{"id":2111,"date":"2004-05-22T13:40:01","date_gmt":"2004-05-22T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/05\/22\/refugies-guinee-des-victimes-de-la-guerre-au-liberia-tentent-de-retrouverlespoir\/"},"modified":"2004-05-22T13:40:01","modified_gmt":"2004-05-22T13:40:01","slug":"refugies-guinee-des-victimes-de-la-guerre-au-liberia-tentent-de-retrouverlespoir","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/05\/22\/refugies-guinee-des-victimes-de-la-guerre-au-liberia-tentent-de-retrouverlespoir\/","title":{"rendered":"REFUGIES-GUINEE: Des victimes de la guerre au Liberia tentent de retrouverl&#39;espoir"},"content":{"rendered":"<p>CONAKRY, 22 mai (IPS) &#8211; Sous une tente de fortune au camp des r\u00e9fugi\u00e9s de Lain\u00e9, \u00e0 Lola, dans le sud de la Guin\u00e9e, \u00e0 plus de 1.000 kilom\u00e8tres de Conakry, la capitale, Charlesetta Kollie, une r\u00e9fugi\u00e9e lib\u00e9rienne d&#39;un peu plus de 30 ans, s&#39;att\u00e8le \u00e0 initier de nouvelles apprenties \u00e0 la couture.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Les neuf apprenties ou \u00e9l\u00e8ves couturi\u00e8res de Kollie utilisent ensemble quatre machines \u00e0 coudre pour confectionner des habits de femmes (camisoles, pagnes et robes) \u00e0 base de tissus, que l&#39;on porte partout ici dans la sous-r\u00e9gion. C&#39;est une couture ordinaire et les \u00e9l\u00e8ves raccommodent parfois des habits d\u00e9chir\u00e9s. Ces \u00e9l\u00e8ves vivent dans le camp de r\u00e9fugi\u00e9s et profitent de ce temps pour apprendre le m\u00e9tier de couturi\u00e8re qu&#39;elles exerceront, plus tard, dans leur pays.<\/p>\n<p> Kollie, Yassah Sakie et Namini Tinna sont trois femmes r\u00e9fugi\u00e9es lib\u00e9riennes admises au programme &#39;Gender Based Violence&#39; (GBV), au camp de Lain\u00e9, en Guin\u00e9e foresti\u00e8re. Elles tentent de retrouver l&#39;espoir malgr\u00e9 l&#39;instabilit\u00e9 li\u00e9e \u00e0 la longue guerre civile dans leur pays et les difficult\u00e9s inh\u00e9rentes \u00e0 leur statut actuel de r\u00e9fugi\u00e9es.<\/p>\n<p> La vie dor\u00e9e de Kollie au Liberia, o\u00f9 elle g\u00e9rait un centre de formation, lui semble bien lointaine et ses conditions de vie actuelles laissent entrevoir une pointe de nostalgie.<\/p>\n<p> &quot;Alors que j&#39;avais tout pour \u00eatre heureuse, j&#39;ai quitt\u00e9 le Liberia apr\u00e8s les \u00e9lections de 1997 qui ont vu l&#39;arriv\u00e9e au pouvoir de Charles Taylor. Je me suis d&#39;abord r\u00e9fugi\u00e9e \u00e0 Gbinta en C\u00f4te d&#39;Ivoire, avant que la guerre dans ce pays ne m&#39;am\u00e8ne ici&quot;, raconte-t-elle \u00e0 IPS. Elle a quitt\u00e9 le Liberia lorsque les rebelles avaient attaqu\u00e9 Monrovia, la capitale.<\/p>\n<p> &quot;Un de mes trois enfants est mort de maladie durant le trajet. Je n&#39;ai plus une seule nouvelle de mes proches \u00e0 part mon mari et mes enfants qui sont ici \u00e0 Lain\u00e9 avec moi&quot;, indique Kollie, ajoutant : &quot;J&#39;ai eu la chance d&#39;\u00eatre recrut\u00e9e comme monitrice de couture et je m&#39;occupe d\u00e9sormais de la formation des autres pensionnaires du programme Gender Based Violence&quot;.<\/p>\n<p> Compar\u00e9e \u00e0 celle de Kollie, la vie de Yassah Sakie, 30 ans environ, qui affirme avoir \u00e9t\u00e9 captur\u00e9e et viol\u00e9e par un soldat de l&#39;arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re du Liberia, est un v\u00e9ritable calvaire.<\/p>\n<p> &quot;Ils m&#39;ont captur\u00e9e parce qu&#39;un des soldats a dit que j&#39;\u00e9tais la femme d&#39;un Krahn (l&#39;ethnie de Samuel Doe, l&#39;ancien pr\u00e9sident du Liberia, ex\u00e9cut\u00e9 par le rebelle Prince Johnson le 9 septembre 1990). J&#39;ai \u00e9t\u00e9 ensuite viol\u00e9e et abandonn\u00e9e dans la brousse. C&#39;est un \u00e9pisode qui m&#39;a beaucoup marqu\u00e9e.<\/p>\n<p>Ici, j&#39;ai retrouv\u00e9 la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 pour entamer une nouvelle vie&quot;, d\u00e9clare Sakie \u00e0 IPS, affirmant qu&#39;elle a \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e par des soldats gouvernementaux de Taylor.<\/p>\n<p> &quot;Je n&#39;avais plus d&#39;espoir, mais aujourd&#39;hui, je voudrais r\u00e9ellement apprendre quelque chose pour subvenir \u00e0 mes besoins ainsi qu&#39;\u00e0 ceux de mes trois enfants. Ils n&#39;ont parfois ni nourriture, ni habits, ni chaussures&#8230;&quot;, explique Sakie qui apprend la couture dans l&#39;atelier de Kollie.<\/p>\n<p> Le programme GBV vise essentiellement \u00e0 panser les blessures psychologiques de la guerre, en apprenant un m\u00e9tier, au passage, aux r\u00e9fugi\u00e9s. Le budget du programme d\u00e9passe 50.000 dollars, essentiellement financ\u00e9 par le Fonds des Nations Unies pour l&#39;enfance (UNICEF).  La troisi\u00e8me b\u00e9n\u00e9ficiaire du programme GBV, Namini Tinna, 19 ans, avec un enfant dans les bras, voudrait poursuivre des \u00e9tudes classiques. &quot;Je fais la couture, mais j&#39;aimerais \u00eatre une femme instruite et ind\u00e9pendante. Mon v\u0153u le plus cher est de r\u00e9ussir dans la vie et retrouver mes parents que j&#39;ai perdus de vue depuis 1998&quot;, d\u00e9clare cette jeune fille \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Dans le camp de Lain\u00e9 o\u00f9 les trois Lib\u00e9riennes ont \u00e9t\u00e9 accueillies, les traumatismes de la guerre ressurgissent tr\u00e8s souvent, notamment chez les femmes.<\/p>\n<p> Selon Fatoumata Diariou Tounkara, charg\u00e9e de communication au Haut commissariat des Nations Unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s (HCR) en Guin\u00e9e, les incidents dans le camp de Lain\u00e9 vont des violences conjugales aux viols.<\/p>\n<p> &quot;Entre janvier et mars 2004, nous avons enregistr\u00e9 \u00e0 Lain\u00e9 391 cas de violences faites aux femmes dont 18 abus sexuels, quatre viols et 95 cas de violences conjugales&quot;, confie-t-elle \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> &quot;Nous assurons un suivi psychologique, m\u00e9dical et juridique aux victimes de violences. Dans les cas de viols, nous assurons un traitement m\u00e9dical pour pr\u00e9venir des grossesses non d\u00e9sir\u00e9es et pour agir contre le VIH\/SIDA&quot;, explique \u00e0 IPS, Marie-Aim\u00e9e Marita, monitrice au programme GBV.  &quot;Nous portons plainte contre les auteurs de viols et parfois, nous r\u00e9ussissons \u00e0 les faire condamner&quot;, ajoute-t-elle. Des plaintes ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9es pour les 18 cas de viols. Les r\u00e9fugi\u00e9s reconnus coupables de viols purgent leur peine en Guin\u00e9e. Ceux qui sont condamn\u00e9s sont en prison, confirme Marita \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Le programme GBV est initi\u00e9 par l&#39;organisation non gouvernementale (ONG) am\u00e9ricaine &#39;International Rescue Committee&#39; (IRC), avec l&#39;appui de l&#39;UNICEF. En g\u00e9n\u00e9ral, IRC s&#39;occupe des personnes r\u00e9fugi\u00e9es en difficult\u00e9, y compris les enfants. Le programme a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 en Guin\u00e9e au cours des ann\u00e9es 90 pour porter secours aux r\u00e9fugi\u00e9s psychologiquement traumatis\u00e9s par la guerre.  Au camp de Lain\u00e9, par exemple, certains r\u00e9fugi\u00e9s avaient m\u00eame perdu l&#39;usage de la voix \u00e0 cause des chocs psychologiques qu&#39;ils ont subis. D&#39;autres parlent tr\u00e8s difficilement de leur pass\u00e9. GBV est l&#39;un des programmes de l&#39;IRC, fond\u00e9 en 1933, en r\u00e9ponse aux interrogations du physicien Albert Einstein qui \u00e9tait choqu\u00e9 par les pratiques de l&#39;Allemagne nazie.  L&#39;UNICEF compte sur la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de ses bailleurs de fonds et autres contributeurs pour mobiliser environ 62.000 dollars US (124 millions de francs guin\u00e9ens) afin de diversifier le volet formation professionnelle et la mise en place d&#39;activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus pour les femmes. Les 62.000 dollars seront remis \u00e0 l&#39;IRC qui va les utiliser pour le programme GBV.<\/p>\n<p> En 2003, la contribution de l&#39;UNICEF a \u00e9t\u00e9 de 16.000 dollars US pour des formations juridiques \u00e0 Kissidougou, N&#39;Z\u00e9r\u00e9kor\u00e9, Conakry et Dabola, \u00e0 430 km de la capitale guin\u00e9enne. Il s&#39;agit de programme d&#39;initiation et de sensibilisation pour permettre aux r\u00e9fugi\u00e9s de conna\u00eetre leurs droits \u00e0 l&#39;int\u00e9rieur des camps d&#39;accueil et en dehors.<\/p>\n<p> Pour sa part, Kollie esp\u00e8re toujours aller de l&#39;avant. &quot;Je voudrais continuer la m\u00eame chose au Liberia d\u00e8s que la situation le permettra. Il faut une continuit\u00e9 pour le programme GBV&quot;, souhaite-t-elle.<\/p>\n<p> Comme pour r\u00e9pondre au v\u0153u de Kollie, le Haut commissaire aux r\u00e9fugi\u00e9s, Ruud Lubbers, a effectu\u00e9 un voyage en Guin\u00e9e du 29 avril au 1er mai pour annoncer le d\u00e9part tr\u00e8s prochain des r\u00e9fugi\u00e9s lib\u00e9riens.<\/p>\n<p> Actuellement, sur un total d&#39;environ 80.000 individus, le camp de Lain\u00e9, en Guin\u00e9e, accueille \u00e0 lui seul plus de 32.000 Lib\u00e9riens. Au plus fort moment de la guerre au Liberia et en Sierra Leone, le HCR avait enregistr\u00e9 plus de 600.000 r\u00e9fugi\u00e9s dans ce pays d&#39;Afrique de l&#39;ouest.<\/p>\n<p> &quot;Nous avons d\u00e9j\u00e0 r\u00e9ussi \u00e0 rapatrier plus de 80 pour cent des Sierra L\u00e9onais. Les r\u00e9fugi\u00e9s lib\u00e9riens doivent commencer \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 leur retour dans leur pays d&#39;origine&quot;, avait d\u00e9clar\u00e9 Lubbers \u00e0 IPS.  Un autre camp de r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 Kouankan (Macenta, \u00e0 801 km de Conakry) accueillait des Lib\u00e9riens en transit aux plus forts moments de la guerre.<\/p>\n<p>Tous les r\u00e9fugi\u00e9s lib\u00e9riens sont actuellement soit au camp de Lain\u00e9, soit dans des villes et villages guin\u00e9ens. Et ils ne d\u00e9sirent qu&#39;une seule chose : le retour de la paix au Liberia pour qu&#39;ils puissent rentrer tranquillement chez eux.<\/p>\n<p> &quot;Il nous faut pr\u00e9parer le terrain au Liberia et cela n\u00e9cessitera un peu de temps. Cela veut dire que les op\u00e9rations de rapatriement ne pourront pas d\u00e9marrer avant janvier 2005&quot;, a ajout\u00e9 Lubbers.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>CONAKRY, 22 mai (IPS) &#8211; Sous une tente de fortune au camp des r\u00e9fugi\u00e9s de Lain\u00e9, \u00e0 Lola, dans le sud de la Guin\u00e9e, \u00e0 plus de 1.000 kilom\u00e8tres de Conakry, la capitale, Charlesetta Kollie, une r\u00e9fugi\u00e9e lib\u00e9rienne d&#39;un peu&hellip; <a href=\"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/05\/22\/refugies-guinee-des-victimes-de-la-guerre-au-liberia-tentent-de-retrouverlespoir\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":25,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,1,3,30],"tags":[],"class_list":["post-2111","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-headlines","category-population-refugies","category-special-culture-religion-et-genre"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2111","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/25"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2111"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2111\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2111"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2111"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2111"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}