{"id":1520,"date":"2003-03-17T13:40:01","date_gmt":"2003-03-17T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/03\/17\/economie-cote-divoire-le-pays-est-a-un-pas-du-chaos\/"},"modified":"2003-03-17T13:40:01","modified_gmt":"2003-03-17T13:40:01","slug":"economie-cote-divoire-le-pays-est-a-un-pas-du-chaos","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/03\/17\/economie-cote-divoire-le-pays-est-a-un-pas-du-chaos\/","title":{"rendered":"ECONOMIE-COTE D&#39;IVOIRE: Le pays est \u00e0 un pas du chaos"},"content":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 17 mars (IPS) &#8211; &quot;Notre pays est bord du chaos, notre nation est d\u00e9chir\u00e9e et meurtrie par de graves atrocit\u00e9s&#8230; notre \u00e9conomie est \u00e0 l&#39;agonie&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 le Premier ministre du gouvernement de r\u00e9conciliation de C\u00f4te d&#39;Ivoire, Seydou Diarra.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Diarra a fait cette d\u00e9claration lors de la premi\u00e8re r\u00e9union du Conseil des ministres de ce nouveau gouvernement \u00e0 Yamoussoukro, la capitale politique ivoirienne, le 13 mars, appelant les Ivoiriens \u00e0 la tol\u00e9rance, \u00e0 la paix et \u00e0 la r\u00e9conciliation pour sauver leur pays.  La d\u00e9claration du Premier ministre confirme celle de Jean-Louis Billon, pr\u00e9sident de la Chambre de commerce et d&#39;industrie de C\u00f4te d&#39;Ivoire, qui disait une semaine plus t\u00f4t \u00e0 Abidjan : &quot;La C\u00f4te d&#39;Ivoire est au bord du gouffre \u00e9conomique&quot;.  Devant les journalistes r\u00e9unis dans le cadre d&#39;un d\u00e9jeuner du groupe d&#39;industries dont il est le pr\u00e9sident-directeur g\u00e9n\u00e9ral, Billon avait d\u00e9clar\u00e9 le 6 mars que &quot;si dans les deux mois \u00e0 venir, la guerre continue et qu&#39;on n&#39;ouvre pas les fronti\u00e8res nord du pays, le pays va rentrer dans la phase de catastrophe \u00e9conomique. Les imp\u00f4ts ne seront plus pay\u00e9s correctement&quot;.  Selon Billon, &quot;depuis le d\u00e9clenchement de la guerre dans la nuit du 18 au 19 septembre, toutes les activit\u00e9s \u00e9conomiques fonctionnent en dessous des valeurs minimales acceptables&quot;. La Chambre de commerce et d&#39;industrie (CCICI), qui \u00e9mettait au moins 250 carnets dans le cadre du Transport inter Etats (TRIE), n&#39;en \u00e9met plus qu&#39;une vingtaine aujourd&#39;hui. Ces carnets sont des documents statistiques qui permettent \u00e0 la CCICI de suivre les marchandises sous douane qui sortent du pays.<\/p>\n<p> Dans un r\u00e9pertoire \u00e9tabli secteur par secteur en janvier, la F\u00e9d\u00e9ration nationale des industries et services de C\u00f4te d&#39;Ivoire tirait d\u00e9j\u00e0 sur la sonnette d&#39;alarme. Selon cette organisation des professionnels de l&#39;industrie, &quot;beaucoup de soci\u00e9t\u00e9s sont contraintes de se s\u00e9parer de la moiti\u00e9 de leurs travailleurs afin de supporter les effets de la guerre&quot;.  Nazaire Gounongb\u00e9, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de Sifca, une soci\u00e9t\u00e9 sp\u00e9cialis\u00e9e dans l&#39;agro-industrie, \u00e9voque avec amertume les cons\u00e9quences de la guerre sur son entreprise. Elle a subi, selon lui, le plus de pr\u00e9judice, notamment sa composante Sucrivoire qui travaille dans la production du sucre.  Sucrivoire, dont l&#39;un des complexes sucriers se trouve en zone rebelle (Borotou, dans le nord-est) et l&#39;autre \u00e0 la lisi\u00e8re entre rebelles et forces loyalistes \u00e0 Zu\u00e9noula (centre-ouest), a subi des pertes \u00e9valu\u00e9es \u00e0 plus de 3 milliards de francs CFA (environ 5 millions de dollars US), selon Gounongb\u00e9.  &quot;A ce jour&quot;, r\u00e9v\u00e8le Gounongb\u00e9, &quot;44.000 tonnes sur un objectif de 67.000 tonnes de sucre ont \u00e9t\u00e9 produites. Mais cette production reste bloqu\u00e9e sur place \u00e0 Borotou. Ces pertes seront plus importantes si la campagne n&#39;est pas termin\u00e9e avant la saison des pluies pr\u00e9vue en avril&quot;.  Le tourisme n&#39;est pas mieux loti dans ce tableau sombre de l&#39;\u00e9conomie ivoirienne. San Pedro (sud-ouet), deuxi\u00e8me port du pays et une r\u00e9gion dont le potentiel touristique est riche, est plong\u00e9e dans un marasme inexplicable, selon des \u00e9conomistes.  &quot;H\u00f4tel ferm\u00e9. Pas de visite&quot;. C&#39;est cette pancarte qui accueille, depuis plusieurs semaines, les visiteurs de la Baie des Sir\u00e8nes de Grand B\u00e9r\u00e9by, dans la r\u00e9gion. Deux vigiles post\u00e9s \u00e0 l&#39;entr\u00e9e principale du complexe sont charg\u00e9s de l&#39;application de cette consigne. Le chef de ce poste d\u00e9clare l&#39;air grave : &quot;Tout est morose maintenant. La vie devient de plus en plus difficile \u00e0 supporter&quot;. Et son coll\u00e8gue de service d&#39;ajouter : &quot;Nous sommes rest\u00e9s un par service. Les autres ont \u00e9t\u00e9 mis en ch\u00f4mage technique&quot;.  A San Pedro ville, la situation est identique. A d\u00e9faut d&#39;\u00eatre ferm\u00e9s, les h\u00f4tels de renomm\u00e9e tournent \u00e0 vide. M\u00eame son de cloche \u00e0 Dagb\u00e9go, dans la sous-pr\u00e9fecture de Sassandra. Un couple de Fran\u00e7ais, B\u00e9atrice Grandcolas et Olivier Vangasse, qui y tiennent un village de vacances, sont amers.<\/p>\n<p>Install\u00e9s dans cette r\u00e9gion depuis une dizaine d&#39;ann\u00e9es, ils ont mont\u00e9 ce village de vacances d\u00e9nomm\u00e9 &#39;Best of Africa&#39;.  Leur bilan financier des cinq derniers mois est plus que catastrophique.<\/p>\n<p>&quot;Le taux de remplissage avoisine z\u00e9ro. C&#39;est-\u00e0-dire qu&#39;aucun passage (client passant la journ\u00e9e, d\u00e9jeunant ou au minimum consommant quelques boissons) n&#39;a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9&quot;, d\u00e9plore Grandcolas.  &quot;Pourtant&quot;, rench\u00e9rit Vangasse, &quot;apr\u00e8s trois ann\u00e9es successives de baisse du chiffre d&#39;affaires, la confiance envers la destination C\u00f4te d&#39;Ivoire commen\u00e7ait seulement \u00e0 se r\u00e9tablir vers le milieu de l&#39;ann\u00e9e 2002&quot;.  Au cours de l&#39;ann\u00e9e 2002, Best of Africa a continu\u00e9 \u00e0 am\u00e9liorer son outil de production par un remplacement ou un renforcement d&#39;\u00e9quipements (piscine et jeux ext\u00e9rieurs, climatiseurs, nouveau groupe \u00e9lectrog\u00e8ne, \u00e9quipements de cuisine et froid, plomberie, \u00e9lectricit\u00e9), peu avant l&#39;\u00e9clatement de la r\u00e9bellion, le 19 septembre.  &quot;En octobre, nous avons interrompu ces travaux, annul\u00e9 la commande d&#39;un v\u00e9hicule neuf et continu\u00e9 \u00e0 assurer la maintenance de l&#39;existant&quot;, affirme Grandcolas.  Le port d&#39;Abidjan conna\u00eet \u00e9galement de s\u00e9rieux probl\u00e8mes apr\u00e8s la fermeture des fronti\u00e8res nord du pays, vers le Mali et le Burkina Faso. Les transactions en direction de ces pays, d\u00e9j\u00e0 en chute libre depuis 2000, sont tomb\u00e9es \u00e0 z\u00e9ro.  Comme beaucoup d&#39;autres villes de C\u00f4te d&#39;Ivoire, Dimbokro (centre) subit les effets pervers de la guerre. L&#39;unique soci\u00e9t\u00e9 de traitement de textile (UTEXCI) vient de fermer ses portes, mettant au ch\u00f4mage 800 employ\u00e9s.<\/p>\n<p>L&#39;usine est priv\u00e9e de la mati\u00e8re premi\u00e8re &#8211; le coton &#8211; produit dans le nord sous contr\u00f4le rebelle. Selon le directeur d&#39;exploitation, Fran\u00e7ois Chavann, &quot;compte tenu du non-arrivage du coton, l&#39;usine est ferm\u00e9e&quot;.  La Soci\u00e9t\u00e9 d&#39;exploitation du r\u00e9seau de chemin de fer (SITARAIL), qui relie la C\u00f4te d&#39;Ivoire au Burkina Faso au nord, a cess\u00e9 toutes ses activit\u00e9s au lendemain du d\u00e9clenchement de la guerre, avec la fermeture de la fronti\u00e8re.  Peupl\u00e9e d&#39;environ 16 millions d&#39;habitants, la C\u00f4te d&#39;Ivoire, dont l&#39;\u00e9conomie \u00e9tait dynamique et prosp\u00e8re en Afrique de l&#39;ouest, est paralys\u00e9e par une r\u00e9bellion arm\u00e9e qui dure depuis six mois.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 17 mars (IPS) &#8211; &quot;Notre pays est bord du chaos, notre nation est d\u00e9chir\u00e9e et meurtrie par de graves atrocit\u00e9s&#8230; notre \u00e9conomie est \u00e0 l&#39;agonie&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 le Premier ministre du gouvernement de r\u00e9conciliation de C\u00f4te d&#39;Ivoire, Seydou Diarra.<\/p>\n","protected":false},"author":227,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,6,1],"tags":[],"class_list":["post-1520","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1520","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/227"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1520"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1520\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1520"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1520"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1520"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}