{"id":1516,"date":"2003-03-13T13:40:01","date_gmt":"2003-03-13T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/03\/13\/religion-benin-les-femmes-commencent-aussi-a-diriger-des-groupes-de-priere\/"},"modified":"2003-03-13T13:40:01","modified_gmt":"2003-03-13T13:40:01","slug":"religion-benin-les-femmes-commencent-aussi-a-diriger-des-groupes-de-priere","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/03\/13\/religion-benin-les-femmes-commencent-aussi-a-diriger-des-groupes-de-priere\/","title":{"rendered":"RELIGION-BENIN: Les femmes commencent aussi \u00e0 diriger des groupes de pri\u00e8re"},"content":{"rendered":"<p>COTONOU, 13 mars (IPS) &#8211; Les femmes sont de plus en plus nombreuses aujourd&#39;hui au B\u00e9nin \u00e0 braver les interdits, pr\u00e9jug\u00e9s et tabous sociaux pour diriger leurs propres groupes de pri\u00e8re.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Pourtant, il \u00e9tait autrefois difficile pour une femme de diriger de tels groupes, notamment dans une \u00e9glise parce que la soci\u00e9t\u00e9 b\u00e9ninoise ne l&#39;admettait pas.  &quot;Autrefois, les femmes n&#39;osaient pas se mettre devant des hommes pour diriger&quot;, confie \u00e0 IPS Ang\u00e8le Dossou, fid\u00e8le d&#39;une \u00e9glise \u00e9vang\u00e9lique \u00e0 Cotonou, la capitale \u00e9conomique b\u00e9ninoise.  &quot;M\u00eame lorsqu&#39;elles cr\u00e9aient leurs groupes de pri\u00e8re, elles n&#39;osaient jamais s&#39;afficher par crainte des critiques. Elles pr\u00e9f\u00e9raient mettre un homme devant, et elles restaient elles-m\u00eames dans l&#39;ombre pour suivre l&#39;\u00e9volution de leur \u0153uvre. Il arrivait m\u00eame qu&#39;elles soient totalement \u00e9cart\u00e9es du groupe qu&#39;elles ont elles-m\u00eames cr\u00e9\u00e9&quot;, affirme Dossou.  B\u00e9atrice Quenum, alias Maman B\u00e9a, a cr\u00e9\u00e9 son groupe de pri\u00e8re appel\u00e9 Mont Horeb MESDAS (Minist\u00e8re d&#39;\u00e9vang\u00e9lisation, de secours divin et d&#39;aide sociale) depuis 1994 \u00e0 Cotonou. Elle est la premi\u00e8re femme b\u00e9ninoise \u00e0 avoir d\u00e9cid\u00e9 de cr\u00e9er un groupe de pri\u00e8re et de le diriger elle-m\u00eame.  &quot;Quand j&#39;ai cr\u00e9\u00e9 mon minist\u00e8re&quot;, raconte Quenum, &quot;j&#39;ai eu d&#39;\u00e9normes probl\u00e8mes avec les hommes de Dieu. Ils n&#39;\u00e9taient pas du tout contents parce qu&#39;ils ont cru que je venais prendre leur place. Pour mieux savoir ce que je faisais, ils envoyaient, par exemple, des espions \u00e0 mes r\u00e9unions de pri\u00e8res pour savoir si je pr\u00eachais r\u00e9ellement l&#39;\u00e9vangile.  &quot;Lorsque des membres de leurs \u00e9glises venaient \u00e0 mes r\u00e9unions de pri\u00e8re, ils les r\u00e9primandaient \u00e0 leur retour. Mais moi, j&#39;ai continu\u00e9 \u00e0 faire ce que Dieu m&#39;a demand\u00e9 de faire et il m&#39;a soutenue&quot;, d\u00e9clare Quenum.  Janine Aho, une autre femme dirigeante de groupe, affirme avoir rencontr\u00e9 les m\u00eames r\u00e9sistances sept ann\u00e9es plus tard, en avril 2001, lorsqu&#39;elle a voulu cr\u00e9er son minist\u00e8re appel\u00e9 Mount Horeb International Foundation (MHIF) \u00e0 Cotonou.  &quot;Les difficult\u00e9s que j&#39;ai rencontr\u00e9es au d\u00e9but de mon minist\u00e8re sont li\u00e9es \u00e0 la culture b\u00e9ninoise. Les gens ne croyaient pas du tout en moi parce que je suis une femme. Ils disaient : &#39;c&#39;est une femme, que peut-elle bien faire?&#39;. Mais je les ai surpris et amen\u00e9s au changement par mes r\u00e9sultats.<\/p>\n<p>J&#39;ai aujourd&#39;hui plus de 830 personnes, toutes \u00e9glises confondues, qui assistent \u00e0 ma r\u00e9union de pri\u00e8re du jeudi&quot;, confie Aho.  Mount Horeb International Foundation, plus qu&#39;un groupe de pri\u00e8re, est une fondation, pr\u00e9cise Aho. En dehors de la d\u00e9livrance spirituelle, la MHIF m\u00e8ne aussi des campagnes d&#39;\u00e9vang\u00e9lisation, partout au B\u00e9nin, surtout dans les milieux difficiles comme les march\u00e9s, les milieux fr\u00e9quent\u00e9s par des prostitu\u00e9es et les quartiers d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s des villes b\u00e9ninoises.  La MHIF s&#39;occupe \u00e9galement des drogu\u00e9s, des femmes enceintes abandonn\u00e9es par les hommes. La fondation s&#39;occupe actuellement de 80 enfants orphelins qu&#39;elle aide \u00e0 achever leur scolarit\u00e9.  &quot;Actuellement, j&#39;ai des hommes qui travaillent sous mon autorit\u00e9. Je ne fais pratiquement aucune publicit\u00e9 pour mon groupe, mais les gens viennent toujours en grand nombre. Ce n&#39;est pas par m\u00e9rite que je fais tout ceci, c&#39;est par la gr\u00e2ce de Dieu&quot;, explique Aho.  La satisfaction est \u00e9galement de mise au Mont Horeb MESDAS de Quenum. &quot;Nous avons plein de t\u00e9moignages de gu\u00e9risons miraculeuses, d&#39;emplois retrouv\u00e9s, de couples r\u00e9concili\u00e9s, de grossesses miraculeuses, etc.&quot; La fondatrice de Mont Horeb MESDAS se r\u00e9jouit aussi de donner r\u00e9guli\u00e8rement des vivres et des habits aux pauvres et aux personnes en difficult\u00e9 dans la soci\u00e9t\u00e9 comme les prisonniers, les malades mentaux, les aveugles, et les orphelins.  Le plus grand r\u00eave de Quenum est d&#39;ouvrir, &quot;par la gr\u00e2ce de Dieu&quot;, dans les ann\u00e9es \u00e0 venir, une grande cit\u00e9 Horeb qui comprendra un centre de pri\u00e8re, une maison de retraite, un centre de sant\u00e9, un centre commercial, un grand jardin, une \u00e9cole primaire et un coll\u00e8ge d&#39;enseignement secondaire.  Sur le m\u00eame terrain de l&#39;\u00e9vang\u00e9lisation et du combat spirituel, mais par des chemins un peu diff\u00e9rents, Th\u00e9r\u00e8se Kanlinsou fait aussi l&#39;exp\u00e9rience de la direction et de la gestion humaine. Pr\u00e9sidente de la commission des femmes du Conseil des \u00e9glises protestantes et \u00e9vang\u00e9liques du B\u00e9nin (CEPEB), elle est \u00e0 la t\u00eate d&#39;un groupe de 11 femmes, chacune responsable des femmes dans l&#39;une des \u00e9glises du CEPEB.  &quot;Le CEPEB ne voulait pas cr\u00e9er une commission des femmes au d\u00e9but. Les hommes pensaient qu&#39;ils pouvaient r\u00e9gler \u00e0 la fois leurs propres probl\u00e8mes et ceux des femmes. Mais quand ils ont compris qu&#39;il fallait des femmes pour faire face aux probl\u00e8mes des femmes, ils ont cr\u00e9\u00e9, en 2001, la commission des femmes&quot;, dit-elle.  Le r\u00f4le de cette commission, selon Kanlinsou, est d&#39;\u00e9duquer les femmes \u00e0 la vie. La commission a d\u00e9j\u00e0 organis\u00e9, \u00e0 l&#39;intention des femmes, des ateliers sur des th\u00e8mes \u00e9ducatifs comme la tenue d&#39;une maison, le comportement d&#39;une femme enceinte, l&#39;\u00e9ducation des enfants, le mariage r\u00e9ussi, etc. &quot;Les femmes participent \u00e9norm\u00e9ment \u00e0 nos s\u00e9minaires parce qu&#39;ils les aident \u00e0 mieux tenir leur foyer et \u00e0 relever leur niveau spirituel&quot;, affirme-t-elle.  &quot;Il y a actuellement environ une femme contre neuf hommes, qui a un r\u00f4le dirigeant dans les \u00e9glises au B\u00e9nin&quot;, confie le pasteur Rapha\u00ebl Adoundkp\u00e8 de la Mission internationale d&#39;\u00e9vang\u00e9lisation et de r\u00e9veil spirituel (MIERS).  &quot;C&#39;est un chiffre tr\u00e8s faible parce qu&#39;il y a encore beaucoup de m\u00e9fiance chez les hommes face au minist\u00e8re des femmes, il y a aussi les influences de la soci\u00e9t\u00e9, il y a la peur des femmes \u00e0 s&#39;engager devant les hommes, etc.<\/p>\n<p>Mais nous sommes convaincus que le mouvement ainsi engag\u00e9 est irr\u00e9versible et que nous aurons de plus en plus de femmes qui dirigeront des \u00e9glises au B\u00e9nin&quot;, rassure Adounkp\u00e8.  Le B\u00e9nin est un pays pauvre d&#39;Afrique de l&#39;ouest, peupl\u00e9 de 6,752 millions d&#39;habitants, dont plus de la moiti\u00e9 vit sous le seuil de pauvret\u00e9. Les observateurs estiment g\u00e9n\u00e9ralement que la pauvret\u00e9 serait \u00e0 l&#39;origine, comme ailleurs en Afrique, de la prolif\u00e9ration des \u00e9glises et sectes religieuses dans le pays.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>COTONOU, 13 mars (IPS) &#8211; Les femmes sont de plus en plus nombreuses aujourd&#39;hui au B\u00e9nin \u00e0 braver les interdits, pr\u00e9jug\u00e9s et tabous sociaux pour diriger leurs propres groupes de pri\u00e8re.<\/p>\n","protected":false},"author":122,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,13,1],"tags":[],"class_list":["post-1516","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-culture-religion-sport","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1516","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/122"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1516"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1516\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1516"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1516"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1516"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}