{"id":1762,"date":"2003-09-12T13:40:01","date_gmt":"2003-09-12T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/09\/12\/droits-guinee-les-femmes-souffrent-toujours-de-violences-conjugales\/"},"modified":"2003-09-12T13:40:01","modified_gmt":"2003-09-12T13:40:01","slug":"droits-guinee-les-femmes-souffrent-toujours-de-violences-conjugales","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/09\/12\/droits-guinee-les-femmes-souffrent-toujours-de-violences-conjugales\/","title":{"rendered":"DROITS-GUINEE: Les femmes souffrent toujours de violences conjugales"},"content":{"rendered":"<p>CONAKRY, 12 sep (IPS) &#8211; Idiatou Bald\u00e9, \u00e2g\u00e9e de 38 ans environ, expose et vend des tissus teint\u00e9s \u00e0 base d&#39;indigo dans un coin du Palais du peuple, am\u00e9nag\u00e9 pour abriter une mini-foire, \u00e0 Conakry, la capitale de la Guin\u00e9e.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Bald\u00e9, cette femme ing\u00e9nieur chimiste, qui dirige une association d\u00e9nomm\u00e9e &quot;Walinderin&quot; (entraidons-nous, dans une langue locale), est une divorc\u00e9e dont l&#39;itin\u00e9raire r\u00e9sume celui de plusieurs milliers de ses s\u0153urs guin\u00e9ennes qui ont refus\u00e9 la soumission aux hommes.<\/p>\n<p> Bien qu&#39;ayant \u00e9t\u00e9 au-devant de la lutte pour les grands changements politiques en Guin\u00e9e sous la premi\u00e8re R\u00e9publique, les femmes sont toujours victimes de violences conjugales dans ce pays d&#39;Afrique de l&#39;ouest.<\/p>\n<p> Le 27 ao\u00fbt de chaque ann\u00e9e, en souvenir de leur r\u00e9volte contre la police \u00e9conomique de l&#39;ancien dictateur S\u00e9kou Tour\u00e9 (1958-1984), les femmes guin\u00e9ennes c\u00e9l\u00e8brent cette journ\u00e9e qui leur est d\u00e9di\u00e9e.<\/p>\n<p> Apr\u00e8s un premier baccalaur\u00e9at obtenu en classe de premi\u00e8re, Bald\u00e9 s&#39;est mari\u00e9e en 1981 &#8211; en famille &#8211; avec un parent qui s&#39;est oppos\u00e9 \u00e0 la poursuite de ses \u00e9tudes.<\/p>\n<p> &quot;Alors que j&#39;\u00e9tais en \u00e9tat de grossesse, je devais faire plus de deux kilom\u00e8tres pour me rendre \u00e0 l&#39;\u00e9cole. Il fallait se lever tr\u00e8s t\u00f4t le matin pour piler, aller chercher du bois et puiser de l&#39;eau. Tout le village (Bouliwel) s&#39;approvisionnait \u00e0 la m\u00eame source qui \u00e9tait distante d&#39;environ un kilom\u00e8tre. C&#39;est dans ces conditions que j&#39;ai obtenu mon second baccalaur\u00e9at en 1982&quot;, explique-t-elle.<\/p>\n<p> Lorsque Bald\u00e9 a d\u00e9cid\u00e9 en 1982 d&#39;entamer des \u00e9tudes \u00e0 l&#39;Universit\u00e9 de Conakry, son mari lui a coup\u00e9 toute aide. &quot;J&#39;ai alors d\u00e9cid\u00e9 de me consacrer \u00e0 mes \u00e9tudes&quot;, dit-elle. &quot;Il ne m&#39;a pas dit express\u00e9ment d&#39;arr\u00eater, mais il a tout fait pour que j&#39;abandonne mes \u00e9tudes. Il voulait que j&#39;aille au village faire des travaux champ\u00eatres&quot;, affirme-t-elle.<\/p>\n<p> &quot;Apr\u00e8s avoir obtenu mon dipl\u00f4me \u00e0 l&#39;Universit\u00e9 de Conakry, en 1989, je suis revenue le voir et il a refus\u00e9 de me reprendre comme sa femme.<\/p>\n<p>Finalement, je me suis r\u00e9sign\u00e9e et j&#39;ai d\u00e9cid\u00e9 de prendre en charge l&#39;unique enfant que nous avons eu. Le divorce est survenu en 1994. Depuis lors, je ne me suis plus remari\u00e9e&quot;, poursuit-t-elle.<\/p>\n<p> Parall\u00e8lement \u00e0 ses activit\u00e9s de consultante pour des enqu\u00eates sociologiques, Bald\u00e9 a obtenu un travail \u00e0 plein temps dans une entreprise priv\u00e9e avant de cr\u00e9er l&#39;association &quot;Walinderin&quot;.<\/p>\n<p> &quot;J&#39;ai trouv\u00e9 que je ne progressais pas avec le salaire qu&#39;on me proposait..<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir particip\u00e9 \u00e0 un s\u00e9minaire sur &quot;L&#39;esprit d&#39;entreprise&quot;, j&#39;ai d\u00e9cid\u00e9 de cr\u00e9er l&#39;association. Aujourd&#39;hui, j&#39;ai des revenus largement sup\u00e9rieurs et j&#39;ai d\u00e9cid\u00e9 de me consacrer totalement \u00e0 &quot;Waninderin&quot;.<\/p>\n<p> Une autre dame, Ramatoulaye Sow, qui \u00e9tait la compagne du pilote de l&#39;h\u00e9licopt\u00e8re du pr\u00e9sident guin\u00e9en, \u00e9tait souvent battue par son mari alors qu&#39;elle \u00e9tait enceinte. Elle a dit au tribunal, en 1996, que les traitements violents que lui infligeait son mari, avec parfois des coups au ventre, l&#39;avaient oblig\u00e9e \u00e0 avorter.<\/p>\n<p> La ministre des Affaires sociales, Hadja Mariama Aribot, a reconnu r\u00e9cemment le ph\u00e9nom\u00e8ne des violences conjugales \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision nationale.<\/p>\n<p>&quot;Nous recevons chaque ann\u00e9e des centaines de plaintes de la part de femmes victimes de violences conjugales. Ce sont des femmes qu&#39;on met \u00e0 la porte d\u00e8s qu&#39;on a \u00e9pous\u00e9 une seconde; ce sont des femmes qu&#39;on prive de leurs subsides pour les m\u00eames raisons; ce sont des femmes qu&#39;on prive de leur h\u00e9ritage, etc.&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 Aribot.<\/p>\n<p> Officiellement, m\u00eame si l&#39;\u00e9crasante majorit\u00e9 des femmes guin\u00e9ennes &#8211; repr\u00e9sentant 52 pour cent de la population du pays &#8211; l&#39;ignore, la polygamie en Guin\u00e9e \u00e9tait interdite par une loi depuis 1968. La Guin\u00e9e compte environ 8 millions d&#39;habitants, dont la majorit\u00e9 est analphab\u00e8te, en particulier les femmes.  &quot;Cette loi n&#39;est pas appliqu\u00e9e. Face \u00e0 cette r\u00e9alit\u00e9, nous avons d\u00e9cid\u00e9 de revenir en arri\u00e8re en nous disant : puisque ce sont deux adultes consentants qui se marient, on peut leur demander, au moment de la signature de l&#39;acte de mariage, de choisir entre la polygamie et la monogamie&quot;, a indiqu\u00e9 la ministre.<\/p>\n<p> Pour Ibrahima Bah, enseignant, &quot;les femmes, qui sont victimes de violences conjugales, m\u00e9connaissent leurs droits. Autrement, les choses ne seraient pas aussi faciles pour le mari&quot;.<\/p>\n<p> Mahmoud Doumbouya, administrateur civil, affirme que &quot;en r\u00e9alit\u00e9, ce sont les femmes qui acceptent d&#39;\u00eatre rel\u00e9gu\u00e9es au second plan. Si vous prenez un \u00e9chantillon de 1.000 Guin\u00e9ennes, il y en aura une seule qui accepte r\u00e9ellement de se battre pour participer aux d\u00e9penses familiales&quot;.<\/p>\n<p> Doumbouya estime que &quot;les femmes doivent d&#39;abord briser les barri\u00e8res culturelles qui entravent leur promotion&quot;. R\u00e9cemment, les principaux partis politiques guin\u00e9ens ont entam\u00e9 un dialogue avec le pouvoir sans aucune femme autour de la table. &quot;Cela illustre parfaitement ce que je dis&quot;, ajoute Doumbouya.<\/p>\n<p> Selon les chiffres du Fonds des Nations Unies pour l&#39;enfance (UNICEF), seulement 41 un pour cent des adultes en Guin\u00e9e sont alphab\u00e9tis\u00e9s et les femmes repr\u00e9sentent moins de 40 pour cent de ce lot.<\/p>\n<p> Ces disparit\u00e9s se remarquent dans la vie courante et contribuent \u00e0 maintenir la femme au foyer, dans un pays qui manque cruellement de ressources humaines qualifi\u00e9es.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>CONAKRY, 12 sep (IPS) &#8211; Idiatou Bald\u00e9, \u00e2g\u00e9e de 38 ans environ, expose et vend des tissus teint\u00e9s \u00e0 base d&#39;indigo dans un coin du Palais du peuple, am\u00e9nag\u00e9 pour abriter une mini-foire, \u00e0 Conakry, la capitale de la Guin\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"author":25,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,10,1,30],"tags":[],"class_list":["post-1762","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-droits-humains","category-headlines","category-special-culture-religion-et-genre"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1762","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/25"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1762"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1762\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1762"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1762"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1762"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}