{"id":1554,"date":"2003-04-18T13:40:01","date_gmt":"2003-04-18T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/04\/18\/developpement-cote-divoire-la-guerre-renvoie-les-problemes-deau-ausecond-plan\/"},"modified":"2003-04-18T13:40:01","modified_gmt":"2003-04-18T13:40:01","slug":"developpement-cote-divoire-la-guerre-renvoie-les-problemes-deau-ausecond-plan","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/04\/18\/developpement-cote-divoire-la-guerre-renvoie-les-problemes-deau-ausecond-plan\/","title":{"rendered":"DEVELOPPEMENT-COTE D&#39;IVOIRE: La guerre renvoie les probl\u00e8mes d&#39;eau ausecond plan"},"content":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 18 avr (IPS) &#8211; La C\u00f4te d&#39;Ivoire, face \u00e0 la gravit\u00e9 des probl\u00e8mes d&#39;eau, s&#39;est dot\u00e9 d&#39;un code de l&#39;eau depuis 1998, \u00e0 travers une loi r\u00e9glementant l&#39;utilisation de cette denr\u00e9e dans le pays. Un haut commissaire \u00e0 l&#39;hydraulique avec rang de ministre &#8211; avait m\u00eame \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n &quot;Cette loi avait pour objectif de pr\u00e9server les \u00e9cosyst\u00e8mes aquatiques et tous les milieux humides, de prot\u00e9ger les eaux contre la pollution et de g\u00e9rer la politique d&#39;eau potable dans le pays&quot;, expliquait S\u00e9kou Tour\u00e9, le haut commissaire \u00e0 l&#39;hydraulique. Un plan d&#39;action, soutenu par le Japon, avait \u00e9t\u00e9 mis en place \u00e9galement.  Mais depuis son adoption, cette loi n&#39;a jamais \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9e. Et la crise politico-militaire, qui secoue le pays depuis septembre 2002, a chang\u00e9 les priorit\u00e9s du gouvernement ivoirien, du moins pour l&#39;instant.<\/p>\n<p> Barrages envas\u00e9s, retenues d&#39;eau insuffisantes, v\u00e9tust\u00e9 des installations, tels sont les probl\u00e8mes majeurs que vivent les populations du centre et du nord de ce pays d&#39;Afrique de l&#39;ouest. Ces difficult\u00e9s, qui ne datent pas d&#39;aujourd&#39;hui, sont plus dures \u00e0 r\u00e9soudre \u00e0 cause de la guerre. La majeure partie des localit\u00e9s concern\u00e9es est sous le contr\u00f4le des mouvements rebelles dans le nord et l&#39;ouest de la C\u00f4te d&#39;Ivoire.<\/p>\n<p> A Dabakala, \u00e0 400 kilom\u00e8tres au centre-nord, le barrage construit pour l&#39;irrigation des parcelles agricoles, sert d\u00e9sormais de retenue pour l&#39;alimentation de la population. &quot;Il y a des probl\u00e8mes d&#39;adaptation. Car le barrage n&#39;a pas \u00e9t\u00e9 con\u00e7u pour alimenter la ville. Par la force des choses, nous avons branch\u00e9 le r\u00e9seau urbain d&#39;eau sur cette retenue qui ne suffit plus&quot;, r\u00e9v\u00e8le Victor Tagro, agent de la Soci\u00e9t\u00e9 de distribution d&#39;eau de C\u00f4te d&#39;Ivoire (SODECI).<\/p>\n<p> Le besoin journalier de Dabakala en eau potable est d&#39;environ 450 m\u00e8tres cubes et la station ne peut servir que 330. Le ministre des Infrastructures \u00e9conomiques, Patrick Achi, qui avait constat\u00e9, lui-m\u00eame, les difficult\u00e9s des habitants de Dabakala, avait annonc\u00e9, l&#39;ann\u00e9e derni\u00e8re, que le gouvernement devrait rechercher des financements pour mettre cette ville \u00e0 l&#39;abri des probl\u00e8mes d&#39;eau qui deviennent r\u00e9currents.  Botro, dans le d\u00e9partement de Bouak\u00e9, dans le centre du pays et quartier g\u00e9n\u00e9ral du principal groupe rebelle, le Mouvement patriotique de C\u00f4te d&#39;Ivoire (MPCI), vit une situation identique depuis plus de cinq ans. &quot;A partir de janvier, chaque ann\u00e9e, c&#39;est une citerne de ravitaillement qui nous servait en eau potable sept fois par jour \u00e0 partir de Bouak\u00e9. Depuis que la crise a commenc\u00e9, chacun se d\u00e9brouille comme il peut&quot;, a confi\u00e9 \u00e0 IPS Jeanne Kouam\u00e9, une d\u00e9plac\u00e9e de guerre arriv\u00e9e \u00e0 la fin-mars \u00e0 Abidjan, la capitale \u00e9conomique.  L&#39;eau \u00e9tait transvas\u00e9e dans le ch\u00e2teau de la SODECI et \u00e9tait vendue \u00e0 la population au m\u00eame tarif que partout en C\u00f4te d&#39;Ivoire. Le tarif varie de 196 francs CFA (environ 33 cents US) le m\u00e8tre cube (tarif social jusqu&#39;\u00e0 18 m3) \u00e0 650 FCFA (environ 1,1 dollar US) pour les usages de plus de 80 m\u00e8tres cubes.  Le barrage, qui approvisionne la ville de Botro, a \u00e9t\u00e9 construit en 1976..<\/p>\n<p>Il est envas\u00e9 et \u00e0 sec durant toute la grande saison s\u00e8che qui commence de d\u00e9cembre \u00e0 mai. Pendant la p\u00e9riode des pluies, il n&#39;atteint pas la moiti\u00e9 des 60.000 m\u00e8tres cubes de sa capacit\u00e9 initiale.<\/p>\n<p> Lors d&#39;une tourn\u00e9e dans cette r\u00e9gion en 2002, Achi avait estim\u00e9 \u00e0 500 millions de FCFA (environ 833.333 dollars US) le financement du raccordement de Botro au r\u00e9seau de Bouak\u00e9. &quot;Ce financement, du fait de la guerre, n&#39;est plus une priorit\u00e9 pour l&#39;Etat&quot;, regrette Kouam\u00e9 qui soutient que les femmes ont d&#39;\u00e9normes soucis pour les travaux m\u00e9nagers. &quot;L&#39;eau est une denr\u00e9e tr\u00e8s rare dont la gestion se fait avec plus de rigueur&quot;, ajoute-t-elle.<\/p>\n<p> Dans le d\u00e9partement de Korhogo (600 km au nord d&#39;Abidjan), la situation est plus grave, notamment dans les sous-pr\u00e9fectures de Ouangolodougou et Diawala. Des crises opposent r\u00e9guli\u00e8rement les agriculteurs aux \u00e9leveurs \u00e0 cause de la &quot;mauvaise gestion de l&#39;eau&quot;, selon des sp\u00e9cialistes. Mais, les populations souffrent, elles aussi, des effets de la s\u00e9cheresse. &quot;Les capacit\u00e9s de tous les centres de distribution d&#39;eau du nord sont d\u00e9pass\u00e9es&quot;, r\u00e9v\u00e8le Alexis Ti\u00e9coura, habitant de Ouagolodougou.  Dans le d\u00e9partement d&#39;Abengourou (300 km \u00e0 l&#39;est), Niabl\u00e9 n&#39;\u00e9chappe pas \u00e0 la p\u00e9nurie d&#39;eau potable. Les raisons sont identiques \u00e0 celles des localit\u00e9s du nord. Les installations sont v\u00e9tustes. &quot;Aujourd&#39;hui, la moiti\u00e9 de la population b\u00e9n\u00e9ficie des bienfaits de l&#39;eau potable&quot;, avoue Issa Ouattara, commer\u00e7ant dans cette localit\u00e9. Le minist\u00e8re des Infrastructures \u00e9conomiques estime \u00e0 1,5 milliard de FCFA (environ 2,5 millions de dollars US) le raccordement de Niabl\u00e9 au centre d&#39;Abengourou.<\/p>\n<p> En C\u00f4te d&#39;Ivoire, 618 localit\u00e9s sur plus d&#39;un millier sont raccord\u00e9es au r\u00e9seau de distribution de l&#39;eau potable. Quelque 19.000 points d&#39;eau (pompes villageoises), dont 15.000 sont fonctionnels, existent dans les villages.  L&#39;ann\u00e9e derni\u00e8re, le gouvernement a \u00e9valu\u00e9 \u00e0 5,137 milliards de FCFA (environ 8,5 millions de dollars US) le renouvellement du mat\u00e9riel \u00e9lectrom\u00e9canique des pompes villageoises contre 23,878 milliards (environ 39,8 millions de dollars) pour l&#39;hydraulique urbaine. Pour la p\u00e9riode 2002-2005, le gouvernement estimait \u00e0 80 milliards de FCFA (environ 133,3 millions de dollars US) les investissements \u00e0 effectuer en zone urbaine pour la satisfaction totale en mati\u00e8re d&#39;eau potable. Mais la guerre a renvoy\u00e9 tous ces projets au second plan.  La disponibilit\u00e9 de l&#39;eau en C\u00f4te d&#39;Ivoire est \u00e9valu\u00e9e \u00e0 40 milliards de m\u00e8tres cubes exploitables chaque ann\u00e9e. Les sp\u00e9cialistes sugg\u00e8rent une approche int\u00e9gr\u00e9e pour maintenir l&#39;eau comme une ressource fondamentale dans le d\u00e9veloppement durable. Ils estiment que l&#39;eau est toujours mal g\u00e9r\u00e9e, malgr\u00e9 sa grande disponibilit\u00e9 apparente.  Selon une \u00e9tude men\u00e9e en 1996 par la Banque africaine de d\u00e9veloppement (BAD), l&#39;acc\u00e8s \u00e0 l&#39;eau potable r\u00e9gresse au fil des ans \u00e0 cause de la croissance de la population ivoirienne qui fait environ 16 millions d&#39;habitants. Au total 72 pour cent de cette population avaient acc\u00e8s \u00e0 cette denr\u00e9e en 1996 contre 82 pour cent deux ann\u00e9es plus t\u00f4t.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 18 avr (IPS) &#8211; La C\u00f4te d&#39;Ivoire, face \u00e0 la gravit\u00e9 des probl\u00e8mes d&#39;eau, s&#39;est dot\u00e9 d&#39;un code de l&#39;eau depuis 1998, \u00e0 travers une loi r\u00e9glementant l&#39;utilisation de cette denr\u00e9e dans le pays. 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