{"id":1760,"date":"2003-09-11T13:40:01","date_gmt":"2003-09-11T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/09\/11\/droits-kenya-le-gouvernement-appele-a-mettre-fin-a-la-culture-de-limpunite\/"},"modified":"2003-09-11T13:40:01","modified_gmt":"2003-09-11T13:40:01","slug":"droits-kenya-le-gouvernement-appele-a-mettre-fin-a-la-culture-de-limpunite","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/09\/11\/droits-kenya-le-gouvernement-appele-a-mettre-fin-a-la-culture-de-limpunite\/","title":{"rendered":"DROITS-KENYA: Le gouvernement appel\u00e9 \u00e0 mettre fin \u00e0 la culture de l&#39;impunit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>NAIROBI, 11 sep (IPS) &#8211; Peter Makori conna\u00eet l&#39;odeur d&#39;une prison k\u00e9nyane qui est sa demeure depuis ces deux derniers mois.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Il est d\u00e9tenu actuellement dans la province de Nyanza, dans l&#39;ouest du Kenya pour des implications pr\u00e9sum\u00e9es dans le meurtre de deux chefs tribaux. Mais, Kang&#39;ethe Mungai, un activiste des droits humains et fondateur de Lib\u00e9rer les prisonniers politiques, dit que Makori a \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9 pour avoir attir\u00e9 l&#39;attention sur les violations des droits de l&#39;Homme. Il est un journaliste d&#39;investigation.  Le cas de Makori illustre l&#39;\u00e9tendue des violations des droits humains au Kenya et le besoin urgent d&#39;une institution pour surveiller de tels exc\u00e8s.<\/p>\n<p> Pour mettre fin \u00e0 la culture de l&#39;impunit\u00e9, le gouvernement a nomm\u00e9 r\u00e9cemment une commission pour surveiller et pr\u00e9venir les violations des droits dans le pays.<\/p>\n<p> La Commission nationale pour les droits de l&#39;Homme au Kenya, install\u00e9e le 11 ao\u00fbt, comprend neuf membres, ayant tous des exp\u00e9riences professionnelles remarquables sur les questions des droits humains. Pr\u00e9sid\u00e9e par l&#39;avocat des droits humains de renom, Maina Kiai, l&#39;institution agira comme un organisme de contr\u00f4le pour le gouvernement.<\/p>\n<p> Au cours du lancement, Kiai, qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit comme ayant une &quot;ind\u00e9pendance d&#39;esprit&quot; et &quot;les meilleurs talents&quot; pour mener le groupe, a exprim\u00e9 l&#39;engagement de son \u00e9quipe \u00e0 \u00eatre &quot;\u00e9nergique&quot; dans le r\u00e8glement des questions de droits.<\/p>\n<p> La commission, qui remplace la Commission permanente sur les droits humains, est une institution autonome, \u00e0 l&#39;abri de l&#39;interf\u00e9rence du gouvernement. &quot;Notre r\u00f4le n&#39;est pas de nous m\u00ealer de vos attributions.<\/p>\n<p>Nous esp\u00e9rons que la performance du gouvernement s&#39;am\u00e9liorera dans les domaines des droits de l&#39;Homme&quot;, a promis Kiraitu Murungi, ministre de la Justice et des Affaires constitutionnelles.<\/p>\n<p> La Commission permanente sur les droits de l&#39;Homme, cr\u00e9\u00e9e par le r\u00e9gime de l&#39;ancien pr\u00e9sident Daniel arap Mo\u00ef (1978-2002), \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e par les activistes de droits comme &quot;sans pouvoir&quot;. Elle \u00e9levait \u00e0 peine la voix sur les violations des droits humains durant son existence.<\/p>\n<p> Les organisations de d\u00e9fense des droits ont plac\u00e9 le Kenya parmi les dix premiers pays en Afrique ayant les plus graves violations des droits humains. Des histoires de tortures sont end\u00e9miques, comme en t\u00e9moigne une s\u00e9rie de chambres de torture r\u00e9cemment mise \u00e0 nu \u00e0 Nyayo House, un immeuble de 26 \u00e9tages situ\u00e9 au c\u0153ur de Nairobi, la capitale du Kenya. Les chambres \u00e9taient utilis\u00e9es par l&#39;ancien gouvernement pour &quot;s&#39;occuper&quot; des dissidents politiques.<\/p>\n<p> Environ 2.000 personnes ont \u00e9t\u00e9 tortur\u00e9es, un quart d&#39;entre elles a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 et le reste mutil\u00e9 \u00e0 vie.<\/p>\n<p> Des affrontements d&#39;origine politique, qui ont \u00e9clat\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en 1991 dans la province de la Vall\u00e9e du Rift, se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s \u00eatre l&#39;une des questions des droits humains les plus s\u00e9rieuses. Plus de 1.000 personnes seraient mortes pendant cette p\u00e9riode.<\/p>\n<p> Il en est de m\u00eame pour au moins 23 personnes qui ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es dans une attaque men\u00e9e par environ 300 membres de la secte Munguki dans la propri\u00e9t\u00e9 de Kariobangi \u00e0 Nairobi, le 4 mars 2002. La secte et 17 autres groupes d&#39;autod\u00e9fense et de milice ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9s ill\u00e9gaux le m\u00eame mois.<\/p>\n<p>Toutefois, cela n&#39;avait pas emp\u00each\u00e9 les membres de Munguki de manifester publiquement leur soutien au candidat \u00e0 la pr\u00e9sidentielle du parti au pouvoir d&#39;alors, Uhuru Kenyatta, en ao\u00fbt. La police, bien que pr\u00e9sente \u00e0 la manifestation, n&#39;\u00e9tait pas intervenue, selon l&#39;organisme de d\u00e9fense des droits humains bas\u00e9 \u00e0 Londres, Amnesty International.<\/p>\n<p> Entre 1991 et 2002, la violence ethnique, encourag\u00e9e par l&#39;Etat, a conduit \u00e0 la mort de plus de 4.000 Kenyans et au d\u00e9placement forc\u00e9 de 600.000 autres, selon la Commission k\u00e9nyane des droits humains, un organisme de contr\u00f4le ind\u00e9pendant.<\/p>\n<p> Philip Tirop, l&#39;un des nouveaux membres de la commission, souligne que leur objectif est d&#39;am\u00e9liorer l&#39;image du kenya.<\/p>\n<p> Parlant \u00e0 IPS dans un entretien t\u00e9l\u00e9phonique, il a d\u00e9clar\u00e9 : &quot;Nous allons visiter les commissariats de police, les prisons et les endroits o\u00f9 les violations des droits de l&#39;Homme ont lieu&quot;.<\/p>\n<p> Mais Kang&#39;ethe a une opinion diff\u00e9rente. &quot;Ce gouvernement n&#39;a pas beaucoup chang\u00e9. Il est possible qu&#39;il minimise les recommandations sugg\u00e9r\u00e9es par la commission&quot;, affirme-t-il, se r\u00e9f\u00e9rant au gouvernement de Mwai Kibaki, qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu en d\u00e9cembre 2002.<\/p>\n<p> &quot;Je m&#39;attends \u00e0 un changement, mais pas \u00e0 une r\u00e9volution parce que la commission a toujours des comptes \u00e0 rendre au gouvernement&quot;, note-t-il.<\/p>\n<p> Les K\u00e9nyans disent que la cr\u00e9ation de la commission, coupl\u00e9e avec la cr\u00e9ation possible d&#39;une Commission v\u00e9rit\u00e9, justice et r\u00e9conciliation, \u00e9liminera des exc\u00e8s.<\/p>\n<p> &quot;C&#39;est ce que nous attendions depuis longtemps. Plusieurs personnes sont mortes, d&#39;autres ont subi des blessures permanentes \u00e0 cause du manque de volont\u00e9 du gouvernement de faire observer les droits de l&#39;Homme parmi ses ressortissants&quot;, affirme Selina Mwanahawa, une femme d&#39;affaires \u00e0 Nairobi.<\/p>\n<p> Un groupe de travail, charg\u00e9 d&#39;\u00e9tudier les possibilit\u00e9s de mise en place d&#39;une commission v\u00e9rit\u00e9, a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 en avril. Il a conduit des audiences publiques \u00e0 travers le pays et doit encore publier un rapport sur ses conclusions, qui selon un initi\u00e9, proposera la cr\u00e9ation d&#39;une commission v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p> Ce n&#39;est pas la premi\u00e8re fois qu&#39;un pays africain met en place une commission v\u00e9rit\u00e9 et r\u00e9conciliation. L&#39;Afrique du Sud l&#39;avait d\u00e9j\u00e0 eu une commission pour enqu\u00eater sur les abus commis durant l&#39;apartheid. La Sierra Leone a \u00e9galement cr\u00e9\u00e9 sa propre commission pour panser les blessures de la guerre civile de dix ans, qui a pris fin en 2001.<\/p>\n<p> Les organismes de surveillance des droits humains sont une n\u00e9cessit\u00e9 en Afrique. Des gens comme Makori, le journaliste, ne seraient pas en train de moisir en prison s&#39;il y avait une institution pour surveiller et pr\u00e9venir les exc\u00e8s au Kenya.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NAIROBI, 11 sep (IPS) &#8211; Peter Makori conna\u00eet l&#39;odeur d&#39;une prison k\u00e9nyane qui est sa demeure depuis ces deux derniers mois.<\/p>\n","protected":false},"author":215,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,10,1],"tags":[],"class_list":["post-1760","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-droits-humains","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1760","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/215"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1760"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1760\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1760"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1760"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1760"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}