{"id":1994,"date":"2004-02-25T13:40:01","date_gmt":"2004-02-25T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/02\/25\/sante-rwanda-le-vih-sida-fait-plus-de-ravages-sur-les-collines-que-dans-les-villes\/"},"modified":"2004-02-25T13:40:01","modified_gmt":"2004-02-25T13:40:01","slug":"sante-rwanda-le-vih-sida-fait-plus-de-ravages-sur-les-collines-que-dans-les-villes","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/02\/25\/sante-rwanda-le-vih-sida-fait-plus-de-ravages-sur-les-collines-que-dans-les-villes\/","title":{"rendered":"SANTE-RWANDA: Le VIH\/SIDA fait plus de ravages sur les collines que dans les villes"},"content":{"rendered":"<p>KIGALI, 24 f\u00e9v (IPS) &#8211; Longtemps consid\u00e9r\u00e9 au Rwanda comme la &quot;maladie des gens de villes&quot;, le VIH\/SIDA se r\u00e9pand dangereusement, depuis quelques ann\u00e9es, dans les milieux ruraux du pays.   <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>A l&#39;origine de l&#39;expansion du VIH\/SIDA, se trouvent le g\u00e9nocide de 1994 et ses cons\u00e9quences, mais \u00e9galement certains comportements sexuels coutumiers.<\/p>\n<p> Le Rwanda, avec 8,12 millions d&#39;habitants, est l&#39;un des pays africains les plus frapp\u00e9s par la pand\u00e9mie. Officiellement, le taux de pr\u00e9valence y est de 11 pour cent, tandis que plus de 500.000 personnes vivent avec le VIH.  La progression du VIH\/SIDA est li\u00e9e au g\u00e9nocide d&#39;avril \u00e0 juillet 1994, au cours duquel le viol des femmes a \u00e9t\u00e9 une des principales armes des assaillants, au m\u00eame titre que la machette. &quot;Ce sont pratiquement toutes les femmes tutsi de 15 \u00e0 70 ans qui ont \u00e9t\u00e9 viol\u00e9es durant le g\u00e9nocide&quot;, affirme Henriette Niwemutoni, membre de l&#39;Association des veuves du g\u00e9nocide (AVEGA AGAHOZO).  Mais, il y a la guerre qui a \u00e9galement s\u00e9vi dans la r\u00e9gion de 1994 \u00e0 1996.<\/p>\n<p>Durant les nombreux d\u00e9placements des populations, provoqu\u00e9s par le conflit, les femmes \u00e9taient toujours les proies aussi bien des combattants que des hommes en fuite comme elles.<\/p>\n<p> Dans les nombreux camps de d\u00e9plac\u00e9s \u00e0 l&#39;int\u00e9rieur et de r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 l&#39;ext\u00e9rieur du Rwanda, la promiscuit\u00e9 et l&#39;inactivit\u00e9 obligeaient presque tout le monde \u00e0 mener une activit\u00e9 sexuelle d\u00e9brid\u00e9e.  Alors qu&#39;elle \u00e9tait presque cantonn\u00e9e dans les milieux urbains, la pand\u00e9mie gagne de plus en plus, depuis 1996, le monde rural rwandais o\u00f9 vit 90 pour cent de la population. Avant le g\u00e9nocide, 2,2 pour cent seulement des ruraux \u00e9taient s\u00e9ropositifs, contre 27 pour cent des citadins. Ils sont rapidement pass\u00e9s \u00e0 7 pour cent en 1996 et \u00e0 plus de 10 pour cent actuellement alors que dans les villes, la tendance est \u00e0 la stabilit\u00e9, voire \u00e0 la baisse.  Une \u00e9tude comparative r\u00e9alis\u00e9e en 2000 par la facult\u00e9 de m\u00e9decine de l&#39;Universit\u00e9 nationale du Rwanda indique que de 1996 \u00e0 1999, le taux de pr\u00e9valence a chut\u00e9 de 32,2 \u00e0 17,7 pour cent \u00e0 Biryogo, un des quartiers populaires de Kigali, la capitale. Mais durant la m\u00eame p\u00e9riode \u00e0 Nyagatare, chef lieu semi-rural de l&#39;Umutara, dans la province du nord-est habit\u00e9e en majorit\u00e9 par des paysans pasteurs, ce taux est pass\u00e9 de 5,6 \u00e0 19 pour cent.  Toutes les provinces du pays ne sont pas frapp\u00e9es de la m\u00eame fa\u00e7on. Si le taux de pr\u00e9valence est autour de 7 pour cent dans la province du nord de Ruhengeri, elle d\u00e9passe les 12 pour cent \u00e0 Cyangugu, dans le sud, et approche les 14 pour cent dans Kigali Ngali, dans le centre-est.<\/p>\n<p> Aujourd&#39;hui, c&#39;est la persistance de certaines pratiques sexuelles coutumi\u00e8res qui rendent la propagation de la maladie quasi in\u00e9vitable dans le monde rural. Dans le nord et le nord-est du pays, survit encore le mariage par rapt : la future \u00e9pouse est enlev\u00e9e par un groupe de gens proches du futur \u00e9poux. Elle est viol\u00e9e par ses ravisseurs pour briser sa r\u00e9sistance.  Ailleurs, survit une autre coutume dite de &quot;gukazanura&quot; qui voudrait que le beau-p\u00e8re couche en premier avec la nouvelle \u00e9pouse de son fils.<\/p>\n<p>Ensuite, vient la pratique du l\u00e9virat o\u00f9 un homme doit h\u00e9riter de la femme de son fr\u00e8re d\u00e9funt. Une coutume qui veut que la femme appartienne &quot;\u00e0 toute la famille et non \u00e0 son seul mari&quot;. Aussi la femme est-elle souvent &quot;sollicit\u00e9e de droit&quot; par n&#39;importe lequel de ses beaux-fr\u00e8res.<\/p>\n<p> Il en r\u00e9sulte une propagation du VIH dont la situation exacte ne saurait \u00eatre fid\u00e8lement rendue par les statistiques officielles. &quot;Ces chiffres ne disent pas toute la v\u00e9rit\u00e9 sur l&#39;ampleur de cette catastrophe sanitaire&quot;, estime Mgr Emmanuel Kolini, chef de l&#39;\u00e9glise anglicane du Rwanda et pr\u00e9sident de la Commission nationale de lutte contre le VIH\/SIDA (CNLS).  &quot;Le Rwanda est l&#39;un des 16 pays au monde dans lesquels un dixi\u00e8me de la population \u00e2g\u00e9e de 15 \u00e0 49 ans est infect\u00e9e par le VIH\/SIDA&quot;, selon le rapport annuel 2002 du Fonds des Nations Unies sur la population (FNUAP), publi\u00e9 en mars 2003.<\/p>\n<p> En outre, la majorit\u00e9 des Rwandais, en particulier les paysans, accepte difficilement, par peur, de se soumettre au test de d\u00e9pistage. &quot;Le SIDA est encore v\u00e9cu comme une maladie honteuse ou une mal\u00e9diction, et le malade encore stigmatis\u00e9, voire rejet\u00e9&quot;, explique Dorothy Wibabara Gatera, membre de l&#39;Association nationale des s\u00e9ropositif (ANSP+).  L&#39;ANSP+ est une f\u00e9d\u00e9ration de 109 associations de personnes vivant avec le VIH\/SIDA qui ont pour mission de soutenir mat\u00e9riellement leurs membres et de sensibiliser tous les Rwandais \u00e0 se faire d\u00e9pister.<\/p>\n<p> Depuis 2000, le d\u00e9pistage a \u00e9t\u00e9 rendu obligatoire pour les futurs conjoints avant le mariage civil. Les pratiques sexuelles coutumi\u00e8res sont d\u00e9clar\u00e9es ill\u00e9gales et de fortes peines sont pr\u00e9vues en l&#39;encontre de leurs auteurs.  L&#39;\u00e9glise catholique, dont les ouailles repr\u00e9sentent 63 pour cent de la population rwandaise, s&#39;associe aux autres confessions religieuses et \u00e0 des ONG locales pour sensibiliser les gens \u00e0 abandonner ces pratiques jug\u00e9es non conformes \u00e0 la foi et \u00e0 la modernit\u00e9.<\/p>\n<p> Dans toutes les \u00e9coles, ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s des &quot;clubs anti-SIDA&quot; o\u00f9 les jeunes se rencontrent pour \u00e9changer entre eux des m\u00e9faits de la maladie. Des clubs similaires sont organis\u00e9s par chacun des 10 dioc\u00e8ses catholiques du pays, avec des relais dans toutes les paroisses. Celles-ci aident les sid\u00e9ens d\u00e9munis en leur fournissant des vivres.<\/p>\n<p> Les actions officielles de sensibilisation et de pr\u00e9vention contre le SIDA sont pilot\u00e9es par deux organismes nationaux : la CNLS, et le Centre de recherche et de traitement de l&#39;infection du VIH\/SIDA (TRAC). La politique nationale est coordonn\u00e9e depuis 2002 par un secr\u00e9tariat d&#39;Etat \u00e0 la Lutte contre le VIH\/SIDA et d&#39;autres \u00e9pid\u00e9mies.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>KIGALI, 24 f\u00e9v (IPS) &#8211; Longtemps consid\u00e9r\u00e9 au Rwanda comme la &quot;maladie des gens de villes&quot;, le VIH\/SIDA se r\u00e9pand dangereusement, depuis quelques ann\u00e9es, dans les milieux ruraux du pays.<\/p>\n","protected":false},"author":240,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,1,4],"tags":[],"class_list":["post-1994","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-headlines","category-sante"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1994","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/240"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1994"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1994\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1994"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1994"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1994"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}