{"id":1536,"date":"2003-04-03T13:40:01","date_gmt":"2003-04-03T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/04\/03\/droits-benin-des-ong-decidees-a-lutter-contre-les-violences-faites-aux-femmes\/"},"modified":"2003-04-03T13:40:01","modified_gmt":"2003-04-03T13:40:01","slug":"droits-benin-des-ong-decidees-a-lutter-contre-les-violences-faites-aux-femmes","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/04\/03\/droits-benin-des-ong-decidees-a-lutter-contre-les-violences-faites-aux-femmes\/","title":{"rendered":"DROITS-BENIN: Des ONG d\u00e9cid\u00e9es \u00e0 lutter contre les violences faites aux femmes"},"content":{"rendered":"<p>COTONOU, 3 avr (IPS) &#8211; Un r\u00e9seau d&#39;organisations non gouvernementales (ONG) f\u00e9minines, WILDAF-B\u00e9nin, a d\u00e9clench\u00e9 une lutte contre les violences faites aux femmes \u00e0 travers l&#39;inauguration r\u00e9cente d&#39;un Centre de droits et de d\u00e9veloppement de la femme (CDDF) \u00e0 Cotonou, la capitale \u00e9conomique b\u00e9ninoise.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n &quot;Au B\u00e9nin, les femmes sont encore victimes de l&#39;excision, elles subissent des enl\u00e8vements et des mariages forc\u00e9s, elles sont battues et viol\u00e9es par leur mari&quot;, rapporte Genevi\u00e8ve Boko-Nadjo, coordinatrice au B\u00e9nin du &#39;Women in Law and Development in Africa&#39; (WILDAF), un r\u00e9seau de 18 ONG qui se donnent exclusivement pour mission de promouvoir et de d\u00e9fendre les droits des femmes.  Aux violences conjugales, Boko-Nadjo ajoute d&#39;autres formes de violences comme le veuvage, le l\u00e9virat, la dot, le mariage par \u00e9change, la polygamie, le prox\u00e9n\u00e9tisme, la prostitution forc\u00e9e, les internements dans les couvents religieux, le harc\u00e8lement sexuel sur les lieux de travail et dans les \u00e9tablissements d&#39;enseignement. Sans compter les violences physiques sexuelles et psychologiques ainsi que les violences morales exerc\u00e9es sur la femme au sein de la collectivit\u00e9.  Par exemple, Louise Anagonou raconte son drame lors d&#39;une s\u00e9ance de sensibilisation des femmes \u00e0 Ouidah, petite ville situ\u00e9e \u00e0 40 kilom\u00e8tres \u00e0 l&#39;ouest de Cotonou. Apr\u00e8s la mort de son mari, dit-elle, elle a \u00e9t\u00e9 chass\u00e9e de la maison qu&#39;elle a aid\u00e9 son mari \u00e0 construire pendant leur vie conjugale. La famille du d\u00e9funt lui a aussi arrach\u00e9 un cong\u00e9lateur avec lequel elle faisait un petit commerce de glace pour nourrir les trois enfants du couple.  Sa belle-famille l&#39;accuse d&#39;avoir commis l&#39;adult\u00e8re, ce que nie Anagonou.<\/p>\n<p>Cet acte serait \u00e0 la base de la maladie et du d\u00e9c\u00e8s de son mari, selon la belle-famille. La nouvelle du d\u00e9c\u00e8s de son mari lui a \u00e9t\u00e9 cach\u00e9e et elle a \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9e de ses obs\u00e8ques et des derni\u00e8res c\u00e9r\u00e9monies rituelles. C&#39;est un cas sp\u00e9cifique de violence dont sont souvent victimes les veuves au B\u00e9nin.  WILDAF-B\u00e9nin a d\u00e9cid\u00e9 de se saisir syst\u00e9matiquement de ce cas de violence morale afin d&#39;aider cette femme \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer ce qui lui revient de droit. Le r\u00e9seau d&#39;ONG promet aussi d&#39;en faire large usage dans sa campagne visant \u00e0 faire bannir ce genre de comportement.  A Porto-Novo, capitale administrative du B\u00e9nin, situ\u00e9e \u00e0 30 km \u00e0 l&#39;est de Cotonou, 36 cas de violences sur les femmes ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s au tribunal de premi\u00e8re instance de la ville entre 1988 et mars 2003. Les cas les plus fr\u00e9quents sont les viols de jeunes filles ou de jeunes femmes, commis par des hommes seuls ou en groupes.  Le cas le plus grave, raconte G\u00e9rard da Sylva, juge au tribunal de Porto-Novo, est le viol commis, dans le silence familial, par un p\u00e8re sur deux de ses filles pendant plusieurs ann\u00e9es. &quot;Le p\u00e8re arr\u00eat\u00e9 finalement et jet\u00e9 en prison, ce sont ces m\u00eames filles qui ont demand\u00e9 \u00e0 la justice de le lib\u00e9rer&quot;, d\u00e9plore da Sylva.  &quot;Il est tr\u00e8s difficile pour beaucoup de femmes de d\u00e9clarer qu&#39;elles sont maltrait\u00e9es \u00e0 cause des facteurs comme la peur, l&#39;embarras, l&#39;intimidation, la pudeur, la d\u00e9pendance \u00e9conomique. Elles vivent alors dans des situations familiales qui deviennent de plus en plus dangereuses pour elles-m\u00eames. Ceci explique la persistance et l&#39;aggravation du ph\u00e9nom\u00e8ne de la violence&quot;, fait remarquer Boko-Nadjo.  Ces violences ne sont malheureusement pas punies par la loi en fonction de leur sp\u00e9cificit\u00e9. Elles sont consid\u00e9r\u00e9es comme des infractions de droit commun et punies comme telles. D&#39;o\u00f9 la cr\u00e9ation, \u00e0 Cotonou, du Centre de droit et de d\u00e9veloppement de la femme (CDDF), avec l&#39;appui de l&#39;ONG am\u00e9ricaine, &#39;National Council of Negro Women&#39; (NCNW), cr\u00e9\u00e9e aux Etats-Unis en 1953 par des femmes noires am\u00e9ricaines, pour se lib\u00e9rer de la domination sociale.  &quot;Nous esp\u00e9rons que ce centre pourra contribuer \u00e0 am\u00e9liorer le statut juridique et social de la femme b\u00e9ninoise, qu&#39;il sera une source o\u00f9 chaque citoyen viendra puiser les informations n\u00e9cessaires pour lui permettre d&#39;avoir le bon r\u00e9flexe pour \u00e9viter de brimer la femme dans son corps, dans son c\u0153ur et dans sa chair, pour soutenir la femme dans ses efforts de d\u00e9veloppement&quot;, d\u00e9clare Gilberte Hounsounou, repr\u00e9sentante au B\u00e9nin du NCNW.  &quot;La femme maltrait\u00e9e, qui fuit les rapports de violence et les mauvais traitements, y trouvera, immanquablement, un abri, une main secourable, une oreille attentive. Elle y apprendra \u00e0 conna\u00eetre ses droits et \u00e0 les faire respecter. Nous esp\u00e9rons, par le biais de cette structure, op\u00e9rer une reconversion sensible des mentalit\u00e9s&quot;, confie Boko-Nadjo. Les femmes font plus de 51 pour cent de la population b\u00e9ninoise qui est de 6,7 millions d&#39;habitants.  Mais la cr\u00e9ation de ce centre ne convainc pas bien tout le monde. &quot;J&#39;ai peur qu&#39;avec de tels centres, on ne contribue qu&#39;\u00e0 faire durer le mal&quot;, dit Roger Gb\u00e9gnonvi, professeur de lettres \u00e0 l&#39;Universit\u00e9 du B\u00e9nin. &quot;Il faudrait plut\u00f4t s&#39;occuper des maris fouettards et leur faire comprendre qu&#39;ils n&#39;ont pas le droit de fouetter leur femme&quot;, sugg\u00e8re-t-il.  Pour r\u00e9soudre ce probl\u00e8me, estime Nestor Azand\u00e9gb\u00e9, pr\u00e9sident de L&#39;Association b\u00e9ninoise pour la promotion de la famille (ABPF), il faudra plut\u00f4t renforcer le statut \u00e9conomique, social et juridique de la femme au sein de la soci\u00e9t\u00e9. &quot;La solution \u00e0 ce probl\u00e8me passe par l&#39;harmonie dans les couples, l&#39;harmonie dans la famille. Lorsque l&#39;homme et la femme se sentent bien, les enfants sont bien nourris et vont \u00e0 l&#39;\u00e9cole, il y aura moins de violence dans la famille&quot;, estime Azand\u00e9gb\u00e9.  WILDAF-B\u00e9nin s&#39;engage, dans sa lutte contre les violences faites aux femmes, \u00e0 former et sensibiliser les policiers, les magistrats, les m\u00e9decins, les autorit\u00e9s religieuses et traditionnelles sur les droits de la femme. &quot;Il importe surtout de repenser une r\u00e9forme l\u00e9gislative sans laquelle aucune violence subie par la femme ne pourra l\u00e9galement \u00eatre sanctionn\u00e9e&quot;, souligne Boko-Nadjo.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>COTONOU, 3 avr (IPS) &#8211; Un r\u00e9seau d&#39;organisations non gouvernementales (ONG) f\u00e9minines, WILDAF-B\u00e9nin, a d\u00e9clench\u00e9 une lutte contre les violences faites aux femmes \u00e0 travers l&#39;inauguration r\u00e9cente d&#39;un Centre de droits et de d\u00e9veloppement de la femme (CDDF) \u00e0 Cotonou,&hellip; <a href=\"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/04\/03\/droits-benin-des-ong-decidees-a-lutter-contre-les-violences-faites-aux-femmes\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":122,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,10,1],"tags":[],"class_list":["post-1536","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-droits-humains","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1536","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/122"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1536"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1536\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1536"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1536"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1536"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}