{"id":1499,"date":"2003-02-25T13:40:01","date_gmt":"2003-02-25T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/02\/25\/developpement-burkina-faso-la-petite-irrigation-villageoise-pour-luttercontre-les-aleas-climatiques\/"},"modified":"2003-02-25T13:40:01","modified_gmt":"2003-02-25T13:40:01","slug":"developpement-burkina-faso-la-petite-irrigation-villageoise-pour-luttercontre-les-aleas-climatiques","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/02\/25\/developpement-burkina-faso-la-petite-irrigation-villageoise-pour-luttercontre-les-aleas-climatiques\/","title":{"rendered":"DEVELOPPEMENT-BURKINA FASO: La petite irrigation villageoise pour luttercontre les al\u00e9as climatiques"},"content":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 25 f\u00e9v (IPS) &#8211; Le Burkina Faso a d\u00e9cid\u00e9 de d\u00e9velopper, \u00e0 grande \u00e9chelle, la petite irrigation villageoise pour r\u00e9duire les cons\u00e9quences du d\u00e9ficit pluviom\u00e9trique sur les productions agricoles.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Cette forme d&#39;irrigation permettra de produire des cultures vivri\u00e8res et mara\u00eech\u00e8res en saison s\u00e8che, selon des techniciens agricoles.<\/p>\n<p> Le Burkina Faso, pays enclav\u00e9 d&#39;Afrique de l&#39;ouest et caract\u00e9ris\u00e9 par une br\u00e8ve saison pluvieuse et une longue saison s\u00e8che, re\u00e7oit, dans certaines r\u00e9gions, une pluviom\u00e9trie annuelle de 250 millim\u00e8tres.<\/p>\n<p> Mais cette ann\u00e9e, les autorit\u00e9s annoncent une production &quot;compl\u00e9mentaire&quot; de 100.000 tonnes de ma\u00efs et de ni\u00e9b\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 la petite irrigation et en saison s\u00e8che. Jusque-l\u00e0, L&#39;essentiel des productions agricoles au Burkina s&#39;effectuait pendant la saison pluvieuse qui dure entre juin et septembre.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s ces mois, les producteurs croisaient les bras pendant le reste de l&#39;ann\u00e9e. Environ 75 pour cent de l&#39;agriculture d\u00e9pend des productions pluviales.<\/p>\n<p> &quot;La petite irrigation est une op\u00e9ration pour permettre d&#39;am\u00e9liorer le niveau de production au Burkina, et pallier un tout petit peu les insuffisances de la production hivernale en instituant une production essentiellement vivri\u00e8re dans un premier temps&quot;, explique Alphonse Ou\u00e9draogo, responsable de la Petite irrigation villageoise.<\/p>\n<p> Selon des \u00e9tudes, il existe une potentialit\u00e9 de 9 milliards de m\u00e8tres cubes d&#39;eau souterraine et autant en eau de surface au Burkina qu&#39;on peut mobiliser r\u00e9guli\u00e8rement.<\/p>\n<p> Ce programme, soutenu par l&#39;Organisation des Nations Unies pour l&#39;alimentation et l&#39;agriculture (FAO), vise \u00e0 contribuer \u00e0 la r\u00e9duction de la pauvret\u00e9 en milieu rural en r\u00e9solvant le d\u00e9ficit alimentaire et en procurant des revenus additionnels aux producteurs. L&#39;agriculture occupe 80 pour cent de la population active burkinab\u00e8 et contribue pour 30 pour cent au Produit int\u00e9rieur brut (PIB).<\/p>\n<p> &quot;Quand on parle d&#39;al\u00e9as climatiques, de d\u00e9ficit pluviom\u00e9trique, vous avez remarqu\u00e9, dans les diff\u00e9rentes r\u00e9gions, ce n&#39;est pas qu&#39;on n&#39;arrive pas \u00e0 avoir la hauteur d&#39;eau voulue pour boucler le cycle de culture, c&#39;est plut\u00f4t parce qu&#39;il y a une mauvaise r\u00e9partition de cette eau qui tombe&quot;, souligne Ou\u00e9draogo.<\/p>\n<p> Selon lui, il n&#39;est pas acceptable que le Burkina, qui poss\u00e8de pr\u00e8s de 1.500 barrages \u00e0 travers son territoire, souffre de sous-production agricole allant jusqu&#39;\u00e0 la famine. Ces barrages sont, selon des \u00e9tudes, susceptibles de mobiliser 5 milliards de m\u00e8tres cubes d&#39;eau.<\/p>\n<p> &quot;La plupart de ces barrages sont livr\u00e9s \u00e0 l&#39;eau d&#39;\u00e9vaporation sans exploitation maximale. On peut donc faire l&#39;agriculture irrigu\u00e9e non seulement en saison s\u00e8che, mais nous tentons de pallier ces insuffisances en instituant l&#39;irrigation d&#39;appoint qui permettra aux agriculteurs de pouvoir utiliser l&#39;eau quand ils vont sentir des poches de s\u00e9cheresse&quot;, affirme Ou\u00e9draogo.<\/p>\n<p> La phase pilote, entam\u00e9e depuis deux ans, a permis de mettre en valeur 1.000 hectares. Cette ann\u00e9e, l&#39;am\u00e9nagement de quelque 20.000 hectares est pr\u00e9vu, avec un rendement moyen de trois \u00e0 quatre tonnes \u00e0 l&#39;hectare.  Selon les estimations, ces 20.000 hectares pourront produire entre 60.000 et 80.000 tonnes de c\u00e9r\u00e9ales, soit 15 \u00e0 20 pour cent de la production c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re du Burkina dont les d\u00e9ficits atteignent souvent 400.000 tonnes.<\/p>\n<p> Selon les m\u00eames \u00e9tudes, seulement 3,7 millions hectares de terres arables du pays sont utilis\u00e9s sur 9 millions et les autorit\u00e9s esp\u00e8rent que la vulgarisation de la petite irrigation dans la moiti\u00e9 des 8.000 villages, entra\u00eenera un surplus de 30.000 \u00e0 40.000 tonnes par an et permettra de couvrir les besoins en c\u00e9r\u00e9ales des 11 millions de Burkinab\u00e8.<\/p>\n<p> &quot;Les bailleurs de fonds doivent mettre la main \u00e0 la poche et soutenir ce programme qui a l&#39;avantage de prendre en compte toute la population car c&#39;est ainsi qu&#39;on peut lutter contre la pauvret\u00e9&quot;, soutient la repr\u00e9sentante de la FAO au Burkina, Marie No\u00eblle Koyara.<\/p>\n<p> La FAO, qui a supervis\u00e9 la phase pilote de la petite irrigation, s&#39;est engag\u00e9e \u00e0 soutenir la phase de vulgarisation aux cot\u00e9s du Fonds international pour le d\u00e9veloppement agricole (FIDA).<\/p>\n<p> &quot;Nous pouvons assujettir la nature pour notre bien-\u00eatre. Il y a certains pays comme le Cap Vert o\u00f9 il ne pleut pas et o\u00f9 il pleut parfois sur deux ou trois ans, mais c&#39;est la petite irrigation qui permet \u00e0 ce pays de r\u00e9pondre \u00e0 plus de 50 pour cent de ses besoins en l\u00e9gumes frais. Donc on peut vaincre les caprices de la nature; ainsi au lieu d&#39;attendre dor\u00e9navant la pluie avant de cultiver, l&#39;on peut appliquer les cultures irrigu\u00e9es&quot;, souligne Koyara.<\/p>\n<p> Pour la FAO, compte tenu des moyens limit\u00e9s des populations, le choix des c\u00e9r\u00e9ales qui sont les plus consomm\u00e9es et les produits mara\u00eechers qui sont les plus vendus, constitue &quot;un vaste programme d&#39;option&quot;.<\/p>\n<p> &quot;Au Bengladesh, ils ont d\u00e9couvert la pompe \u00e0 p\u00e9dale dans les ann\u00e9es 80, que nous utilisons maintenant en Afrique. Avec ces pompes, ils ont diversifi\u00e9 leur production et augment\u00e9 leur rendement, et surtout les femmes ont pu s&#39;investir dans l&#39;agriculture&quot;, ajoute Koyara.  Selon le Comit\u00e9 inter-Etats de lutte contre la s\u00e9cheresse au Sahel (CILSS) qui regroupe neuf pays d&#39;Afrique de l&#39;ouest et du centre, de nombreux am\u00e9nagements villageois ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s, \u00e0 des co\u00fbts mod\u00e9r\u00e9s, permettant de d\u00e9velopper, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des cultures pluviales, des productions de contre-saison dont la valeur ajout\u00e9e est plus importante, avec une diversification des revenus et une s\u00e9curisation partielle de la production.  Un hectare am\u00e9nag\u00e9 de cultures mara\u00eech\u00e8res irrigu\u00e9es, permet \u00e0 une dizaine de familles de g\u00e9n\u00e9rer chacune un revenu disponible de quelque 300.000 \u00e0 400.000 francs CFA (environ 500 \u00e0 667 dollars US).<\/p>\n<p> &quot;Le gros probl\u00e8me, c&#39;est d&#39;arriver \u00e0 changer les mentalit\u00e9s de nos paysans.<\/p>\n<p>Les habitudes doivent changer de fa\u00e7on radicale&quot;, estime le ministre de l&#39;Agriculture, de l&#39;Eau et des Ressources halieutiques, Salif Diallo. &quot;Nous allons sensibiliser, pendant plusieurs ann\u00e9es, les paysans afin que la petite irrigation devienne une habitude des producteurs burkinab\u00e8&quot;.<\/p>\n<p> Pour mieux r\u00e9ussir la vulgarisation de la petite irrigation villageoise, \u00e0 un faible co\u00fbt de l&#39;am\u00e9nagement, les autorit\u00e9s, avec l&#39;appui technique de la FAO, ont mis \u00e0 la disposition des producteurs, des pompes \u00e0 p\u00e9dale, et sont entra\u00een\u00e9s \u00e0 la r\u00e9alisation des rais d&#39;irrigation sommaire par eux-m\u00eames, qui pourront \u00eatre effac\u00e9s pour r\u00e9installer d&#39;autres cultures en saison hivernale.<\/p>\n<p> Vingt agents de relais sont form\u00e9s dans chacune des 13 r\u00e9gions du Burkina pour assister les paysans dans l&#39;utilisation des pompes \u00e0 p\u00e9dale et des haies vives pour s\u00e9curiser les sites de production. &quot;Maintenant, on veut permettre aux petits producteurs d&#39;utiliser des moyens tr\u00e8s simples de techniques tr\u00e8s peu co\u00fbteuses. On n&#39;a plus besoin de faire de gros am\u00e9nagements tr\u00e8s co\u00fbteux pour produire&quot;, explique Ou\u00e9draogo.<\/p>\n<p> Ainsi le prix de l&#39;am\u00e9nagement \u00e0 l&#39;hectare se situerait entre 70.000 et 100.000 FCFA au maximum contre 900.000 voire 10 millions FCFA (environ 1.500 \u00e0 16.667 dollars US), avec des techniques plus complexes.   En attendant des fonds suppl\u00e9mentaires pour le programme, l&#39;Initiative en faveur des pays pauvres tr\u00e8s endett\u00e9s a mis \u00e0 la disposition des producteurs 1,5 million de dollars; la Banque agricole et commerciale du Burkina a d\u00e9bours\u00e9 deux millions de dollars pour l&#39;achat des pompes \u00e0 p\u00e9dale et la production d&#39;engrais. L&#39;Union europ\u00e9enne s&#39;est engag\u00e9e \u00e0 aider \u00e0 l&#39;\u00e9coulement du surplus de production.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 25 f\u00e9v (IPS) &#8211; Le Burkina Faso a d\u00e9cid\u00e9 de d\u00e9velopper, \u00e0 grande \u00e9chelle, la petite irrigation villageoise pour r\u00e9duire les cons\u00e9quences du d\u00e9ficit pluviom\u00e9trique sur les productions agricoles.<\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,1],"tags":[],"class_list":["post-1499","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1499","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1499"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1499\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1499"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1499"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1499"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}