{"id":2119,"date":"2004-05-29T13:40:01","date_gmt":"2004-05-29T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/05\/29\/environnement-burkina-faso-la-proliferation-des-elephants-provoque-fierte-et-inquietude\/"},"modified":"2004-05-29T13:40:01","modified_gmt":"2004-05-29T13:40:01","slug":"environnement-burkina-faso-la-proliferation-des-elephants-provoque-fierte-et-inquietude","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/05\/29\/environnement-burkina-faso-la-proliferation-des-elephants-provoque-fierte-et-inquietude\/","title":{"rendered":"ENVIRONNEMENT-BURKINA FASO: La prolif\u00e9ration des \u00e9l\u00e9phants provoque fiert\u00e9 et inqui\u00e9tude"},"content":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 29 mai (IPS) &#8211; Frank Alain Kabor\u00e9, un concessionnaire priv\u00e9, reconna\u00eet que lorsqu&#39;il occupait ses zones de chasse il y a 10 ans, dans l&#39;est du Burkina Faso, il pouvait passer une journ\u00e9e sans rencontrer aucun \u00e9l\u00e9phant. Aujourd&#39;hui, il n&#39;a m\u00eame pas besoin de parcourir 100 m\u00e8tres pour en trouver.  <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p> &quot;Lorsque j&#39;appelle mon \u00e9quipe dans mon campement d&#39;Arly (\u00e0 423 kilom\u00e8tres \u00e0 l&#39;est de Ouagadougou, la capitale burkinab\u00e9), je peux entendre les \u00e9l\u00e9phants qui fouillent les poubelles ou qui coupent les fils&quot;, d\u00e9clare Kabor\u00e9 \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> &quot;Les \u00e9l\u00e9phants, qui subissaient la forte activit\u00e9 des braconniers, s&#39;\u00e9taient concentr\u00e9s dans des zones des pays voisins. Aujourd&#39;hui, sur les 90 kilom\u00e8tres de piste de mon ranch, vous pouvez voir au moins 10 fois des troupeaux d&#39;\u00e9l\u00e9phants&quot;, ajoute-t-il \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Vers la fin des ann\u00e9es 1980, les autorit\u00e9s burkinab\u00e9 ayant constat\u00e9 que l&#39;esp\u00e8ce disparaissait \u00e0 une allure inqui\u00e9tante en raison du braconnage, avaient d\u00e9clar\u00e9 les \u00e9l\u00e9phants menac\u00e9s d&#39;extinction et les consid\u00e9rait comme des esp\u00e8ces prot\u00e9g\u00e9es en faisant de l&#39;\u00e9l\u00e9phant un &quot;animal totalement prot\u00e9g\u00e9 contre la chasse&quot;. Le gouvernement a \u00e9galement adh\u00e9r\u00e9 au programme de Surveillance de l&#39;abattage ill\u00e9gal des \u00e9l\u00e9phants (MIKE) men\u00e9 par la Convention sur le commerce international des esp\u00e8ces de faune et de flore sauvages menac\u00e9es d&#39;extinction (CITES).<\/p>\n<p> Le gouvernement a concomitamment d\u00e9cid\u00e9 d&#39;accorder des zones de chasse \u00e0 des concessionnaires et \u00e0 des chasseurs professionnels afin de mieux les sensibiliser et les impliquer dans la protection des esp\u00e8ces menac\u00e9es d&#39;extinction, et permettre \u00e0 d&#39;autres investisseurs de cr\u00e9er des conditions favorables \u00e0 la conservation et au d\u00e9veloppement de la faune.<\/p>\n<p> &quot;Nous avons r\u00e9ussi \u00e0 cr\u00e9er les conditions appropri\u00e9es pour la reproduction des \u00e9l\u00e9phants, leur retour et leur installation&quot;, explique \u00e0 IPS, Lassane Sawadogo, directeur de la faune et de la chasse au minist\u00e8re de l&#39;Environnement.   &quot;La reproduction est mont\u00e9e en fl\u00e8che, ce ne sont donc plus les m\u00eames individus qui sont \u00e0 la base de la prolif\u00e9ration des \u00e9l\u00e9phants aujourd&#39;hui&quot;, admet Sawadogo qui d\u00e9clare &quot;s&#39;inqui\u00e9ter&quot; pour une si forte concentration d&#39;\u00e9l\u00e9phants pour un pays sah\u00e9lien comme le Burkina.<\/p>\n<p> Une r\u00e9cente \u00e9tude men\u00e9e par le gouvernement, avec l&#39;appui du programme MIKE, a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 la pr\u00e9sence de plus de 4.500 t\u00eates d&#39;\u00e9l\u00e9phants sur une superficie de 31.231 kilom\u00e8tres carr\u00e9s dans l&#39;est du pays. Les estimations \u00e0 l&#39;ouest &#8211; o\u00f9 une \u00e9tude d\u00e9marrera bient\u00f4t &#8211; font \u00e9tat de plus de 400 \u00e9l\u00e9phants qui y vivent. Leur forte concentration des \u00e9l\u00e9phants dans une zone est due \u00e0 la migration des \u00e9l\u00e9phants venant du Ghana et des fronti\u00e8res b\u00e9ninoises et nig\u00e9riennes.  Ils \u00e9taient estim\u00e9s \u00e0 350 \u00e9l\u00e9phants sur le territoire national quand le gouvernement tirait la sonnette d&#39;alarme \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1980, selon le minist\u00e8re de l&#39;Environnement. Leur forte concentration inqui\u00e8te parce qu&#39;ils vivent dans les zones fertiles o\u00f9 l&#39;on cultive le plus.<\/p>\n<p> Pour le moment, le gouvernement n&#39;a pas de politique claire concernant les \u00e9l\u00e9phants. Dans le pass\u00e9, il pr\u00e9voyait, chaque ann\u00e9e, un cr\u00e9dit de 30 millions de francs CFA (environ 55.555 dollars US) pour d\u00e9dommager les populations qui subissaient des d\u00e9g\u00e2ts provoqu\u00e9s par des \u00e9l\u00e9phants..<\/p>\n<p> En outre, la construction d&#39;infrastructures comme des \u00e9coles, des dispensaires ou des forages pour les populations riveraines des zones de chasse ou giboyeuses &#8211; par les concessionnaires &#8211; a permis de les sensibiliser davantage sur la n\u00e9cessit\u00e9 de prot\u00e9ger ces esp\u00e8ces animales.  En plus, les populations re\u00e7oivent les trois quarts de chaque animal tu\u00e9 lors de la chasse des animaux ouverts \u00e0 la chasse, 7.500 FCFA (environ 14 dollars US) par jour par chasseur visitant leur zone. Les habitants de la zone re\u00e7oivent \u00e9galement pr\u00e8s de cinq millions de FCFA (environ 9.259 dollars) par an et par concessionnaire, selon le minist\u00e8re de l&#39;Environnement. Ces sommes sont des taxes et elles sont remises aux associations villageoises qui les g\u00e8rent.<\/p>\n<p> Le tourisme de vision des \u00e9l\u00e9phants et la chasse procure aux populations au minimum 23 millions de FCFA (environ 42.593 dollars US) par an. Selon le gouvernement, plus de 500 emplois permanents et 1.200 emplois temporaires ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es par le biais du tourisme dans les zones de chasse o\u00f9 plusieurs animaux, menac\u00e9s d&#39;extinction dans le pass\u00e9, vivent en nombre important comme les hippopotames et les outardes.   Par ailleurs, la cr\u00e9ation de sites d&#39;eau comme des puits et l&#39;entretien des mares pour les \u00e9l\u00e9phants ainsi que le d\u00e9veloppement des fourrages ont contribu\u00e9 \u00e0 am\u00e9liorer le cadre de vie des pachydermes.<\/p>\n<p> La politique faunique du Burkina permet au pays de recevoir chaque ann\u00e9e 600 chasseurs et touristes de vision \u00e9trangers. &quot;Nous sommes fiers de pr\u00e9senter ces \u00e9l\u00e9phants aux touristes qui viennent du monde entier les voir. C&#39;est une marque de r\u00e9ussite pour nous et de puissance pour les populations qui ont accept\u00e9 de les conserver en vivant avec eux&quot;, explique \u00e0 IPS, Kabor\u00e9. Les braconniers dans les villages sont utilis\u00e9s comme des guides et sont \u00e9galement associ\u00e9s \u00e0 certains concessionnaires avec qui ils travaillent.  Selon Karim Y\u00e9, guide de chasse et cultivateur \u00e0 Boromo dans l&#39;ouest du Burkina, le nombre \u00e9lev\u00e9 d&#39;\u00e9l\u00e9phants commence \u00e0 devenir un probl\u00e8me s\u00e9rieux, mais il n&#39;est pas question de baisser les bras car toute action n\u00e9faste pourrait remettre en cause les acquis.  &quot;Les \u00e9l\u00e9phants font beaucoup de d\u00e9g\u00e2ts, surtout dans les plantations de ma\u00efs, mil, coton. Apr\u00e8s leur passage dans les vergers, ils cassent tout. On dirait que les arbres ont \u00e9t\u00e9 taill\u00e9s par les hommes&quot;, souligne Y\u00e9 \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Cependant, Y\u00e9 ne se f\u00e2che pas contre les \u00e9l\u00e9phants. &quot;Nous avons contribu\u00e9 \u00e0 leur sauvegarde au moment o\u00f9 ils \u00e9taient menac\u00e9s. Voil\u00e0 pourquoi le nombre est devenu important aujourd&#39;hui. Mais cela ne constitue pas un probl\u00e8me, il suffit que les hommes arr\u00eatent d&#39;envahir les habitats des \u00e9l\u00e9phants&quot;, poursuit-il. En somme, les chasseurs et les braconniers doivent cesser d&#39;agresser ces animaux jusque dans leur r\u00e9serve naturelle.  Il y a deux ans, les concessionnaires ont demand\u00e9 au minist\u00e8re de l&#39;Environnement et du Cadre de Vie l&#39;autorisation d&#39;abattre un \u00e0 deux \u00e9l\u00e9phants par an dans leur zone de chasse en fonction du nombre existant afin qu&#39;ils gagnent un peu d&#39;argent pour \u00e9ponger leurs investissements.<\/p>\n<p>&quot;Le gouvernement doit trouver des voies et moyens pour nous d\u00e9dommager, nous qui avons contribu\u00e9 \u00e0 conserver ces \u00e9l\u00e9phants&quot;, affirme Kabor\u00e9.<\/p>\n<p> Selon Kabor\u00e9, l&#39;\u00e9ternel probl\u00e8me de l&#39;\u00e9l\u00e9phant reste l&#39;eau qu&#39;il consomme beaucoup, mais dont il d\u00e9truit \u00e9galement le site en y apportant beaucoup de boue. Si pour les autres animaux, un point d&#39;eau peut durer cinq a six ans, pour l&#39;\u00e9l\u00e9phant, il faut curer chaque ann\u00e9e les mares et autres sites d&#39;eau. &quot;C&#39;est une fortune ce que cela repr\u00e9sente&quot;, explique Kabor\u00e9.  Le remplissage d&#39;une mare prend deux semaines de pompage avec du mat\u00e9riel qui vient de Ouagadougou, la capitale. L&#39;autre activit\u00e9 on\u00e9reuse concerne la r\u00e9fection des pistes dans les zones de chasse. Les \u00e9l\u00e9phants, qui passent et repassent sur les m\u00eames pistes, y laissent parfois des trous de 10 a 20 centim\u00e8tres qui deviennent dangereux pendant la saison pluvieuse.<\/p>\n<p> En dehors des travaux d&#39;am\u00e9nagement dans les concessions, les propri\u00e9taires payent au moins 10 millions de FCFA (environ 18.519 dollars US) chaque ann\u00e9e \u00e0 l&#39;Etat burkinab\u00e9.<\/p>\n<p> La seule satisfaction de Kabor\u00e9 r\u00e9side, selon lui, dans la r\u00e9cente d\u00e9cision du gouvernement d&#39;autoriser des pr\u00e9l\u00e8vements chez les hippopotames dont la prolif\u00e9ration constitue aujourd&#39;hui la cause de nombreuses plaintes des producteurs et p\u00eacheurs dans l&#39;ouest et l&#39;est du Burkina Faso. Selon le minist\u00e8re de l&#39;Environnement, le Burkina compte aujourd&#39;hui environ 700 hippopotames, contre moins de 100 vers la fin des ann\u00e9es 1990.<\/p>\n<p> Le gouvernement ne fait rien pour le moment pour un dialogue quelconque avec les concessionnaires. Il est li\u00e9 par des accords internationaux qui prot\u00e8gent ces animaux. La seule chose que le gouvernement a pu faire, c&#39;est d&#39;autoriser l&#39;abattage de quelques hippopotames dont le nombre n&#39;est pas fix\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 29 mai (IPS) &#8211; Frank Alain Kabor\u00e9, un concessionnaire priv\u00e9, reconna\u00eet que lorsqu&#39;il occupait ses zones de chasse il y a 10 ans, dans l&#39;est du Burkina Faso, il pouvait passer une journ\u00e9e sans rencontrer aucun \u00e9l\u00e9phant. Aujourd&#39;hui, il&hellip; <a href=\"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/05\/29\/environnement-burkina-faso-la-proliferation-des-elephants-provoque-fierte-et-inquietude\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,12,1],"tags":[],"class_list":["post-2119","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-environnement","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2119","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2119"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2119\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2119"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2119"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2119"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}