{"id":2087,"date":"2004-04-28T13:40:01","date_gmt":"2004-04-28T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/04\/28\/droits-zimbabwe-rendre-la-loi-moins-ridicule\/"},"modified":"2004-04-28T13:40:01","modified_gmt":"2004-04-28T13:40:01","slug":"droits-zimbabwe-rendre-la-loi-moins-ridicule","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/04\/28\/droits-zimbabwe-rendre-la-loi-moins-ridicule\/","title":{"rendered":"DROITS-ZIMBABWE: Rendre la loi moins ridicule"},"content":{"rendered":"<p>BULAWAYO, 28 avr (IPS) &#8211; Comme l&#39;ont d\u00e9couvert des milliers de femmes zimbabw\u00e9ennes, la loi est un instrument mal taill\u00e9 lorsqu&#39;il s&#39;agit des conflits conjugaux qui menacent la sant\u00e9 et le bien-\u00eatre.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Un appel de d\u00e9tresse d&#39;une famille qui se chamaille n&#39;a aucune garantie de susciter une r\u00e9action de la police, qui ne peut rien faire tant qu&#39;il n&#39;y a pas de signes de violence physique. Des proc\u00e8s verbaux suivent normalement lorsqu&#39;une agression a \u00e9t\u00e9 commise.<\/p>\n<p> Actuellement, une nouvelle loi a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9e pour \u00e9largir le champ d&#39;activit\u00e9s pour lesquelles des membres de la famille commettant des abus peuvent \u00eatre appel\u00e9s \u00e0 rendre des comptes. Le projet de &#39;Loi sur la pr\u00e9vention de la violence domestique&#39; devrait \u00eatre d\u00e9battu pendant la session parlementaire en cours, et pourrait \u00eatre vot\u00e9 avant la fin de l&#39;ann\u00e9e.<\/p>\n<p> Le projet de loi ne d\u00e9finit pas seulement la violence domestique en termes de pr\u00e9judice physique ou sexuel; il prend \u00e9galement en compte l&#39;intimidation, le harc\u00e8lement et la traque, ainsi que l&#39;abus pouvant provenir des pratiques traditionnelles qui d\u00e9gradent les femmes. Au nombre de celles-ci, figurent le test de virginit\u00e9, la mutilation g\u00e9nitale de la femme, et les mariages forc\u00e9s.<\/p>\n<p> En outre, le projet de loi proscrit &#39;l&#39;abus \u00e9conomique&#39;, comme le fait de refuser \u00e0 quelqu&#39;un le droit de trouver un emploi, et la vente exag\u00e9r\u00e9e des effets du m\u00e9nage ou autre bien dans lequel le plaignant a un int\u00e9r\u00eat. Il interdit \u00e9galement des actions visant \u00e0 priver un membre de la famille des ressources \u00e9conomiques dont a besoin cette personne, comme des fonds pour couvrir les d\u00e9penses m\u00e9dicales et les frais de scolarit\u00e9.<\/p>\n<p> Teresa Mugadza, une consultante au Projet Musasa qui h\u00e9berge et conseille des femmes viol\u00e9es (et qui a \u00e9t\u00e9 l&#39;un des moteurs dans les efforts pour r\u00e9duire la violence conjugale), indique qu&#39;une \u00e9tude conduite par le projet en 2000 a montr\u00e9 que cet abus \u00e9tait l&#39;une des premi\u00e8res causes de d\u00e9c\u00e8s pour les femmes zimbabw\u00e9ennes \u00e2g\u00e9es de 15 \u00e0 40 ans. Ceci est l&#39;\u00e9tude la plus r\u00e9cente du genre, conduite par le refuge.<\/p>\n<p> Les conclusions de 2000 ont confirm\u00e9 la recherche faite par Musasa en 1996, qui montrait qu&#39;une femme sur quatre avait, dans une certaine mesure, subi un pr\u00e9judice physique. Un nombre similaire avait \u00e9t\u00e9 contraint d&#39;avoir des rapports sexuels avec leurs partenaires, alors qu&#39;une femme sur six a \u00e9t\u00e9 emp\u00each\u00e9e d&#39;obtenir un emploi ou d&#39;aller travailler.<\/p>\n<p> &quot;Les effets de la violence domestique peuvent \u00eatre plut\u00f4t d\u00e9vastateurs, en particulier en ces temps de VIH\/SIDA&quot;, a indiqu\u00e9, \u00e0 IPS, Mugadza, dans un entretien t\u00e9l\u00e9phonique depuis la capitale du Zimbabwe, Harare, ajoutant : &quot;Un nombre croissant de femmes incarc\u00e9r\u00e9es pour meurtre ou reconnues coupables d&#39;homicide sur leurs partenaires \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 connues pour avoir souffert de violence conjugale&quot;.<\/p>\n<p> Le fait que la l\u00e9gislation traitant de ces questions soit actuellement d\u00e9battue a \u00e9t\u00e9 bien accueilli. N\u00e9anmoins, certains activistes sont toujours frustr\u00e9s par le fait qu&#39;on ait attendu aussi longtemps pour s&#39;attaquer \u00e0 la question de la violence domestique d&#39;une mani\u00e8re constructive.<\/p>\n<p> L&#39;avocat Nomsa Ncube, qui \u00e9tait impliqu\u00e9 dans la campagne contre l&#39;abus depuis ses d\u00e9buts dans les ann\u00e9es 1990, croit que le processus a dur\u00e9 parce que &quot;ce n&#39;\u00e9tait peut-\u00eatre pas une priorit\u00e9&quot;.<\/p>\n<p> Bien qu&#39;elle soit r\u00e9pandue, la violence domestique reste quelque chose dont beaucoup auraient pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 ne pas d\u00e9battre. &quot;La plupart des gens veulent pr\u00e9tendre qu&#39;elle n&#39;existe pas&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 Ncube, au cours d&#39;un entretien dans la ville m\u00e9ridionale de Bulawayo.<\/p>\n<p> Mugadza croit que le probl\u00e8me provient du fait que la police et les travailleurs sociaux manquent souvent d&#39;aptitudes pour traiter du m\u00e9lange particulier de facteurs personnels, \u00e9motionnels et \u00e9conomiques qui entrent en jeu avec la maltraitance domestique.<\/p>\n<p> &quot;La violence familiale est complexe en ce qu&#39;elle survient dans des relations intimes, et les policiers, les tribunaux, les communaut\u00e9s, les \u00e9glises ainsi que les h\u00f4pitaux n&#39;ont souvent pas r\u00e9ussi \u00e0 la traiter convenablement par manque d&#39;un cadre indiquant comment l&#39;aborder&quot;.<\/p>\n<p> Le fait que le Zimbabwe soit une soci\u00e9t\u00e9 domin\u00e9e par les hommes a \u00e9galement conduit \u00e0 une situation o\u00f9 la violence contre les femmes n&#39;est pas vraiment per\u00e7ue comme un crime, ajoute Mugadza.<\/p>\n<p> La proposition de loi permet \u00e0 la police d&#39;arr\u00eater quelqu&#39;un qui est sur le point de commettre un acte de violence familiale. Elle contraint \u00e9galement les autorit\u00e9s \u00e0 obtenir un abri pour le plaignant &#8211; ou \u00e0 les conseiller sur l&#39;endroit o\u00f9 cela peut \u00eatre trouv\u00e9 &#8211; et elle pr\u00e9voit des r\u00e8gles de protection et des conseillers en mati\u00e8re de violence domestique.<\/p>\n<p> Des p\u00e9nalit\u00e9s pour un acte de violence domestique ont \u00e9t\u00e9 fix\u00e9es \u00e0 une amende ou \u00e0 cinq ans d&#39;emprisonnement, ou les deux.<\/p>\n<p> &quot;Nous aurions voulu avoir plus de sentences dissuasives, mais celles-ci devraient faire l&#39;affaire&quot;, estime Mugadza.<\/p>\n<p> Mais, reste \u00e0 voir si une l\u00e9gislation plus stricte assurera une vie familiale plus harmonieuse au Zimbabwe. Sheba Dube, assistante sociale, affirme qu&#39;\u00e0 cause de la pauvret\u00e9 croissante dans le pays&quot;, les femmes sont plus d\u00e9favoris\u00e9es qu&#39;avant&quot;.<\/p>\n<p> Gia Christophides qui dirige &#39;Childline Zimbabwe&#39;, une agence de protection de l&#39;enfant, a le sentiment que la proposition de loi ne servira pas \u00e0 grand-chose sauf si elle comble l&#39;insuffisance cr\u00e9\u00e9e lorsqu&#39;un auteur (de violence conjugale) obtient la libert\u00e9 sous caution.<\/p>\n<p> &quot;Nous avons assign\u00e9 plusieurs personnes seulement pour \u00eatre frustr\u00e9s lorsque l&#39;auteur pr\u00e9sum\u00e9 obtient la libert\u00e9 sous caution et rentre \u00e0 la maison pour continuer \u00e0 maltraiter un enfant&quot;, a dit, \u00e0 IPS, Christophides depuis Harare. &quot;Les poursuites sont abandonn\u00e9es parce que l&#39;enfant a \u00e9t\u00e9 intimid\u00e9&quot;.<\/p>\n<p> Le nouveau projet de loi marque une tentative du gouvernement zimbabw\u00e9en d&#39;honorer ses engagements internationaux pour mettre fin \u00e0 la violence \u00e0 l&#39;encontre des femmes, comme le dispose la Convention des Nations Unies sur l&#39;\u00e9limination de toutes les formes de discrimination \u00e0 l&#39;\u00e9gard des femmes (CEDAW) &#8211; qui a \u00e9t\u00e9 ratifi\u00e9e par Harare il y a plus d&#39;une d\u00e9cennie.<\/p>\n<p> Pr\u00e8s de 180 Etats ont sign\u00e9 la CEDAW, qui a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e par l&#39;Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de l&#39;ONU en 1979 &#8211; et qui met l&#39;accent sur la n\u00e9cessit\u00e9 de mettre en place des r\u00e9formes juridiques pour assurer que les hommes et les femmes re\u00e7oivent un traitement \u00e9gal conform\u00e9ment \u00e0 la loi.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BULAWAYO, 28 avr (IPS) &#8211; Comme l&#39;ont d\u00e9couvert des milliers de femmes zimbabw\u00e9ennes, la loi est un instrument mal taill\u00e9 lorsqu&#39;il s&#39;agit des conflits conjugaux qui menacent la sant\u00e9 et le bien-\u00eatre.<\/p>\n","protected":false},"author":270,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,10,1],"tags":[],"class_list":["post-2087","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-droits-humains","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2087","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/270"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2087"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2087\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2087"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2087"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2087"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}