{"id":138,"date":"1998-05-26T13:40:01","date_gmt":"1998-05-26T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/1998\/05\/26\/droits-de-lhomme-congo-des-proprietaires-rehabilites-dans-leurs-droits\/"},"modified":"1998-05-26T13:40:01","modified_gmt":"1998-05-26T13:40:01","slug":"droits-de-lhomme-congo-des-proprietaires-rehabilites-dans-leurs-droits","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/1998\/05\/26\/droits-de-lhomme-congo-des-proprietaires-rehabilites-dans-leurs-droits\/","title":{"rendered":"DROITS DE L&#39;HOMME-CONGO: Des propri\u00e9taires r\u00e9habilit\u00e9s dans leurs  droits."},"content":{"rendered":"<p>BRAZZAVILL, 26 mai (IPS) &#8211; Au cours de la guerre civile de 1993<br \/>\n94,<br \/>\nplusieurs propri\u00e9taires de maisons ont \u00e9t\u00e9 expropri\u00e9s au b\u00e9n\u00e9fice<br \/>\ndes<br \/>\npersonnes d&#39;ethnies majoritaires dans les quartiers ou r\u00e9gions o\u00f9<br \/>\nils<br \/>\n\u00e9taient non-originaires. Les nouvelles autorit\u00e9s congolaises<br \/>\ns&#39;emploient \u00e0<br \/>\nrestituer ces maisons \u00e0 leurs propri\u00e9taires.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>La guerre de 1993-94 avait oppos\u00e9 les partisans du pr\u00e9sident<br \/>\nd\u00e9chu Pascal<br \/>\nLissouba et ceux de Bernard Kol\u00e9las, alors leader de l&#39;Opposition<br \/>\ncongolaise, au sujet des \u00e9lections l\u00e9gislatives contest\u00e9es de la<br \/>\nm\u00eame ann\u00e9e.<br \/>\nSur le terrain, cette guerre s&#39;est manifest\u00e9e par la chasse<br \/>\nmutuelle entre<br \/>\nles ressortissants des pays du Niari (sud-ouest du pays)dont<br \/>\nLissouba est<br \/>\noriginaire et les originaires de la r\u00e9gion du Pool, consid\u00e9r\u00e9e<br \/>\ncomme fief de<br \/>\nBernard Kol\u00e9las.<br \/>\n Cette guerre avait fait officiellement 3000 morts, 300 000<br \/>\npersonnes<br \/>\nd\u00e9plac\u00e9es et environ 10 000 habitations d\u00e9truites.<br \/>\n &quot; Les gens des pays du Niari traquaient et tuaient avec des<br \/>\ngourdins, des<br \/>\nfusils etc. les ressortissants du Pool, tandis que ces derniers<br \/>\nfaisaient de<br \/>\nm\u00eame avec leurs ennemis&quot;, rappelle un Brazzavillois qui a requis<br \/>\nl&#39;anonymat.<br \/>\n Tr\u00e8s rapidement, les quartiers Bacongo et Mak\u00e9l\u00e9k\u00e9l\u00e9 situ\u00e9s au sud<br \/>\nde<br \/>\nBrazzaville et habit\u00e9s en majorit\u00e9 par les partisans de Bernard<br \/>\nKol\u00e9las<br \/>\ns&#39;\u00e9taient vid\u00e9s des ressortissants des pays du Niari qui englobent<br \/>\ntrois<br \/>\nr\u00e9gions : le Niari, la Bouenza et la L\u00e9koumou.<br \/>\n D&#39;autres quartiers comme Diata, Mfilou et Moutabala contr\u00f4l\u00e9s par<br \/>\nles<br \/>\npartisans de Lissouba ont pratiqu\u00e9 l&#39;\u00e9puration ethnique en<br \/>\ntraquant et tuant<br \/>\nles ressortissants du Pool connus sous le nom tribal des<br \/>\n&quot;Bakongo&quot;.<br \/>\n Le mouvement s&#39;est \u00e9tendu dans les r\u00e9gions du sud o\u00f9 chaque<br \/>\nhabitant non<br \/>\noriginaire s&#39;est vu dans l&#39;obligation de se r\u00e9fugier dans sa<br \/>\nr\u00e9gion natale.<br \/>\n &quot;C&#39;est ainsi que les maisons laiss\u00e9es par les fuyards ou ceux qui<br \/>\nont \u00e9t\u00e9<br \/>\ntu\u00e9s dans ces affrontements, ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es, sans scrupule,<br \/>\npar les<br \/>\noriginaires des localit\u00e9s o\u00f9 ils habitaient&quot;, ajoute notre<br \/>\nsource.<br \/>\n D\u00e8s son retour au pouvoir le 25 octobre dernier, apr\u00e8s sa victoire<br \/>\nmilitaire<br \/>\nsur  le pr\u00e9sident d\u00e9chu Pascal Lissouba, lors de la guerre civile<br \/>\nde<br \/>\nl&#39;ann\u00e9e derni\u00e8re, l&#39;actuel homme fort du Congo, Denis Sassou<br \/>\nNguesso a<br \/>\nd\u00e9cid\u00e9 de r\u00e9habiliter dans leurs droits les propri\u00e9taires qui ont<br \/>\nperdu<br \/>\nleurs maisons lors de la guerre de 1993-1994.<br \/>\n Les nouvelles autorit\u00e9s congolaises ont mis en place une<br \/>\ncommission charg\u00e9e<br \/>\nd&#39;examiner la question des sinistr\u00e9s (personnes d\u00e9plac\u00e9es et sans<br \/>\nabris du<br \/>\nfait de la guerre). Cette commission a publi\u00e9 ses r\u00e9sultats le 15<br \/>\nf\u00e9vrier<br \/>\ndernier. Ces r\u00e9sultats indiquent que les propri\u00e9taires ont le<br \/>\ndroit de<br \/>\nr\u00e9cup\u00e9rer leurs maisons expropri\u00e9es. Ceux qui rencontreraient des<br \/>\ndifficult\u00e9s \u00e0 rentrer en possession de leurs domiciles sont tenus<br \/>\nde<br \/>\ns&#39;adresser \u00e0 la Mairie o\u00f9 au service &quot;contentieux&quot; mis en place<br \/>\npour<br \/>\ng\u00e9rer ces situations.<br \/>\n Les propri\u00e9taires jubilent. Ils retrouvent leurs maisons ind\u00fbment<br \/>\nexpropri\u00e9es depuis plus de cinq ans. &quot;On se sent mieux chez<br \/>\nsoi&quot;, dit l&#39;un<br \/>\nd&#39;e<br \/>\nA proximit\u00e9 de la mairie de Mfilou, c&#39;est le c\u00e9l\u00e8bre h\u00f4tel bar<br \/>\ndancing<br \/>\n&quot;Oncle Sidi&quot;. Son propri\u00e9taire l&#39;avait perdu au profit d&#39;un<br \/>\nhomme en<br \/>\nuniforme, de la garde pr\u00e9sidentielle de Lissouba.<br \/>\n &quot;Ce patrimoine qui me fait vivre et assure ma retraite m&#39;a<br \/>\nbeaucoup manqu\u00e9.<br \/>\nAbsorb\u00e9 par l&#39;angoisse, j&#39;ai tent\u00e9 un rapprochement avec mon<br \/>\nrempla\u00e7ant.<br \/>\nQuestion de lui demander de me verser un petit loyer. Sa r\u00e9ponse ?<br \/>\nIl m&#39;a<br \/>\nadress\u00e9 une s\u00e9v\u00e8re mise en garde appuy\u00e9e d&#39;une promesse ferme de<br \/>\nme faire<br \/>\n&quot;voyager&quot; c&#39;est \u00e0 dire me tuer en cas de r\u00e9cidive. Entre temps,<br \/>\nil a<br \/>\nchang\u00e9 la d\u00e9nomination de l&#39;h\u00f4tel. Il s&#39;est mis \u00e0 faire des<br \/>\nr\u00e9fections, \u00e0<br \/>\nmodifier, \u00e0 repeindre les lieux&quot;.<br \/>\n &#39;L&#39;oncle Sidi&quot; peut aujourd&#39;hui se r\u00e9jouir. L&#39;h\u00f4tel lui revient<br \/>\nde droit.<br \/>\n&quot;Je suis enfin lib\u00e9rer de l&#39;angoisse&quot;.<br \/>\n Ce m\u00eame sentiment est partag\u00e9 par Ma\u00eetre Nsounga Alo\u00efse, victime<br \/>\nlui aussi<br \/>\nde l&#39;expropriation.<br \/>\n &quot;J&#39;ai fui mon domicile le 11 novembre 1993 suite aux violences et<br \/>\nexactions<br \/>\ndes Aubevillois (milices de Lissouba) lors du d\u00e9clenchement de la<br \/>\npremi\u00e8re<br \/>\nguerre civile de 1993-94. Ma femme, mes enfants et moi-m\u00eame avons<br \/>\nerr\u00e9 dans<br \/>\ntout Brazzaville durant les cinq ans du r\u00e8gne de Lissouba. Pendant<br \/>\nque<br \/>\nj&#39;errais, quelqu&#39;un d&#39;autre occupait tranquillement ma maison.<br \/>\nC&#39;est un<br \/>\ngars du quartier&quot;, explique Ma\u00eetre Nsounga.<br \/>\n &quot;Je n&#39;ai remis les pieds chez moi que le 14 janvier 1998 \u00e0 la<br \/>\nfaveur de la<br \/>\nvictoire des forces d\u00e9mocratiques et patriotiques (FDP)de Denis<br \/>\nSassou<br \/>\nNguesso. En d\u00e9pit du pillage des vitres et du syst\u00e8me \u00e9lectrique,<br \/>\nj&#39;ai<br \/>\nretrouv\u00e9 ma maison. J&#39;attendais impatiemment ce moment. La<br \/>\npremi\u00e8re nuit a<br \/>\n\u00e9t\u00e9 comme un cauchemar. Vous ne pouvez imaginer ce que je<br \/>\nressens&quot;.<br \/>\n Comme Ma\u00eetre Nsounga et Oncle Sidi, originaires du Pool, des<br \/>\ncentaines de<br \/>\nfamilles des pays du Niari sont retourn\u00e9es dans les quartiers qui<br \/>\nhier<br \/>\n\u00e9taient encore consid\u00e9r\u00e9s comme le fief des ressortissants du<br \/>\nPool. Certains<br \/>\nont d\u00e9j\u00e0 r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 leur maison.<br \/>\n &quot;Mak\u00e9l\u00e9k\u00e9l\u00e9 est notre milieu, pas ailleurs. Les 4 ans que nous<br \/>\navons pass\u00e9<br \/>\nen face du palais des congr\u00e8s ont \u00e9t\u00e9 pour nous comme un enfer.<br \/>\nNotre joie<br \/>\nest immense de retrouver le quartier et les voisins&quot;, a dit l&#39;un<br \/>\nd&#39;eux qui<br \/>\na retrouv\u00e9 sa maison intacte.<br \/>\n Le site situ\u00e9 en face du Palais des Congr\u00e8s de Brazzaville a servi<br \/>\nde camp<br \/>\naux personnes d\u00e9plac\u00e9es pendant cette guerre.<br \/>\n D&#39;autres propri\u00e9taires ont du mal \u00e0 r\u00e9int\u00e9grer leur maison. Il<br \/>\nfaut n\u00e9gocier<br \/>\nle d\u00e9part des occupants. Parfois, en lib\u00e9rant les maisons,<br \/>\ncertains<br \/>\noccupants les laissent dans l&#39;\u00e9tat o\u00f9 ils les ont trouv\u00e9s, c&#39;est-\u00e0-<br \/>\ndire<br \/>\nd\u00e9pourvues de t\u00f4les, portes et fen\u00eatres. Ce cas de figure<br \/>\nconstitue un frein<br \/>\npour le retour de bon nombre de familles qui veulent bien regagner<br \/>\nleur<br \/>\nmaison mais ne disposent pas de moyens financiers suffisants pour<br \/>\nla rendre<br \/>\nhabitable.<br \/>\n Mais la r\u00e9cup\u00e9ration des maisons ne se fait pas sans heurts. Un<br \/>\noccupant<br \/>\nill\u00e9gal qui a requis l&#39;anonymat refuse cat\u00e9goriquement de<br \/>\nrestituer la<br \/>\nmaison qui ne lui appartient pas. Il dit qu&#39;il ne sortira pas de<br \/>\nla maison<br \/>\nqu&#39;il occupe quoi qu&#39;il en soit. Selon lui, l&#39;occupant de sa villa<br \/>\nde<br \/>\nLout\u00e9t\u00e9 (localit\u00e9 situ\u00e9e au sud de Brazzaville) l&#39;a &#39;envoy\u00e9 au<br \/>\ndiable&#39;<br \/>\nlorsqu&#39;il a entrepris les d\u00e9marches pour r\u00e9cup\u00e9rer sa maison.<br \/>\n &quot;C&#39;est bien beau de restituer les maisons aux propri\u00e9taires de<br \/>\nBrazzaville. Les m\u00eames dispositions serlles prises dans les pays<br \/>\ndu<br \/>\nNiari afin de restituer aux ayants droits ce qui leur appartient<br \/>\n?&quot;. C&#39;est<br \/>\nune garantie qu&#39;il faut absolument nous donner, ajoute-t-il.<br \/>\n En pareille circonstance, les propri\u00e9taires l\u00e9s\u00e9s dans leurs<br \/>\ndroits<br \/>\nrecourent aux services de la police. Les autorit\u00e9s de la police de<br \/>\nBacongo<br \/>\net Mak\u00e9l\u00e9k\u00e9l\u00e9 ont affirm\u00e9 que plusieurs litiges sur les maisons<br \/>\nill\u00e9galement<br \/>\noccup\u00e9es font l&#39;objet de plaintes fr\u00e9quemment d\u00e9pos\u00e9es ces<br \/>\nderniers temps<br \/>\nsur leur bureau de travail. La police aide les parties \u00e0<br \/>\ns&#39;entendre et \u00e0<br \/>\ntrouver une solution n\u00e9goci\u00e9e. L&#39;usage de la force est proscrit<br \/>\navant le<br \/>\nd\u00e9lai de d\u00e9cembre 1998 arr\u00eat\u00e9 pour lib\u00e9rer sans autre pr\u00e9texte les<br \/>\nmaisons<br \/>\nappartenant \u00e0 autrui.<br \/>\n Selon Alphonse Diatomba, conseiller du maire de Bacongo, &quot; un<br \/>\npropri\u00e9taire<br \/>\nqui a vu sa maison cass\u00e9e pouvait demeurer dans la maison qu&#39;il<br \/>\noccupe<br \/>\njusqu&#39;en d\u00e9cembre 1998 compte tenu de la scolarit\u00e9 des enfants qui<br \/>\nne<br \/>\npeuvent \u00eatre d\u00e9plac\u00e9s au beau milieu de l&#39;ann\u00e9e scolaire&quot;.<br \/>\n Aujourd&#39;hui, plusieurs occupants s&#39;appuient sur cette disposition<br \/>\npour<br \/>\nprolonger la dur\u00e9e d&#39;habitation dans les maisons expropri\u00e9es.<br \/>\n C&#39;est le cas de Monsieur Edouard, l&#39;un des sept occupants de la<br \/>\ncase 37, du<br \/>\nquartier Mak\u00e9l\u00e9k\u00e9l\u00e9. Il dit qu&#39;il est pr\u00eat \u00e0 partir d\u00e8s que les<br \/>\nenfants<br \/>\nseront en vacances, sinon poursuit-il : &quot;comment ferais-je pour<br \/>\nd\u00e9placer<br \/>\nmes enfants vers le lieu o\u00f9 ils fr\u00e9quentent, surtout les plus<br \/>\npetits&quot;.<br \/>\n La police est d\u00e9j\u00e0 intervenue, \u00e0 plusieurs reprises au cours des<br \/>\n\u00e9chauffour\u00e9es entre propri\u00e9taires et occupants, afin de les<br \/>\nd\u00e9partager.<br \/>\n Certains observateurs esp\u00e8rent que cette op\u00e9ration de restitution<br \/>\ndes<br \/>\nmaisons expropri\u00e9es ne se limitera pas seulement aux victimes de<br \/>\nla guerre<br \/>\nde 1993-94. Ils pensent que la m\u00eame op\u00e9ration doit \u00eatre appliqu\u00e9e<br \/>\npour les<br \/>\nvictimes de la guerre de cinq mois (juin \u00e0 octobre 1997) qui a<br \/>\nconsacr\u00e9 la<br \/>\ndestruction massive des habitations et sans doute des cas<br \/>\nd&#39;expropriation.<br \/>\n*DESTSERVFRE<br \/>\n*CATAF HD<br \/>\n DROITS DE L&#39;HOMME-CONGO : Des propriE9taires rE9habilitE9s dans<br \/>\nleurs droits.<br \/>\n Par Lyne Mikangou<br \/>\n BRAZZAVILLE, 26 mai (IPS)- Au cours de la guerre civile de 1993-<br \/>\n94,<br \/>\nplusieurs propriE9taires de maisons ont E9tE9 expropriE9s au<br \/>\nbE9nE9fice des<br \/>\npersonnes d&#39;ethnies majoritaires dans les quartiers ou rE9gions<br \/>\noF9<br \/>\nils<br \/>\nE9taient non-originaires. Les nouvelles autoritE9s congolaises<br \/>\ns&#39;emploient E0<br \/>\nrestituer ces maisons E0 leurs propriE9taires.<br \/>\n La guerre de 1993-94 avait opposE9 les partisans du prE9sident<br \/>\ndE9chu Pascal<br \/>\nLissouba et ceux de Bernard KolE9las, alors leader de l&#39;Opposition<br \/>\ncongolaise, au sujet des E9lections lE9gislatives contestE9es de<br \/>\nla<br \/>\nmEAme annE9e.<br \/>\nSur le terrain, cette guerre s&#39;est manifestE9e par la chasse<br \/>\nmutuelle<br \/>\nentre<br \/>\nles ressortissants des pays du Niari (sud-ouest du pays)dont<br \/>\nLissouba<br \/>\nest<br \/>\noriginaire et les originaires de la rE9gion du Pool, considE9rE9e<br \/>\ncomme fief de<br \/>\nBernard KolE9las.<br \/>\n Cette guerre avait fait officiellement 3000 morts, 300 000<br \/>\npersonnes<br \/>\ndE9placE9es et environ 10 000 habitations dE9truites.<br \/>\n &quot; Les gens des pays du Niari traquaient et tuaient avec des<br \/>\ngourdins,<br \/>\ndes<br \/>\nfusils etc. les ressortissants du Pool, tandis que ces derniers<br \/>\nfaisaient de<br \/>\nmEAme avec leurs ennemis&quot;, rappelle un Brazzavillois qui a requis<br \/>\nl&#39;anonymat.<br \/>\n TrE8s rapidement, les quartiers Bacongo et MakE9lE9kE9lE9 situE9s<br \/>\nau sud de<br \/>\nBrazzaville et habitE9s en majoritE9 par les partisans de Bernard<br \/>\nKolE9las<br \/>\ns&#39;E9taient vidE9s des ressortissants des pays du Niari qui<br \/>\nenglobent<br \/>\ntrois<br \/>\nrE9gions : le Niari, la Bouenza et la LE9koumou.<br \/>\n D&#39;autres quartiers comme Diata, Mfilou et Moutabala contrF4lE9s<br \/>\npar<br \/>\nles<br \/>\npartisans de Lissouba ont pratiquE9 l&#39;E9puration ethnique en<br \/>\ntraquant<br \/>\net tuant<br \/>\nles ressortissants du Pool connus sous le nom tribal des<br \/>\n&quot;Bakongo&quot;.<br \/>\n Le mouvement s&#39;est E9tendu dans les rE9gions du sud oF9 chaque<br \/>\nhabitant non<br \/>\noriginaire s&#39;est vu dans l&#39;obligation de se rE9fugier dans sa<br \/>\nrE9gion<br \/>\nnatale.<br \/>\n &quot;C&#39;est ainsi que les maisons laissE9es par les fuyards ou ceux<br \/>\nqui<br \/>\nont E9tE9<br \/>\ntuE9s dans ces affrontements, ont E9tE9 rE9cupE9rE9es, sans<br \/>\nscrupule, par les<br \/>\noriginaires des localitE9s oF9 ils habitaient&quot;, ajoute notre<br \/>\nsource.<br \/>\n DE8s son retour au pouvoir le 25 octobre dernier, aprE8s sa<br \/>\nvictoire<br \/>\nmilitaire<br \/>\nsur  le prE9sident dE9chu Pascal Lissouba, lors de la guerre<br \/>\ncivile<br \/>\nde<br \/>\nl&#39;annE9e derniE8re, l&#39;actuel homme fort du Congo, Denis Sassou<br \/>\nNguesso a<br \/>\ndE9cidE9 de rE9habiliter dans leurs droits les propriE9taires qui<br \/>\nont perdu<br \/>\nleurs maisons lors de la guerre de 1993-1994.<br \/>\n Les nouvelles autoritE9s congolaises ont mis en place une<br \/>\ncommission<br \/>\nchargE9e<br \/>\nd&#39;examiner la question des sinistrE9s (personnes dE9placE9es et<br \/>\nsans<br \/>\nabris du<br \/>\nfait de la guerre). Cette commission a publiE9 ses rE9sultats le<br \/>\n15<br \/>\nfE9vrier<br \/>\ndernier. Ces rE9sultats indiquent que les propriE9taires ont le<br \/>\ndroit de<br \/>\nrE9cupE9rer leurs maisons expropriE9es. Ceux qui rencontreraient<br \/>\ndes<br \/>\ndifficultE9s E0 rentrer en possession de leurs domiciles sont<br \/>\ntenus<br \/>\nde<br \/>\ns&#39;adresser E0 la Mairie oF9 au service &quot;contentieux&quot; mis en<br \/>\nplace<br \/>\npour<br \/>\ngE9rer ces situations.<br \/>\n Les propriE9taires jubilent. Ils retrouvent leurs maisons<br \/>\nindFBment<br \/>\nexpropriE9es depuis plus de cinq ans. &quot;On se sent mieux chez<br \/>\nsoi&quot;,<br \/>\ndit l&#39;un<br \/>\nd&#39;e<br \/>\nA proximitE9 de la mairie de Mfilou, c&#39;est le cE9lE8bre hF4tel bar<br \/>\ndancing<br \/>\n&quot;Oncle Sidi&quot;. Son propriE9taire l&#39;avait perdu au profit d&#39;un<br \/>\nhomme<br \/>\nen<br \/>\nuniforme, de la garde prE9sidentielle de Lissouba.<br \/>\n &quot;Ce patrimoine qui me fait vivre et assure ma retraite m&#39;a<br \/>\nbeaucoup<br \/>\nmanquE9.<br \/>\nAbsorbE9 par l&#39;angoisse, j&#39;ai tentE9 un rapprochement avec mon<br \/>\nremplaE7ant.<br \/>\nQuestion de lui demander de me verser un petit loyer. Sa rE9ponse<br \/>\n? Il<br \/>\nm&#39;a<br \/>\nadressE9 une sE9vE8re mise en garde appuyE9e d&#39;une promesse ferme<br \/>\nde me faire<br \/>\n&quot;voyager&quot; c&#39;est E0 dire me tuer en cas de rE9cidive. Entre<br \/>\ntemps,<br \/>\nil a<br \/>\nchangE9 la dE9nomination de l&#39;hF4tel. Il s&#39;est mis E0 faire des<br \/>\nrE9fections, E0<br \/>\nmodifier, E0 repeindre les lieux&quot;.<br \/>\n &#39;L&#39;oncle Sidi&quot; peut aujourd&#39;hui se rE9jouir. L&#39;hF4tel lui<br \/>\nrevient<br \/>\nde droit.<br \/>\n&quot;Je suis enfin libE9rer de l&#39;angoisse&quot;.<br \/>\n Ce mEAme sentiment est partagE9 par MaEEtre Nsounga AloEFse,<br \/>\nvictime lui aussi<br \/>\nde l&#39;expropriation.<br \/>\n &quot;J&#39;ai fui mon domicile le 11 novembre 1993 suite aux violences et<br \/>\nexactions<br \/>\ndes Aubevillois (milices de Lissouba) lors du dE9clenchement de la<br \/>\npremiE8re<br \/>\nguerre civile de 1993-94. Ma femme, mes enfants et moi-mEAme avons<br \/>\nerrE9 dans<br \/>\ntout Brazzaville durant les cinq ans du rE8gne de Lissouba.<br \/>\nPendant<br \/>\nque<br \/>\nj&#39;errais, quelqu&#39;un d&#39;autre occupait tranquillement ma maison.<br \/>\nC&#39;est<br \/>\nun<br \/>\ngars du quartier&quot;, explique MaEEtre Nsounga.<br \/>\n &quot;Je n&#39;ai remis les pieds chez moi que le 14 janvier 1998 E0 la<br \/>\nfaveur<br \/>\nde la<br \/>\nvictoire des forces dE9mocratiques et patriotiques (FDP)de Denis<br \/>\nSassou<br \/>\nNguesso. En dE9pit du pillage des vitres et du systE8me<br \/>\nE9lectrique,<br \/>\nj&#39;ai<br \/>\nretrouvE9 ma maison. J&#39;attendais impatiemment ce moment. La<br \/>\npremiE8re<br \/>\nnuit a<br \/>\nE9tE9 comme un cauchemar. Vous ne pouvez imaginer ce que je<br \/>\nressens&quot;.<br \/>\n Comme MaEEtre Nsounga et Oncle Sidi, originaires du Pool, des<br \/>\ncentaines de<br \/>\nfamilles des pays du Niari sont retournE9es dans les quartiers qui<br \/>\nhier<br \/>\nE9taient encore considE9rE9s comme le fief des ressortissants du<br \/>\nPool. Certains<br \/>\nont dE9jE0 rE9cupE9rE9 leur maison.<br \/>\n &quot;MakE9lE9kE9lE9 est notre milieu, pas ailleurs. Les 4 ans que<br \/>\nnous<br \/>\navons passE9<br \/>\nen face du palais des congrE8s ont E9tE9 pour nous comme un enfer.<br \/>\nNotre joie<br \/>\nest immense de retrouver le quartier et les voisins&quot;, a dit l&#39;un<br \/>\nd&#39;eux<br \/>\nqui<br \/>\na retrouvE9 sa maison intacte.<br \/>\n Le site situE9 en face du Palais des CongrE8s de Brazzaville a<br \/>\nservi<br \/>\nde camp<br \/>\naux personnes dE9placE9es pendant cette guerre.<br \/>\n D&#39;autres propriE9taires ont du mal E0 rE9intE9grer leur maison. Il<br \/>\nfaut nE9gocier<br \/>\nle dE9part des occupants. Parfois, en libE9rant les maisons,<br \/>\ncertains<br \/>\noccupants les laissent dans l&#39;E9tat oF9 ils les ont trouvE9s,<br \/>\nc&#39;est-E0-dire<br \/>\ndE9pourvues de tF4les, portes et fenEAtres. Ce cas de figure<br \/>\nconstitue un frein<br \/>\npour le retour de bon nombre de familles qui veulent bien regagner<br \/>\nleur<br \/>\nmaison mais ne disposent pas de moyens financiers suffisants pour<br \/>\nla<br \/>\nrendre<br \/>\nhabitable.<br \/>\n Mais la rE9cupE9ration des maisons ne se fait pas sans heurts. Un<br \/>\noccupant<br \/>\nillE9gal qui a requis l&#39;anonymat refuse catE9goriquement de<br \/>\nrestituer<br \/>\nla<br \/>\nmaison qui ne lui appartient pas. Il dit qu&#39;il ne sortira pas de<br \/>\nla<br \/>\nmaison<br \/>\nqu&#39;il occupe quoi qu&#39;il en soit. Selon lui, l&#39;occupant de sa villa<br \/>\nde<br \/>\nLoutE9tE9 (localitE9 situE9e au sud de Brazzaville) l&#39;a &#39;envoyE9<br \/>\nau diable&#39;<br \/>\nlorsqu&#39;il a entrepris les dE9marches pour rE9cupE9rer sa maison.<br \/>\n &quot;C&#39;est bien beau de restituer les maisons aux propriE9taires de<br \/>\nBrazzaville. Les mEAmes dispositions serlles prises dans les pays<br \/>\ndu<br \/>\nNiari afin de restituer aux ayants droits ce qui leur appartient<br \/>\n?&quot;.<br \/>\nC&#39;est<br \/>\nune garantie qu&#39;il faut absolument nous donner, ajoute-t-il.<br \/>\n En pareille circonstance, les propriE9taires lE9sE9s dans leurs<br \/>\ndroits<br \/>\nrecourent aux services de la police. Les autoritE9s de la police<br \/>\nde<br \/>\nBacongo<br \/>\net MakE9lE9kE9lE9 ont affirmE9 que plusieurs litiges sur les<br \/>\nmaisons illE9galement<br \/>\noccupE9es font l&#39;objet de plaintes frE9quemment dE9posE9es ces<br \/>\nderniers temps<br \/>\nsur leur bureau de travail. La police aide les parties E0<br \/>\ns&#39;entendre<br \/>\net E0<br \/>\ntrouver une solution nE9gociE9e. L&#39;usage de la force est proscrit<br \/>\navant le<br \/>\ndE9lai de dE9cembre 1998 arrEAtE9 pour libE9rer sans autre<br \/>\nprE9texte les maisons<br \/>\nappartenant E0 autrui.<br \/>\n Selon Alphonse Diatomba, conseiller du maire de Bacongo, &quot; un<br \/>\npropriE9taire<br \/>\nqui a vu sa maison cassE9e pouvait demeurer dans la maison qu&#39;il<br \/>\noccupe<br \/>\njusqu&#39;en dE9cembre 1998 compte tenu de la scolaritE9 des enfants<br \/>\nqui<br \/>\nne<br \/>\npeuvent EAtre dE9placE9s au beau milieu de l&#39;annE9e scolaire&quot;.<br \/>\n Aujourd&#39;hui, plusieurs occupants s&#39;appuient sur cette disposition<br \/>\npour<br \/>\nprolonger la durE9e d&#39;habitation dans les maisons expropriE9es.<br \/>\n C&#39;est le cas de Monsieur Edouard, l&#39;un des sept occupants de la<br \/>\ncase<br \/>\n37, du<br \/>\nquartier MakE9lE9kE9lE9. Il dit qu&#39;il est prEAt E0 partir dE8s<br \/>\nque les enfants<br \/>\nseront en vacances, sinon poursuit-il : &quot;comment ferais-je pour<br \/>\ndE9placer<br \/>\nmes enfants vers le lieu oF9 ils frE9quentent, surtout les plus<br \/>\npetits&quot;.<br \/>\n La police est dE9jE0 intervenue, E0 plusieurs reprises au cours<br \/>\ndes<br \/>\nE9chauffourE9es entre propriE9taires et occupants, afin de les<br \/>\ndE9partager.<br \/>\n Certains observateurs espE8rent que cette opE9ration de<br \/>\nrestitution<br \/>\ndes<br \/>\nmaisons expropriE9es ne se limitera pas seulement aux victimes de<br \/>\nla<br \/>\nguerre<br \/>\nde 1993-94. Ils pensent que la mEAme opE9ration doit EAtre<br \/>\nappliquE9e pour les<br \/>\nvictimes de la guerre de cinq mois (juin E0 octobre 1997) qui a<br \/>\nconsacrE9 la<br \/>\ndestruction massive des habitations et sans doute des cas<br \/>\nd&#39;expropriation.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BRAZZAVILL, 26 mai (IPS) &#8211; Au cours de la guerre civile de 1993 94, plusieurs propri\u00e9taires de maisons ont \u00e9t\u00e9 expropri\u00e9s au b\u00e9n\u00e9fice des personnes d&#39;ethnies majoritaires dans les quartiers ou r\u00e9gions o\u00f9 ils \u00e9taient non-originaires. 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