{"id":1397,"date":"2002-12-02T13:40:01","date_gmt":"2002-12-02T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2002\/12\/02\/developpement-le-benin-veut-appliquer-un-moratoire-de-cinq-ans-sur-les-ogm\/"},"modified":"2002-12-02T13:40:01","modified_gmt":"2002-12-02T13:40:01","slug":"developpement-le-benin-veut-appliquer-un-moratoire-de-cinq-ans-sur-les-ogm","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2002\/12\/02\/developpement-le-benin-veut-appliquer-un-moratoire-de-cinq-ans-sur-les-ogm\/","title":{"rendered":"DEVELOPPEMENT: Le B\u00e9nin veut appliquer un moratoire de cinq ans sur les OGM"},"content":{"rendered":"<p>COTONOU, 2 d\u00e9c. (IPS) &#8211; Le B\u00e9nin a re\u00e7u 170.000 dollars US du Programme des Nations Unies pour l&#39;environnement (PNUE) pour financer un projet sur la bios\u00e9curit\u00e9 et la mise en \u0153uvre d&#39;un moratoire de cinq ans sur l&#39;utilisation de produits d\u00e9riv\u00e9s des organismes g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9s (OGM) dans le pays.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Le gouvernement b\u00e9ninois a d\u00e9cid\u00e9, en mars dernier, d&#39;un moratoire de cinq ans sur &quot;l&#39;importation, la commercialisation et toute utilisation de produits OGM ou d\u00e9riv\u00e9s&quot; dans le pays. En clair, le B\u00e9nin interdit, pendant cette p\u00e9riode, les OGM, sous quelque forme que ce soit. Le projet financ\u00e9 par le PNUE dure 18 mois et d\u00e9marre en d\u00e9cembre.<\/p>\n<p> Ce pays d&#39;Afrique de l&#39;ouest a mis \u00e9galement sur pied un Comit\u00e9 national de bios\u00e9curit\u00e9, et d\u00e9cid\u00e9 de l&#39;initiation d&#39;une enqu\u00eate nationale sur la pr\u00e9sence d&#39;OGM dans le pays et de l&#39;\u00e9tiquetage obligatoire des produits contenant des OGM, rapporte Rapha\u00ebl Ogounchi, charg\u00e9 de l&#39;application de la Convention sur la biodiversit\u00e9 au minist\u00e8re b\u00e9ninois de l&#39;Environnement. Le comit\u00e9 a \u00e9labor\u00e9 un avant-projet de loi sur la bios\u00e9curit\u00e9 pour le gouvernement b\u00e9ninois.<\/p>\n<p> Au cours d&#39;une r\u00e9union, le 26 novembre \u00e0 Cotonou, la capitale \u00e9conomique b\u00e9ninoise, avec l&#39;Institut universitaire du B\u00e9nin (IUB) et l&#39;organisation non gouvernementale (ONG) &quot;Genetic Resources Action International&quot; (GRAIN), les minist\u00e8res de l&#39;Environnement et de l&#39;Agriculture se sont engag\u00e9s \u00e0 &quot;faire le n\u00e9cessaire au niveau du gouvernement&quot; pour que le moratoire soit mis en \u0153uvre.  &quot;Les OGM sont des produits alimentaires ou agricoles obtenus \u00e0 partir d&#39;une technologie appel\u00e9e le g\u00e9nie g\u00e9n\u00e9tique qui consiste \u00e0 manipuler les g\u00e8nes.<\/p>\n<p>C&#39;est un travail de chirurgie de la mol\u00e9cule qui permet, par exemple, de prendre un g\u00e8ne de la banane pour l&#39;introduire dans le radis ou inversement.<\/p>\n<p>On peut aussi, gr\u00e2ce \u00e0 cette technologie, inoculer \u00e0 la plante un g\u00e8ne humain ou animal&quot;, explique Robert Brac de la Perri\u00e8re, chercheur \u00e0 la Biblioth\u00e8que d&#39;\u00e9changes de documentation et d&#39;exp\u00e9riences (BEDE), en France.  Selon de la Perri\u00e8re, &quot;Cette technologie va contribuer \u00e0 asservir, \u00e0 la longue, ceux qui ne peuvent pas la contr\u00f4ler car elle conduira \u00e0 la confiscation des ressources g\u00e9n\u00e9tiques par la possibilit\u00e9, pour les firmes, de breveter les g\u00e8nes des plantes et des animaux, \u00e0 la d\u00e9pendance des paysans vis-\u00e0-vis de ces firmes et \u00e0 la disparition d&#39;autres formes d&#39;agricultures \u00e0 cause des contaminations irr\u00e9versibles et in\u00e9vitables des cultures non-OGM par les cultures OGM&quot;.  Les OGM repr\u00e9sentent des risques alimentaires incontr\u00f4l\u00e9s pour l&#39;\u00eatre humain comme les allergies, la r\u00e9sistance \u00e0 certains antibiotiques, indique-t-il.<\/p>\n<p>Les OGM sont surtout pr\u00e9sents en agriculture. Il existe, par exemple, le riz et le ma\u00efs transg\u00e9niques cultiv\u00e9s en Am\u00e9rique et en Asie.  Les OGM sont pr\u00e9sents dans un grand nombre de pays africains alors que les populations n&#39;en savent rien, affirme l&#39;ONG GRAIN.  Une enqu\u00eate a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e en octobre, aupr\u00e8s d&#39;un groupe de sp\u00e9cialistes des questions biologiques venus de diff\u00e9rents pays \u00e0 Cotonou, au cours d&#39;un atelier international organis\u00e9 par l&#39;ONG GRAIN (Action internationale pour les ressources g\u00e9n\u00e9tiques), l&#39;IUB et la BEDE. L&#39;enqu\u00eate a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que les Africains ignoraient encore bien des choses sur les OGM qui, pourtant, seraient d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sents dans beaucoup de pays du continent.  En Ethiopie, il n&#39;y a r\u00e9ellement pas d&#39;information du public sur les OGM qui sont pourtant d\u00e9j\u00e0 introduits dans le pays. Il y a m\u00eame des instituts de recherche qui, en partenariat avec de grandes firmes internationales, font la promotion de ces organismes au sein de la population \u00e9thiopienne, sans expliquer les risques qui y sont li\u00e9s, rapporte Gebre Michael Dereje de l&#39;Institut \u00e9thiopien pour le d\u00e9veloppement durable.<\/p>\n<p> Au Nigeria, la population, ne sait rien des OGM, alors que le gouvernement a tendance \u00e0 ouvrir le pays \u00e0 ces produits controvers\u00e9s, confie Violet Agwana de l&#39;ONG internationale, Les Amis de la Terre, section du Nigeria.  &quot;Au Burkina Faso, les gens consomment peut-\u00eatre les OGM sans le savoir&quot;, affirme Paul Gbangou de l&#39;ONG internationale, Afrique verte, section du Burkina. &quot;Les OGM entreraient sans difficult\u00e9 dans le pays parce qu&#39;aucune loi ne l&#39;interdit. On remarque, sur le march\u00e9, des aliments qui ne sont pas habituels et qui proviennent de l&#39;ext\u00e9rieur&quot;.  &quot;Au Togo, nous ne sommes pas inform\u00e9s sur les OGM. Les populations, et plus particuli\u00e8rement, les agriculteurs ne cernent pas encore cette notion d&#39;OGM et, moins encore, les risques qui y sont li\u00e9s&quot;, d\u00e9clare Catherine Zotoglo, animatrice d&#39;une ONG sp\u00e9cialis\u00e9e en conseils et assistance aux paysans, le Centre pour l&#39;\u00e9cologie et le d\u00e9veloppement (CED).  Les populations et les communaut\u00e9s paysannes disposent de tr\u00e8s peu d&#39;informations sur ces nouveaux produits, ce qui les emp\u00eache d&#39;exprimer des opinions claires au sujet de leurs effets pervers sur l&#39;environnement et la sant\u00e9, pr\u00e9cise Zotoglo.  &quot;Au Cameroun, il n&#39;y a pas d&#39;informations appropri\u00e9es sur les OGM. Je ne peux donc pas dire si, oui ou non, nous avons les OGM dans notre pays. Le Cameroun n&#39;a pas d\u00e9velopp\u00e9 les moyens de contr\u00f4le n\u00e9cessaires au suivi des OGM sur son territoire&quot;, explique Jean M&#39;Barga, agriculteur, pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration des organisations rurales pour le Cameroun \u00e9conomique (FORCE).  L&#39;agence de presse SYFIA affirme, dans un article datant de mai dernier, que &quot;L&#39;Afrique du Sud est devenue le champ d&#39;exp\u00e9rimentation des cultures transg\u00e9niques que les firmes multinationales veulent implanter sur tout le continent. Les producteurs de coton n&#39;y voient pas que des avantages&quot;.<\/p>\n<p>SYFIA est une agence de presse bas\u00e9e \u00e0 Montpellier, en France et sp\u00e9cialis\u00e9e dans les questions agricoles.  La firme am\u00e9ricaine, Monsanto, &quot;garantit, gr\u00e2ce aux OGM, des plantes r\u00e9sistantes aux insectes, dont l&#39;\u00e9limination demande habituellement de nombreux traitements. Avec ces plants qui produisent donc plus et permettent des profits accrus, elle estime apporter des solutions aux probl\u00e8mes de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, comme la faim ou la malnutrition&quot;, rapporte SYFIA.  Monsanto tente \u00e9galement d&#39;introduire, en ce moment, du coton transg\u00e9nique en C\u00f4te d&#39;Ivoire comme c&#39;est d\u00e9j\u00e0 le cas au Kenya et en Egypte, d\u00e9clare Jeanne Zoundjih\u00e9kpon, professeur de g\u00e9n\u00e9tique et repr\u00e9sentante de l&#39;ONG internationale GRAIN en Afrique francophone.  Au B\u00e9nin, &quot;les OGM existent bel et bien d\u00e9j\u00e0 dans les march\u00e9s et supermarch\u00e9s, alors que la population n&#39;en est nullement inform\u00e9e&quot;, affirme Patrice Sagbo, naturaliste v\u00e9t\u00e9rinaire, membre de l&#39;ONG Actions pour le d\u00e9veloppement durable.  &quot;L&#39;exemple du B\u00e9nin (sur le moratoire) est \u00e0 suivre par les autres pays africains car, \u00e0 l&#39;heure actuelle, personne ne peut dire avec exactitude \u00e0 quoi s&#39;en tenir quant aux OGM qui sont de nouveaux produits des biotechnologies&quot;, commente le professeur Zoundjih\u00e9kpon.  &quot;Pourquoi les gens ne veulent-ils pas des OGM en Europe? Et pourquoi l&#39;Afrique devrait-elle les accepter?&quot;, s&#39;interroge Zoundjih\u00e9kpon. &quot;Il faut r\u00e9sister aux OGM jusqu&#39;\u00e0 ce que la lumi\u00e8re soit faite sur les risques qu&#39;ils repr\u00e9sentent pour l&#39;agriculture et l&#39;environnement&quot;, ajoute-t-elle.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>COTONOU, 2 d\u00e9c. 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