ajoute-t-elle.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NIAMEY, 24 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Zeinabou Baba, une femme de 40 ans, revient de loin. Alors qu&#39;elle avait perdu tout espoir de revivre une vie normale \u00e0 cause d&#39;une fistule, elle en est gu\u00e9rie \u00e0 l&#39;H\u00f4pital national de Niamey, la&hellip; <a href=\"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/08\/24\/sante-niger-espoir-reel-pour-les-femmes-fistuleuses-de-sortir-de-lisolement-social\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":299,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,10,1,4,30],"tags":[],"class_list":["post-2236","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-droits-humains","category-headlines","category-sante","category-special-culture-religion-et-genre"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2236","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/299"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2236"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2236\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2236"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2236"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2236"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}