{"id":1511,"date":"2003-03-07T13:40:01","date_gmt":"2003-03-07T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/03\/07\/droits-kenya-des-lois-coutumieres-laissent-des-veuves-sans-abris-ni-ressources\/"},"modified":"2003-03-07T13:40:01","modified_gmt":"2003-03-07T13:40:01","slug":"droits-kenya-des-lois-coutumieres-laissent-des-veuves-sans-abris-ni-ressources","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/03\/07\/droits-kenya-des-lois-coutumieres-laissent-des-veuves-sans-abris-ni-ressources\/","title":{"rendered":"DROITS-KENYA: Des lois coutumi\u00e8res laissent des veuves sans abris ni ressources"},"content":{"rendered":"<p>NAIROBI, 7 mars (IPS) &#8211; Des femmes au Kenya se retrouvent souvent sans abris et sans ressources parce que leurs droits \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 sont viol\u00e9s, indique Human Rights Watch (HRW) dans un nouveau rapport publi\u00e9 mardi.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Lorsque le mari de Rose Otaye, 36 ans, est mort de SIDA en 1998, ses beaux-parents lui ont dit qu&#39;elle devait prendre part \u00e0 des pratiques sexuelles coutumi\u00e8res afin d&#39;h\u00e9riter des biens de son mari.<\/p>\n<p> Premi\u00e8rement, elle serait &quot;purifi\u00e9e&quot; en ayant des rapports sexuels avec un p\u00e9cheur. Elle serait ensuite donn\u00e9e en h\u00e9ritage, ou mari\u00e9e de nouveau, \u00e0 l&#39;un des fr\u00e8res de son mari.<\/p>\n<p> Lorsque Otaye, qui est \u00e9galement s\u00e9ropositive, a refus\u00e9, elle et ses cinq enfants ont \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9s de leur maison et laiss\u00e9s dans l&#39;indigence.<\/p>\n<p> &quot;Mes beaux-fr\u00e8res \u00e9taient en col\u00e8re et mena\u00e7ants. J&#39;ai eu tr\u00e8s peur de retourner dans la maison. Je devais tout recommencer&quot;, dit-elle.<\/p>\n<p> Vivant autrefois dans l&#39;aisance, Otaye est maintenant si pauvre qu&#39;elle a d\u00fb avoir recours \u00e0 la charit\u00e9 pour payer les frais de scolarit\u00e9 pour ses cinq enfants.<\/p>\n<p> &quot;La vie a \u00e9t\u00e9 dure parce que je ne peux pas assurer \u00e0 mes enfants leurs besoins fondamentaux. Je lutte chaque jour pour joindre les deux bouts. Je dois demander aux gens de payer les frais de scolarit\u00e9 de mes enfants&quot;, affirme-t-elle.<\/p>\n<p> &quot;Je suis si \u00e9mue de voir mes enfants partir sans un verre de lait ni rien \u00e0 manger.<\/p>\n<p> &quot;Toutefois, si j&#39;avais mes propres biens, au moins mes enfants auraient pu avoir un bon niveau de vie parce que j&#39;aurais pu commencer de l\u00e0 o\u00f9 j&#39;\u00e9tais&quot;, ajoute Otaye.<\/p>\n<p> De telles exp\u00e9riences sont courantes au Kenya, o\u00f9 les veuves sont souvent expuls\u00e9es de leurs maisons par les beaux-parents, qui prennent leur terre et leurs biens.<\/p>\n<p> Le rapport de Human Rights Watch, intitul\u00e9 &#39;Deux poids, deux mesures, violations des droits de propri\u00e9t\u00e9 des femmes au Kenya&#39;, relate plus de 100 histoires du genre. Plusieurs des femmes vivent dans la pauvret\u00e9, leurs enfants sont oblig\u00e9s d&#39;abandonner les classes, vivant dans la crainte de violentes menaces prof\u00e9r\u00e9es par des parents hostiles.  &quot;Les tribunaux de grande instance ont des proc\u00e8s sur des affaires pendantes de veuves ayant \u00e9t\u00e9 d\u00e9poss\u00e9d\u00e9es par leurs beaux-parents&quot;, affirme Judy Thiongori, avocate au Centre de r\u00e9habilitation pour femmes maltrait\u00e9es.<\/p>\n<p> Plusieurs cultures locales ne garantissent pas \u00e0 une femme le droit d&#39;h\u00e9riter des biens de son mari \u00e0 sa mort.<\/p>\n<p> Traditionnellement, on s&#39;attend \u00e0 ce que les femmes restent \u00e9conomiquement \u00e0 la charge des hommes &#8211; les veuves doivent \u00eatre donn\u00e9es en h\u00e9ritage \u00e0 un beau-fr\u00e8re, les femmes doivent rester avec des maris qui les maltraitent ou retourner chez leur p\u00e8re.<\/p>\n<p> Bien que la constitution k\u00e9nyane interdise la discrimination sur la base du sexe, il y a des cas sp\u00e9cifiques o\u00f9 la discrimination est permise et o\u00f9 le droit coutumier prime.<\/p>\n<p> La section 82 de la constitution dit que l&#39;\u00e9galit\u00e9 des droits ne s&#39;applique pas pour ce qui concerne les questions d&#39;adoption, de mariage, de divorce, d&#39;enterrement et de transmission de propri\u00e9t\u00e9 \u00e0 la mort.<\/p>\n<p> Les lois coutumi\u00e8res sont pour la plupart non \u00e9crites et sujettes \u00e0 une interpr\u00e9tation subjective quoiqu&#39;elles soient formellement reconnues dans le droit.<\/p>\n<p> &quot;Tandis que la coutume est importante et efficace pour plusieurs buts, dans la mesure o\u00f9 les coutumes violent les droits des femmes, il y a obligation, conform\u00e9ment \u00e0 la l\u00e9gislation sur les droits humains, de transformer ces coutumes qui violent les droits des femmes&quot;, estime Janet Walsh, l&#39;auteur du rapport.<\/p>\n<p> M\u00eame certaines lois statutaires portent pr\u00e9judice aux femmes.<\/p>\n<p> Par exemple, la Loi sur la succession dit que lorsqu&#39;une femme se remarie, ses droits \u00e0 l&#39;h\u00e9ritage sont r\u00e9sili\u00e9s. Toutefois, la m\u00eame chose ne s&#39;applique pas aux hommes.<\/p>\n<p> Human Rights Watch lance un appel au gouvernement k\u00e9nyan pour qu&#39;il mette fin \u00e0 des tels abus. Le nouveau gouvernement du Kenya a promis de faire voter une nouvelle constitution cette ann\u00e9e, dont l&#39;avant-projet inclut des dispositions sur l&#39;\u00e9galit\u00e9 de droits \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 pour les femmes.<\/p>\n<p> Walsh dit qu&#39;il doit \u00e9galement faire davantage pour appliquer la loi existante. &quot;Les lois qui devraient prot\u00e9ger les droits de propri\u00e9t\u00e9 des femmes, comme la Loi sur la succession, doivent \u00eatre enti\u00e8rement appliqu\u00e9es.<\/p>\n<p>On doit enqu\u00eater sur les violations de ces lois et les punir&quot;, poursuit-elle.<\/p>\n<p> Les lois qui permettent la discrimination contre les femmes devraient \u00e9galement \u00eatre amend\u00e9es ou abrog\u00e9es.<\/p>\n<p> Un autre probl\u00e8me important est que la majorit\u00e9 des cas ne parviennent m\u00eame pas aux tribunaux. Il y a un tr\u00e8s grand nombre de femmes qui aimeraient aller au tribunal, mais ne peuvent pas faire face aux frais juridiques.<\/p>\n<p>Otaye aurait eu une chance raisonnable de r\u00e9clamer sa propri\u00e9t\u00e9 si elle \u00e9tait all\u00e9e au tribunal. Mais elle n&#39;a m\u00eame pas song\u00e9 \u00e0 cette option.<\/p>\n<p> &quot;C&#39;\u00e9tait impossible. Je n&#39;avais pas assez d&#39;argent pour acheter ces choses&quot;, dit-t-elle. Faire des demandes de lettres administratives dans des tribunaux kenyans co\u00fbte au moins 6.000 shillings dans un pays o\u00f9 la majorit\u00e9 de la population vit avec moins de 75 shillings (moins d&#39;un dollar US) par jour.<\/p>\n<p> Le gouvernement k\u00e9nyan n&#39;a pas encore un programme d&#39;assistance juridique qui fournirait aux femmes des services d&#39;aide juridique dans des affaires civiles, comme les querelles de succession.<\/p>\n<p> &quot;Il y a un important besoin de repr\u00e9sentation l\u00e9gale pour les femmes dans ce pays&quot;, d\u00e9clare Walsh.<\/p>\n<p> &quot;Il y a des organisations qui repr\u00e9sentent les femmes dans des questions juridiques, mais elles peuvent \u00e0 peine effleurer le probl\u00e8me&quot;, affirme-t-elle.<\/p>\n<p> HWR recommande \u00e9galement que le gouvernement k\u00e9nyan lance des campagnes de sensibilisation pour \u00e9duquer le public, les juges et les leaders communautaires sur les droits de propri\u00e9t\u00e9 des femmes pour encourager plus de femmes \u00e0 chercher r\u00e9paration \u00e0 travers les tribunaux.<\/p>\n<p> M\u00eame si elle allait au tribunal, Otaye est sceptique et ne sait pas si elle aurait gagn\u00e9, parce qu&#39;elle croit que ses beaux-parents auraient pu corrompre les juges.<\/p>\n<p> &quot;Je ne pouvais pas gagner. Je n&#39;ai pas d&#39;argent; ils ont de l&#39;argent. Ils peuvent aller escamoter tout&quot;, affirme-t-elle.<\/p>\n<p> Les femmes poss\u00e8dent moins de 10 pour cent de terre au Kenya pour diverses raisons sociales, culturelles et juridiques.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NAIROBI, 7 mars (IPS) &#8211; Des femmes au Kenya se retrouvent souvent sans abris et sans ressources parce que leurs droits \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 sont viol\u00e9s, indique Human Rights Watch (HRW) dans un nouveau rapport publi\u00e9 mardi.<\/p>\n","protected":false},"author":193,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,10,1],"tags":[],"class_list":["post-1511","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-droits-humains","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1511","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/193"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1511"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1511\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1511"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1511"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1511"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}