{"id":1510,"date":"2003-03-07T13:40:01","date_gmt":"2003-03-07T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/03\/07\/droits-cote-divoire-des-massacres-de-civils-ont-eu-lieu-partout\/"},"modified":"2003-03-07T13:40:01","modified_gmt":"2003-03-07T13:40:01","slug":"droits-cote-divoire-des-massacres-de-civils-ont-eu-lieu-partout","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/03\/07\/droits-cote-divoire-des-massacres-de-civils-ont-eu-lieu-partout\/","title":{"rendered":"DROITS-COTE D&#39;IVOIRE: Des massacres de civils ont eu lieu partout"},"content":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 7 mars (IPS) &#8211; Escadrons de la mort \u00e0 Abidjan, massacre de gendarmes et de leurs familles \u00e0 Bouak\u00e9, massacre des populations civiles dans l&#39;ouest : le spectre des crimes contre des civils couvre l&#39;ensemble du territoire de la C\u00f4te d&#39;Ivoire depuis cinq mois de crise politico-militaire.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Les escadrons de la mort, qui ont fait leur apparition en C\u00f4te d&#39;Ivoire \u00e0 la faveur de l&#39;attaque rebelle du 19 septembre 2002, restent une \u00e9nigme enti\u00e8re. L&#39;entourage du pr\u00e9sident Laurent Gbagbo et son \u00e9pouse Simone Ehivet Gbagbo, a \u00e9t\u00e9 mis en cause par le rapport d&#39;une commission d&#39;enqu\u00eate des Nations Unies en janvier. Ils sont soup\u00e7onn\u00e9s d&#39;actionner ces fameuses organisations criminelles. Mais le chef de l&#39;Etat ivoirien a rejet\u00e9 en bloc toutes les accusations port\u00e9es contre lui et son entourage, au cours d&#39;une conf\u00e9rence de presse, le 1er mars \u00e0 Abidjan, la capitale \u00e9conomique ivoirienne.<\/p>\n<p> &quot;Je ne suis pas un assassin&quot;, s&#39;est exclam\u00e9 Gbagbo \u00e0 l&#39;endroit de ceux qu&#39;il pr\u00e9sente comme ses &quot;adversaires politiques qui s&#39;adonnent \u00e0 des propagandes sordides&quot; contre son r\u00e9gime, dans le but de lui retirer sa l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e0 la t\u00eate du pays.<\/p>\n<p> Pourtant, des t\u00e9moins vivants ayant \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 ces escadrons de la mort, confirment leur existence. Fran\u00e7ois Gu\u00e9i, directeur de l&#39;Administration p\u00e9nitentiaire, est l&#39;un de ceux-l\u00e0. Il raconte comment il a re\u00e7u leur visite : &quot;Il \u00e9tait 20 heures 35, le samedi 1er f\u00e9vrier, lorsqu&#39;on a sonn\u00e9 \u00e0 mon portail. Ma femme a demand\u00e9 par interphone qui c&#39;\u00e9tait&quot;, et quelqu&#39;un a r\u00e9pondu : &quot;Police, c&#39;est pour des v\u00e9rifications&quot;.<\/p>\n<p> L&#39;\u00e9pouse du magistrat, qui s&#39;est alors rapproch\u00e9e de la porte, a aper\u00e7u, \u00e0 travers la lucarne de s\u00e9curit\u00e9, plusieurs hommes en tenue militaire. &quot;Ils \u00e9taient puissamment arm\u00e9s. Bien \u00e9videmment, elle a pris peur et s&#39;est repli\u00e9e vers la maison&quot;, pr\u00e9cise Gu\u00e9i.<\/p>\n<p> &quot;C&#39;est la police, c&#39;est pour des v\u00e9rifications&quot;, ont r\u00e9p\u00e9t\u00e9 les visiteurs qui portaient des cagoules. &quot;Ils ont alors tent\u00e9 de bousculer le portail sans succ\u00e8s&quot;, ajoute Gu\u00e9i. Ce si\u00e8ge durera ainsi pr\u00e8s d&#39;une demi-heure puisqu&#39;ils sont partis vers 21 heures.<\/p>\n<p> Mais ils sont revenus sur les lieux cinq minutes apr\u00e8s. &quot;Cette fois-ci, les phares \u00e9taient \u00e9teints et le moteur au ralenti&quot;, pr\u00e9cise Gu\u00e9i. &quot;Avec leurs trois v\u00e9hicules dont deux 4X4 et une berline, ils avaient barr\u00e9 la ruelle.<\/p>\n<p>Ils resteront encore \u00e0 l&#39;aff\u00fbt, d\u00e9termin\u00e9s \u00e0 ne pas rater leur proie. En vain. Vers 21h35, le cort\u00e8ge se retirera&#8230; d\u00e9finitivement&quot;.  Fran\u00e7ois Gu\u00e9i, qui habite le quartier chic de Cocody \u00e0 Abidjan, \u00e0 moins de deux kilom\u00e8tres de la r\u00e9sidence du pr\u00e9sident Gbagbo, affirme avoir t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 au ministre de la D\u00e9fense pendant le si\u00e8ge des hommes arm\u00e9s en cagoules devant sa maison pour demander le secours imm\u00e9diat des forces arm\u00e9es. Mais personne n&#39;est arriv\u00e9 jusqu&#39;\u00e0 leur d\u00e9part. Il s&#39;est dit convaincu qu&#39;il s&#39;agissait bien des escadrons de la mort.<\/p>\n<p> Ce m\u00eame jour, le corps du com\u00e9dien de la t\u00e9l\u00e9vision ivoirienne, Camara Y\u00ear\u00eaf\u00ea, connu sous le pseudonyme de &quot;Camara H&quot; est retrouv\u00e9 sans vie dans une rue d&#39;Abidjan, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9 par des hommes en tenue militaire chez lui \u00e0 quelques minutes de l&#39;heure du couvre-feu fix\u00e9 \u00e0 21 heures.<\/p>\n<p> Emile T\u00e9h\u00e9, leader d&#39;un petit parti d&#39;opposition, Dr Beno\u00eet Bakoury-Tabley, fr\u00e8re cadet de Louis Dakoury-Tabley, charg\u00e9 des relations ext\u00e9rieures du Mouvement patriotique de C\u00f4te d&#39;Ivoire (MPCI), principal mouvement rebelle, et bien d&#39;autres personnes ont trouv\u00e9 la mort dans les m\u00eames conditions \u00e0 Abidjan.<\/p>\n<p> Les escadrons de la mort n&#39;ont pas fini de faire parler d&#39;eux qu&#39;un autre rapport, cette fois-ci d&#39;Amnesty international, d\u00e9nonce un massacre commis par des rebelles \u00e0 Bouak\u00e9, dans le nord. L&#39;organisation de d\u00e9fense des droits de l&#39;Homme confirme l&#39;existence d&#39;un massacre de dizaines de gendarmes commis par des rebelles du MPCI dans leur fief de Bouak\u00e9, le 6 octobre dernier.<\/p>\n<p> Le rapport dresse la liste de 52 gendarmes et de huit de leurs enfants port\u00e9s disparus et sans doute ensevelis dans des fosses collectives. Les t\u00e9moignages de survivants ont permis de reconstituer le d\u00e9roulement des faits. Confin\u00e9s dans leur caserne depuis la prise de Bouak\u00e9, le 19 septembre, les gendarmes, qui s&#39;\u00e9taient rendus sans combattre, cohabitaient jusque-l\u00e0 sans probl\u00e8me avec les nouveaux ma\u00eetres de la r\u00e9gion qui les ont ex\u00e9cut\u00e9s sommairement en rappelant \u00e0 leurs victimes le &quot;massacre de Yopougon&quot;.<\/p>\n<p> Selon le rapport, la tuerie s&#39;est d\u00e9roul\u00e9e alors que des \u00e9l\u00e9ments des forces gouvernementales tentaient en vain de reprendre Bouak\u00e9, la deuxi\u00e8me la ville du pays. Pour Amnesty International, la tuerie de Bouak\u00e9 d\u00e9coule de l&#39;impunit\u00e9 ayant suivi le massacre de Yopougon, \u00e0 Abidjan, au cours duquel une cinquantaine de membres de l&#39;ethnie Dioula avaient \u00e9t\u00e9 massacr\u00e9s par des gendarmes, au lendemain de l&#39;\u00e9lection controvers\u00e9e de Gbagbo, en octobre 2000.<\/p>\n<p> Le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du MPCI, Guillaume Soro, a aussit\u00f4t d\u00e9menti les accusations d&#39;exactions port\u00e9es contre son mouvement et d\u00e9nonc\u00e9 une manipulation.<\/p>\n<p> Amnesty International a \u00e9galement d\u00e9nonc\u00e9 un cycle infernal qui a conduit aux massacres ethniques de Daloa et de Monoko-Zohi par les forces gouvernementales et aux tueries de civils \u00e0 Man, dans l&#39;ouest.<\/p>\n<p> A l&#39;ouest, ce sont des milliers de civils qui font actuellement les frais de la guerre. En effet, cette r\u00e9gion est la seule o\u00f9 l&#39;accord de cessez-le-feu, sign\u00e9 par les rebelles et les forces gouvernementales, n&#39;est pas respect\u00e9.<\/p>\n<p>Les rebelles du Mouvement de la justice et la paix (MJP), qui contr\u00f4lent Man, la capitale r\u00e9gionale, et les habitants ont accus\u00e9 les Forces arm\u00e9es nationales de C\u00f4te d&#39;Ivoire (FANCI) d&#39;avoir commis des crimes contre des civils n&#39;ayant pas pu fuir la ville.  &quot;Ils tuaient syst\u00e9matiquement tous ceux qui \u00e9taient l\u00e0 sous le pr\u00e9texte qu&#39;ils sont de potentiels rebelles. M\u00eame les fous n&#39;ont pas \u00e9t\u00e9 \u00e9pargn\u00e9s par l&#39;op\u00e9ration&quot;, explique Ma\u00efmouna Dosso, pr\u00e9cisant que les personnes des ethnies Yacouba et Dioula \u00e9taient les plus recherch\u00e9es.<\/p>\n<p> Aujourd&#39;hui, ce sont les populations de Du\u00e9kou\u00e9 et Bangolo qui subissent ce m\u00eame sort. Cette fois-ci, les accusations sont port\u00e9es contre les rebelles du MJP et ceux du Mouvement populaire du grand ouest (MPIGO) qui disposent de nombreux combattants lib\u00e9riens dans leurs rangs.<\/p>\n<p> &quot;Quand les assaillants sont arriv\u00e9s dans le d\u00e9partement de Bangolo le 20 d\u00e9cembre, on a cru que c&#39;\u00e9tait une petite affaire qui allait se terminer tr\u00e8s vite. D\u00e8s le premier jour, il y a eu deux morts. Quand ils ont fini de piller dans les villages, ils ont commenc\u00e9 \u00e0 nous traquer dans les campements. Dans le village de Gowouo, en un seul jour, il y a eu 17 morts&quot;, raconte Albert Oulai, un rescap\u00e9.<\/p>\n<p> Le comit\u00e9 d\u00e9partemental de gestion de la crise, mis sur pied \u00e0 Bangolo, d\u00e9compte plus de 105 morts &quot;froidement assassin\u00e9s par les rebelles&quot; dans le d\u00e9partement de Bangolo. Le canton de Zagna a pay\u00e9 un lourd tribut : 70 morts et 8.647 d\u00e9plac\u00e9s. Au Zibiao, on recense quatre morts et 1.784 d\u00e9plac\u00e9s, au Zarabaon, 32 tu\u00e9s et 997 d\u00e9plac\u00e9s, au Taouak\u00e9, neuf tu\u00e9s et 552 d\u00e9plac\u00e9s&#8230;  Mohamed Ben Souk, charg\u00e9 des relations ext\u00e9rieures du MJP, d\u00e9fend son mouvement, accusant les cadres de l&#39;ouest d&#39;avoir fait appel \u00e0 des Lib\u00e9riens pour combattre aux c\u00f4t\u00e9s des FANCI. &quot;Ce sont ces mercenaires lib\u00e9riens incontr\u00f4l\u00e9s, recrut\u00e9s pour la plupart dans les camps de r\u00e9fugi\u00e9s de Guiglo, qui s\u00e8ment la terreur dans la r\u00e9gion&quot;, soutient-il.  Le pr\u00e9sident Gbagbo a exprim\u00e9 l&#39;intention de saisir la Cour p\u00e9nale internationale (CPI) pour tous les crimes commis dans le pays depuis le 19 septembre 2002, et demand\u00e9 \u00e0 l&#39;ONU d&#39;envoyer en C\u00f4te d&#39;Ivoire une nouvelle commission d&#39;enqu\u00eate.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 7 mars (IPS) &#8211; Escadrons de la mort \u00e0 Abidjan, massacre de gendarmes et de leurs familles \u00e0 Bouak\u00e9, massacre des populations civiles dans l&#39;ouest : le spectre des crimes contre des civils couvre l&#39;ensemble du territoire de la&hellip; <a href=\"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/03\/07\/droits-cote-divoire-des-massacres-de-civils-ont-eu-lieu-partout\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":227,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,10,1],"tags":[],"class_list":["post-1510","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-droits-humains","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1510","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/227"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1510"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1510\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1510"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1510"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1510"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}